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7. — Le petit héroïsme.
L'héroïsme* Héroïsme. Disposition à faire des actions utiles et désintéressées. est une des plus belles vertus de l'humanité.
En 1472, Beauvais est assiégé par Charles le Téméraire* Charles le Téméraire. Duc de Bourgogne, ambitieux, cruel, qui vécut au XVe siècle. ; à la tête des femmes, Jeanne Hachette arrache un étendard* Étendard. Pièce d'étoffe suspendus à une lance et qui sert à rallier les soldats. bourguignon déjà planté sur le rempart et détermine la victoire.
En 1870, en Lorraine, un régiment français, poursuivi, passe devant la ferme
de Villedieu.
Bientôt après
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arrivent les Prussiens : — « Quelle
route ont suivie les Français? » demande le capitaine à la
jeune fermière,
Jeanne
Hachette arrache un étendard
bourguignon…
Suzanne Didier. La compatriote de la grande
Jeanne d'Arc
refuse de répondre. — « Parle ! ou tu vas mourir. » — Elle se tait. Les fusils
sont braqués sur elle ; elle se tait encore. — « Feu ! » — La noble fille tombe
foudroyée.
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Ces deux femmes sont des héroïnes. Ce sont des héros aussi les citoyens qui, spontanément* Spontanément. Agir spontanément, c'est faire une chose sans que personne vous y excite. , sans le moindre souci de récompense, se jettent à la tête d'un cheval emporté* Cheval emporté. Cheval furieux qui ne se soumet plus à l'action du frein. , dans les flammes d'un incendie, ou à l'eau, pour sauver leur semblable.
Mais, à côté de ces coups de force et de dévouement Paf ! voilà un verre par terre, ou le balai qui s'allonge comme un balourd et accroche une pile d'assiettes. qui emportent l'admiration, il est un autre héroïsme, celui-là tout petit, terre-à-terre, et pourtant admirable aussi. C'est la persévérance patiente dans la poursuite du devoir journalier, continu et effacé* Effacé. Dans ce sens : qui ne cherche pas à être vu, remarqué. ; modeste plante qui ne fleurit pas toujours dans la volonté des jeunes filles.
Il fait beau temps, un de ces bons soleils qui appellent au dehors ; c'est dimanche ou jeudi ; les petites amies jouent là-bas, chantent des rondes sur l'herbe :
« Entrez dans la danse ! « Entrez dans la danse !
« Voyez comme on danse. » « Voyez comme on danse. »
Les frères sont sous bois ; Jacques cherche des pa-
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pillons ; Charlot court à ses côtés, et probablement monsieur François grimpe de branche en branche
à la poursuite des oiseaux.
Mais ici on balaye, on range, on frotte ; et parfois, à la moindre distraction des yeux ou des mains, paf ! voilà un verre par terre ou le balai qui s'allonge comme un balourd* Balourd. Qui est grossier et maladroit. et accroche une pile d'assiettes.
— Ah ! il y a des jours où tout va de travers !
Questionnaire.
- — Racontez ce que vous savez de Jeanne Hachette ;
- — de Suzanne Didier.
- — Où se trouvent Beauvais, la Lorraine, Metz?
- — Quels citoyens donnent également des exemples d'un courage héroïque ?
- — Quel héroïsme modeste est admirable encore ?
- — Que faisaient, un certain jeudi, les amies de Suzette ;
- — ses frères ?
- — Comment passait-elle, à son tour, cette même journée ?
- — Que pensez-vous d'elle ?
- — Quel accident représente la gravure ?
DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Morale.
- — Montrez, en citant un exemple, que vous comprenez ce que c'est de sacrifier son plaisir à son devoir.
Maman est occupée à un travail qu'elle ne peut abandonner un instant ; moi, je joue dans le jardin avec mes amies, et voici que j'entends mon frère crier dans son berceau. Je pourrais continuer à jouer, mais combien le pauvre petit se tourmenterait, et combien maman serait chagrine de ne pouvoir venir à son secours ! Alors je sacrifie mon plaisir à mon devoir, et, prenant le bébé dans mes bras, je m'efforce de soulager son mal et de l'égayer par mes sourires ou de douces paroles.
Il en est de même lorsque, pour préparer mes leçons du lendemain, je refuse de prendre part à une partie de plaisir organisée par mes compagnes.
Histoire.
- — Quelle est votre patrie ?
- — Pourquoi l'aimez-vous ?
- — Que font les ennemis lorsque, pendant la guerre, ils entrent en France ?
- — Qui défend la patrie ?
- — Connaissez-vous des femmes qui ont exposé ou sacrifié leur vie pour la patrie ?
Ma patrie est la France, cette belle et vaste contrée habitée par une nation honnête, laborieuse et vaillante. Je l'aime, parce que sur son sol habitent ceux qui sont l'objet de mes affections ; parce que c'est là que mes ancêtres ont vécu et que reposent leurs restes vénérés ; parce qu'il n'y a rien dans le monde de grand et de généreux auquel elle n'ait participé. C'est de plus un magnifique pays, fertile, pittoresque et situé de la manière la plus heureuse sur le continent européen.
Lorsque les ennemis envahissent la France, et nous avons connu cette honte en 1814, 1815, 1870, ils portent partout la dévastation et la ruine ; ils agissent en maîtres, maltraitent les gens, et tuent sans pitié ceux qui leur résistent. Il n'est pas de situation plus affreuse.
La défense de la patrie est confiée à l'armée ; en cas d'invasion, tout homme valide devient soldat.
Souvent des femmes courageuses ont exposé et sacrifié leur vie pour la
patrie ; parmi elles, je citerai l'héroïque Jeanne d'Arc, que
les Anglais brûlèrent vive à Rouen ; les
femmes de Beauvais, en
1472 ; celles de Marseille, en
1525. En 1871, une jeune receveuse des postes et des
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télégraphes, Mlle
Dodu, intercepta au péril de sa vie les dépêches ennemies ; et
à la même époque, combien de sœurs de charité tombèrent sous les balles
allemandes en soignant les blessés, sur les champs de bataille !
Sciences naturelles.
- — Qu'est-ce qu'un bois ; une forêt ?
- — Qu'est-que l'on en retire ?
- — Que font les pauvres gens qui ne peuvent acheter du bois ?
- — A quoi sert le bois des grands arbres?
Un bois est un espace de terrain couvert d'arbres que l'on coupe à des époques fixes, soit pour les besoins du chauffage, soit pour en obtenir des pièces de charpente, des pieux, des cercles, etc.
Une forêt est un bois qui couvre une grande superficie et où on laisse croître les grands arbres dont l'État et les particuliers ont besoin pour les constructions navales. Une foule d'animaux sauvages y habitent ; tels sont les cerfs et les biches, les chevreuils, les sangliers, les blaireaux, sans compter le gibier à poil et à plume. Dans les régions montagneuses, elles donnent asile aux loups, aux ours et à d'autres bêtes carnassières. Les plus belles forêts de France sont celles de Fontainebleau, de Compiègne, d'Orléans et celles qui couvrent les Landes ainsi que les pentes du Jura, des Vosges , du Morvan.
Au commencement de la saison rigoureuse, les pauvres gens auxquels leur position de fortune ne permet pas d'acheter du bois de chauffage, ramassent, dans les forêts, ou les bois les rameaux desséchés et les branches mortes ; ils en forment des fagots qu'ils transportent péniblement dans leurs habitations.
Le bois des grands arbres sert aux constructions navales, comme nous l'avons déjà dit ; on en tire encore des pièces de charpente : poutres, solives, planches ; on en confectionne des pilotis, des machines, des meubles, des outils et une foule d'objets d'un usage quotidien.
