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20. — La veille du départ.
Comme une bonne petite mère attentive et tendre, Suzette prépara le trousseau *Trousseau. Habits et linge qu'on donne à une jeune fille en se mariant, ou à un enfant qui va en pension. du grand frère.
Pendant huit jours, sans bruit, avec cette hâte discrète * Discret. Qui ne cherche pas à paraître.qui était sa manière de travailler, elle reprisa, détacha, lessiva. Le linge blanc de neige, parfumé de racine d'iris*Iris. Plante qui croît dans les lieux humides., les vêtements pliés s'empilèrent peu à peu dans la malle :
— Jacques, voici dans ce coin, à droite, une brosse pour tes habits ; et ici, à gauche, cette petite boîte d'aiguilles passées de fil blanc et de noir.
— Toutes passées ! ah ! Suzette, la gentille précaution !
— Et, à côté, des boutons, car maintenant tu sais coudre.
— Hum ! hum ! je sais coudre...
Pendant les deux dernières soirées, sous la direction de sa sœur, il avait attaché deux boutons tout à fait, et un troisième à moitié. Ce ne fut pas sans quelques piqûres à ses gros doigts inexpérimentés*Inexpérimenté. Dans ce sens : qui n'a pas le talent de faire une chose.. Mais enfin, couci-couci, il emportait le talent de rattacher un bouton, talent précieux pour un garçon peu millionnaire.
Jacques partait le lendemain matin.
Comme la malle s'achevait, M. Dumay rentra des champs. Il faisait encore grand jour ; d'habitude on ne le voyait pas si tôt.
— Tout est prêt ? dit-il, après un regard à la malle.
Sa voix était émue :
— Eh bien ! mes enfants, avant ce départ de Jacques notre première séparation depuis que votre pauvre
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mère, nous a quittés, je voudrais aller avec vous sur sa tombe.
Suzette appela Charlot et François qui jouaient au jardin et y cueillit un bouquet des plus belles pensées.
On partit.
A l'extrémité du petit cimetière était la tombe maternelle, déjà fleurie de roses.
Après un moment de recueillement*Recueillement. Etat de celui qui rappelle ses idées, ses souvenirs., M. Dumay posa sa main sur l'épaule de Jacques.
— Mon fils, dit-il, tout à l'heure, seul aux champs et songeant à toi, j'ai revu ta mère, comme je la vis un jour devant ton berceau, Tu n'avais que quelques semaines, tu dormais ; nous te regardions, toi, notre premier-né ! Son visage s'émut*S'émouvoir. Eprouver quelque trouble, quelque chagrin., elle me prit la main :
« Oh ! Denis, dit-elle, nous le ferons plus savant que nous ; nous affinerons* son esprit, qui vaudra mieux que le nôtre ! Mais avant tout, n'est-ce pas? nous lui inspirerons la volonté d'être un honnête homme et la bonté, car, sans cela, le reste n'est rien !... »
Ainsi parla ta mère. Aujourd'hui, mon Jacques, j'ai
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pensé qu'au moment où tu vas nous quitter, entrer dans une vie nouvelle, dans une liberté plus grande de tes actions, oui, j'ai pensé qu'il était bon que tu entendisses ici, sur cette tombe, et comme de ta mère elle-même, ces paroles qu'elle prononça sur ton berceau. Emporte-les, mon fils ; qu'elles soient toujours avec toi comme sa douce présence !... qu'elles te gardent !
François,Charlot, Suzette, pleuraient doucement. Les yeux mouillés, Jacques pressa la main de son père, qui reprit :
— Votre mère était une âme droite et pure, bonne à nous, bonne à tous, pleine d'humanité... Croyons, mes enfants, qu'elle n'est pas perdue pour ceux qu'elle aima. Elle nous a devancés, elle nous attend ; nous la retrouverons dans une vie où il n'y aura plus ni séparation, ni larmes...
Questionnaire.
- — Comment s'y prit Suzette pour préparer le trousseau de son frère ?
- — Quelles indications donna-t-elle à Jacques ?
- — Que lui avait-elle appris à faire pendant les deux dernières soirées ?
- — Que proposa M. Dumay à son retour des champs ?
- — Quelle bonne pensée eut Suzette ?
- — Que dit le père à Jacques sur des souvenirs qui avalent occupé sa pensée tout le jour ?
- — Quelles paroles de la mère rappela-t-il ?
- — Quels derniers conseils donna-t-il à son fils ?
- — Pendant ce temps, que faisaient Suzette et ses frères ?
- — Par quelles paroles consolantes M. Dumay termina-t-il cette scène touchante ?
DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES
Morale.
- — Que devons-nous rappeler à notre mémoire lorsque nous pensons à ceux de nos parents qui ne sont plus ?
- — Par quelles attentions pouvons-nous prouver que leur souvenir nous est cher ?
- — Est-il bien de négliger d'aller sur la tombe de ses parents, d'un frère, d'une sœur ?
- — Pourquoi ?
Lorsque nous avons eu le malheur de perdre quelques-uns des membres de notre famille, leur souvenir ne se présentera point à notre mémoire sans que nous nous rappelions leur affection, leurs soins, leurs sacrifices, comme les marques d'intérêt qu'ils nous donnèrent. Et pour mieux comprendre ce dont nous leur sommes redevables, n'oublions pas ce qu'il y a de pénible, d'assujettissant et de coûteux à élever ses enfants.
Nous prouverons que le souvenir de nos parents nous est cher en nous rendant souvent auprès de leur tombe, en l'entretenant, en la parant de fleurs, et, mieux encore, en suivant leurs avis et leurs derniers conseils, Ceux qui oublient ce devoir montrent qu'ils n'ont pas la mémoire du cœur et méritent d'avoir des enfants semblables à eux.
Français.
- — Copier successivement tous les verbes du discours de M. Dumay (Mon fils, dit-il, tout à l'heure...) ; écrire après chacun le sujet entre parenthèses, lorsque ce verbe en aura un d'exprimé.
EXEMPLE : Dit (sujet, il). — Ai revu (sujet, je). — Vis (sujet, tu). — Avais (sujet, tu), etc., etc.
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Industrie.
- — Qu'est-ce que les boutons ?
- — De quelles matières premières sont-ils formés ?
- — Nommez différentes sortes de boutons.
- — Parlez des formes diverses qu'on leur donne.
- — Combien coûte une douzaine de boutons ordinaires en os, en bois, en métal, en étoffe, en porcelaine ?
Les boutons sont de petites pièces de métal ou d'une autre matière dure, de forme généralement arrondie, qui servent à fixer ensemble différentes parties d'un vêtement. On les passe, à cet effet, dans des fentes appelées boutonnières ou dans des ganses.
On fabrique les boutons soit avec du métal fondu dans des moules, soit en les découpant dans des plaques minces de fer, de cuivre ou de zinc auxquelles on soude les queues. Il y en a encore en os, en nacre, en porcelaine, en verre, que l’on confectionne d'une manière analogue. Ceux de corne s'obtiennent en pressant fortement cette substance ramollie dans l'eau bouillante. En général, les boutons de bois sont revêtus d'étoffe, tandis que ceux de métal sont teints de diverses couleurs et vernis.
Les doubles boutons servent à fixer les cols, les devants de chemises, les poignets des manches, les guimpes, etc.
Les boutons présentent les formes les plus variées : circulaires, sphériques, ronds, ovales, lenticulaires, aplatis, concaves, convexes, etc. Actuellement, il est de mode de les orner de figures en relief quand ils servent à la garniture des vêtements.
Une douzaine de boutons ordinaires coûte : 1° en bois... ; en os..., etc.
Économie domestique.
- — Qu'entend-on par taches ?
- — Nommez différentes sortes de taches.
- — Comment s'y prend-on pour faire disparaître des taches de graisse ou d'huile sur de la toile, du drap, une étoffe de soie, une étoffe de laine, une étoffe de coton ?
- — Comment enlève-t-on les taches de fruits sur les étoffes légères ?
Tout ce qui souille et laisse sur quelque chose une marque malpropre constitue une tache. Le plus souvent les taches sont produites, sur les vêtements, par des corps gras, des acides ou des matières colorantes.
Il y a des taches de graisse, d'huile, de sauce, de peinture, de rouille, de verdure, d'encre, etc. : la liste en est longue, si l'on s'en rapporte aux dires des mamans d'enfants peu soigneuses.
Pour faire disparaître les taches de graisse, on applique du papier buvard sur l'étoffe souillée et l'on promène un fer chaud sur le tout. On emploie dans le même cas avec succès la benzine, pourvu que le tissu soit teint solidement.
Les taches d'huile et de peinture à l'huile s'enlèvent avec de l'essence de térébenthine ; celles d'encre, avec le sel d'oseille employé à dose modérée ; et celles dues à un acide, par l'ammoniaque étendu d'eau.
On fait disparaître les taches de fruits sur les étoffes légères en mouillant légèrement l'étoffe et en brûlant au-dessous du soufre en bâton ; on rince ensuite. L'eau de Javel étendue dans beaucoup d'eau produit le même résultat.
