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37. — Fraternité.
Sous l’auvent*Auvent. Petit toit en saillie au-dessus d'une porte ou d'un étalage. du pignon de la grange détérioré*Détérioré. En mauvais état, gâté. par la pompe à incendie, une hirondelle, tenant au bec un peu de boue, l’ajoutait vivement à un petit tas déjà amassé, puis repartait.
Aussitôt une autre hirondelle vint façonner ce commencement de nid, et avec une même ardeur.
Mais, sans doute la besogne ne marchait pas assez vite, car, après une assez courte absence, la première reparut avec une bande d'amies qui aussitôt se mirent à l'œuvre. Ce fut alors un rapide, un joli travail de maçonnerie, au milieu de l'agitation des maçons ailés, allant, venant, poussant, donnant du bec, refaisant en grande hâte le nid détruit la veille.
Il avait été construit d'abord par un seul couple, comme le sont tous les nids ; mais, à cette heure de misère pour deux pauvres sœurs, toutes les hirondelles du voisinage accouraient contribuer à l'œuvre de réédification.
Le travail de tous pour un seul, ce beau travail fraternel, la famille Dumay, rassemblée à quelques pas de la grange, le contemplait avec une admiration attendrie :
— Pourquoi les hommes ne viennent-ils pas ainsi en aide ; à l'homme malheureux ? demanda Suzette.
— Ils ont trop à faire, répondit douloureusement le
Toutes les hirondelles du voisinage accouraient contribuer à l'œuvre
de réédification.
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père. Pour chacun le pain du jour est si dur à
gagner !
— Oui, mais pourquoi n'ont-ils pas encore songé à s'assurer* S'assurer. Payer une somme convenue pour être remboursé de la valeur de certains objets. entre eux contre le malheur frappant ici et là, aujourd'hui sur nous, demain sur le prochain !
— Pourquoi ? Parce que les idées les plus simples, les plus humaines ne nous viennent à l'esprit que les dernières, que trop souvent il faut être frappé soi-même dans son bien pour songer au bien général, et pour comprendre enfin que ce bien général c'est encore le meilleur bien particulier !
— Mon père, dit Jacques, il existe des compagnies d'assurances*Compagnies d'assurances. Sociétés où l'on s'assure contre l'incendie, la grêle et autres risques.... Il est vrai que ce n'est pas tout à fait la même chose.
— Non, ce n'est pas la même chose, mais j'aurais pu sans doute m'assurer à une de ces compagnies. Dans la conduite de sa vie, on néglige toujours quelque grave détail, hélas !
Questionnaire.
- — Que faisait la petite hirondelle sous l'auvent du pignon ?
- — Qui l'aidait dans son travail ?
- — Comment le nid fut-il achevé rapidement ?
- — Comparez cette façon de construire à celle du premier nid ?
- — Quelle réflexion cette particularité, ce concours amical, inspira-t-il à Suzette ?
- — Reproduisez la réponse du père.
- — A quoi peut servir une assurance ?
- — Pourquoi tant de gens négligent-ils de s'assurer ?
- — Quel regret exprima le fermier ?
DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Morale.
- — Quelle vertu pratiquent les hommes qui vivent entre eux comme des frères ?
- — Pour que la fraternité règne entre élèves, comment doivent-elles être les unes pour les autres ?
- — Pourquoi celles qui méprisent et dédaignent les pauvres agissent-elles mal ?
- — Pourquoi les égoïstes, les envieux, les médisants ne pratiquent-ils pas la fraternité ?
Les hommes qui vivent entre eux comme les enfants d'un même père, c'est-à-dire qui se prêtent un mutuel concours dans les circonstances difficiles, pratiquent la fraternité. Dans nul pays du monde on ne la pratique aussi largement et aussi délicatement que dans notre France.
Parmi les élèves d'une même école, la fraternité ne règne pas toujours. Combien d'entre elles sont égoïstes, dures, moqueuses à l'égard de leurs compagnes, surtout quand ces dernières sont faibles, timides, disgraciées de la nature ! Ne devraient-elles pas toutes être indulgentes les unes pour les autres, prévenantes et disposées à partager leur superflu avec celles qui n'ont pas le nécessaire ? Elles montreraient ainsi qu'elles se regardaient comme des sœurs dans cette grande famille qu'on appelle l'école.
Mépriser, dédaigner la société d'une jeune fille douce, sage, bonne, parce
qu'elle appartient à une famille peu favorisée de la fortune, c'est quelque
chose à la fois de sot, de méchant et de lâche. Parce que
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cette pauvre enfant n’a pas une aussi
jolie robe ; parce que sa coiffure est moins fraîche, ses bottines moins
élégantes ; parce qu'elle n'a pas de bijoux à suspendre à ses oreilles ou de
bagues pour orner sa main laborieuse, on prend avec elle des airs de
hauteur, on la regarde avec mépris, on s'égaye à ses dépens, on s’en éloigne
avec ostentation. Une telle conduite, de tels procédés sont indignes et ne
sauraient être blâmés trop sévèrement.
L'egoïste ne songe qu'à lui et ne voit que sos intérêts ou sa convenance. Le médisant dévoile sans nécessité et avec un méchant plaisir ce qui a été répréhensible dans la vie d'autrui, dans le but de l'affliger et de lui nuire. L'envieux est chagrin toutes fois qu'il apprend qu'une chose avantageuse survient à son prochain. De telles personnes ignorent ce qu'est la fraternité ; et elles feraient de ce monde un enfer, si elles étaient en majorité.
Instruction civique.
- — DES ASSURANCES.
- — Qu'est-ce que faire une assurance contre l'incendie ?
- — Quel avantage en résulte ?
- — Qu'est-ce que faire une assurance sur la vie ?
- — Quelle sécurité, quelle consolation est-ce pour un père, pour une mère ?
- — Quels avantages y a-t-il à faire une assurance sur la tête d'un enfant ?
Faire une assurance contre l'incendie, contre la grêle, contre la perte du bétail, c'est s'engager par un acte écrit à payer annuellement une somme déterminée à une compagnie financière, afin d'être indemnisé dans le cas où le feu consumerait tout ou partie de notre habitation, où la grêle détruirait nos récoltes, enfin où une épidémie ferait périr notre bétail. Ainsi, grâce à un sacrifice peu considérable, on évite les pertes ruineuses qui sont la conséquence d'événements de cette sorte.
Faire une assurance sur la vie, c'est payer chaque année à une société financière une somme déterminée pour toucher, à la mort de la personne sur laquelle a été contracté l'engagement, une somme fixée par un règlement approuvé par l'administration supérieure. Pour un père, une mère, peu favorisés de la fortune, c'est une consolation de savoir qu'au prix d'un sacrifice modéré, ils assurent à leurs enfants une certaine aisance lorsque la mort aura enlevé à ces derniers leurs soutiens naturels.
L'assurance sur la tête d'un enfant assuré à celui-ci, et ordinairement pour l'époque de sa majorité, la jouissance d'un capital qui lui permet de s'établir dans des conditions favorables. C'est un acte de haute prévoyance de la part des parents.
Composition.
- — Un vigneron tombe malade au printemps, précisément à l'époque des travaux les plus importants : que pourraient faire ses voisins ?
- — Qu'en résulterait-il ?
- — (Exposer le sujet sous forme de récit.)
Pour les élèves d'une ville : Une ouvrière tombe malade ; elle est veuve et chargée de trois enfants... (Comme précédemment.)
(Voir, pour la manière d'établir le plan de ce récit et pour donner les développements, page 150, Les vacances de Pâques, COURS DE COMPOSITION FRANÇAISE (Degré élémentaire et moyen), par E. LAPORTE.)
Industrie.
- — UNE MAISON.
- — Parties d'une maison, 1° établies par les terrassiers ; — 2° bâties par les maçons ; — 3° faites par les charpentiers, les fumistes, les plâtriers, les menuisiers ; — 4° par d'autres ouvriers.
Avant de commencer la construction d'une maison, on choisit un emplacement
convenable, puis l'architecte trace le plan et l'entrepre
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neur en indique sur le sol les lignes
principales au moyen de piquets et de cordes tendues.
Les terrassiers viennent alors et creusent les fondations, la cave et les fosses. Puis c'est le tour des maçons, qui établissent en grosses pierres les fondations ; ils élèvent ensuite les murs extérieurs et intérieurs, construisent la voûte de la cave, le tuyau de chaque cheminée et les escaliers, quand les marches sont de pierre.
Les charpentiers disposent les poutres, les solives et établissent les planchers ; lorsque les murailles sont terminées, ils placent la charpente qui supportera la toiture, dont la confection regarde les couvreurs. Les fumistes arrangent le foyer et achèvent les cheminées ; les plâtriers recouvrent les murailles, cloisons et plafonds d'un enduit de plâtre blanc ; ordinairement ; ils se chargent encore du carrelage ; les menuisiers posent les escaliers de bois, les boiseries, les portes, les fenêtres, les parquets, les rayons des placards, etc. D'autres artisans se chargent des papiers de tenture, de la serrurerie, des vitres, des peintures, des tapis et des rideaux.
