Suzette: a Digital Edition

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32. — Sélection.

La lecture finie :

— Ma foi ! dit M. Dumay, voilà un brave homme d'empereur chinois dont je suis content. Il me fait voir assez clair à votre « sélection ». Qui, tout comme les bonnes qualités d'une plante, ses mauvaises, sa maigreur, sa faiblesse, son peu de fécondité*Fécondité. Qualité attribuée à la plante qui produit beaucoup. se perpétuent dans ses graines. Vraiment, on devrait savoir cela ; et tout se travaille chez nous un peu à l'aveuglette. Nous ferons de la sélection, mon fieux !

— A la bonne heure, mon père ! Mais quel singulier empereur, n'est-ce pas, que celui qui, au lieu de faire la guerre, de détruire son peuple, ne s'occupe qu'à le nourrir du mieux qu'il se peut ?

— Oui, ce Kang-Hi était né homme des champs ; il aimait la terre ; nous l'aimons aussi, nous !

Alors, tendrement, ses yeux firent le tour de la demeure paternelle. Il l'aimait autant que ses champs ; il se félicita*Se féliciter. Se savoir bon gré, être content de ce qu'on a fait. de son lot de paysan possesseur d'un petit bien.

— Et vous allez voir, cher papa, tout ce qu'il va nous valoir ! dit Jacques ; l'abondance de la terre est inépuisable*Inépuisable. Qui ne cesse de produire..

A ce moment, Charlot entra, l'air affairé, atteignit quelque chose au coin de la cheminée et se sauva.

— Où vas-tu, Charlot ? demanda Suzette.

— Au fournil*Fournil. Le lieu où est le four., rejoindre François, répondit le petit en courant.

Quelques minutes après, ils revinrent ensemble, triomphants. François tenait dans ses mains une brillante rondelle de plomb :

— Une pièce de cent sous ; voilà ! dit-il, je l'ai fondue et moulée moi-même dans un moule de pierre. A peine, hélas ! si ce semblant de pièce de cent sous fut regardé ; on était tout à la question des semences, des labours, de l'outillage* Outillage. Ensemble des outils, des machines nécessaires à une fabrication, à une exploitation., des modifications*Modification. Changement, perfectionnement. à faire dans l'agencement* L'agencement. Arrangement du local et du matériel employé. de la ferme. Et, l'heure venue, on s'alla coucher avec un beau rêve de travail et de prospérité* Prosperité. Situation où l'on gagne autant qu'on le peut espérer. que le sommeil n'avait qu'à continuer.


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Questionnaire.

  • — Que pensait M. Dumay de l'empereur chinois ?
  • — Qu'est-ce qui se perpétue, se transmet d'une plante à une autre par les graines ?
  • — Comment peut-on ameliorer les plantes et créer de nouvelles espèces ?
  • — Qu'ajouta le fermier au sujet de Kang-Hi ?
  • — Que regarda-t-il avec plaisir ?
  • — Que répondit Jacques ?
  • — Qu'avaient fait François et Charlot pendant l'entretien du père avec les deux ainés ?
  • — Que revinrent-ils apporter en triomphe ?
  • — Pourquoi n'y fit-on aucune attention ?
  • — Dans quelles pensées alla-t-on se coucher ?

DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.

Instruction civique.

  • — Quel titre porte le chef du gouvernement français ?
  • — Combien compte-t-on de ministres ?
  • — Que font les ministres ?
  • — A quoi doivent songer ceux qui gouvernent une nation ?
  • — Lequel vaut mieux d'un gouvernement pacifique ou de celui qui cherche des aventures de guerre ?
  • — Pourquoi ?

Actuellement, le chef du gouvernement porte, en France, le titre de président de la République. Il est nommé par les sénateurs et les députés réunis à Versailles en assemblée nationale, et la durée de ses pouvoirs a été fixée à sept ans. Il est rééligible et jouit d'un traitement annuel de douze cent mille francs.

Le président nomme les ministres, dont les principaux sont : le ministre de l'intérieur, des affaires étrangères, de la guerre, de la marine et des colonies, de la justice et des cultes, de l'instruction publique et des beaux-arts, de l'agriculture, du commerce et de l'industrie, des travaux publics.

Les ministres sont chargés d'administrer les grands services de l'Etat que nous venons d'énumérer, sous l'autorité du président ; ils sont, en général, choisis parmi les sénateurs et les députés.

Ceux qui gouvernent doivent songer à maintenir la paix et la sûreté publique, et se sacrifier pour l'honneur, la tranquillité et la prospérité du pays.

Le meilleur des gouvernements est celui qui maintient une paix honorable ; le plus funeste, celui qui excite des guerres sans autres motifs que la satisfaction d'une vaine gloire ou d'une coupable ambition.

Pendant la paix, tout prospère à la condition qu'on fera régner la justice et qu'on protégera les gens honnêtes contre les attaques de ceux qui désirent vivre sans travail aux dépens de leurs concitoyens. Pendant la guerre, l'Etat est ruiné par des dépenses excessives et des milliers de soldats périssent sur les champs de bataille. Heureux quand le vainqueur n'écrase pas le vaincu sous d'énormes contributions et ne démembre pas la patrie !

Agriculture.

  • — Comment améliore-t-on les espèces de plantes ?

On les améliore en recueillant les plus beaux grains qu'on sème afin d'obtenir de plus beaux produits que l'on réserve pour la semaille suivante, et ainsi de suite.

On améliore les races d'animaux domestiques et de volailles en ne conservant que les individus les plus parfaits parmi ceux qu'on obtient. En cela consiste la sélection.

Sciences naturelles.

  • — LE PLOMB.
  • — Comment est ce métal, ou, en d'autres termes, quelles sont ses propriétés ?
  • — Questions analogues sur l'or, l'argent, le cuivre.
  • — Nommez des contrées oú ces métaux se trouvent en abondance.
  • — Qu'est-ce que le bronze ?
  • — Indiquez ses propriétés, ses emplois divers.

PLOMB. — Ce métal, l'un des plus anciennement connus, est d'un blanc bleuâtre, assez mou pour être rayé par l'ongle et d'une faible
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ténacité. — Il fond à une température relativement peu élevée, et l'on en fabrique des tuyaux, des plaques pour couvrir les toits des grands édifices ; il est encore employé pour les soudures et la fabrication des caractères d'imprimerie. On le trouve dans tous les pays.

OR. — L'or est un métal jaune, très brillant, inaltérable à l'air et qui a la propriété de se réduire en feuilles excessivement minces et en fils ténus. Il pèse 19 fois plus que l'eau : c'est le plus précieux de tous les métaux ; il sert à faire des monnaies, des bijoux, des vases. On en exploite des mines en Sibérie, dans la Californie, le Pérou, l'Australie.

ARGENT. — L'argent est d'un blanc très éclatant ; après l'or, c'est le métal qui se réduit le mieux en feuilles et en fils ; il est inaltérable à l'air et s'allie facilement au cuivre. On en fabrique des monnaies et une foule de vases, d'outils, d'ustensiles, d'instruments, de bijoux. On en recouvre quantité d'objets nour les rendre inaltérables, comme on le fait d'ailleurs avec l'or. Les mines d'argent sont très abondantes aux Etats-Unis, au Mexique et au Pérou ; l'une de ces mines, celle de Potosi, a donné, jusqu'ici, dix-sept milliards d'argent.

CUIVRE. — C'est un métal très anciennement connu, d'un beau rouge et d'une grande ténacité ; il est peu sonore. L'air humide l'altère et il se forme à sa surface une substance verdâtre, le vert-de-gris, qui est un poison. Il sert à faire des ustensiles, des vases de cuisine qu'on étame pour qu'ils ne soient pas d'un usage dangereux, des instruments.

Allié à l'étain, il constitue le bronze, connu dès la plus haute antiquité, et qui aujourd'hui entre dans la fabrication des monnaies, des cloches, des statues.

L'alliage de cuivre et de zinc donne le laiton, dont la belle couleur jaune est connue ; on l'emploie nour confectionner des instruments, des ornements, des pièces de machines, etc, etc.

Il y a des mines de cuivre en Espagne, aux environs du lac Supérieur et au Chili. Ces dernières fournissent la moitié du métal employé dans le monde.

Industrie.

  • — MONNAIES.
  • — Qu'est-ce qu'une pièce de monnaie ?
  • — Quelle est l'utilité des monnaies ?
  • — Aven quels métaux les fabrique-t-on ?
  • — Quel métal allie-t-on à l'or et à l'argent destinés aux monnaies ?
  • — Pourquoi et dans quelle proportion ?
  • — Comment obtient-on les rondelles de métal qui, plus tard, seront des pièces ?
  • — Avec quoi y imprime-t-on l'empreinte particulière à chaque sorte de pièce ?
  • — Que représente chacune des faces des diverses pièces de monnaie ?

Les monnaies sont des plaques de métal de forme ordinairement circulaire, frappées d'un signe particulier par des agents de l'Etat, et destinées à être échangées contre les objets à l'usage de tous. Elles ont par elles-mêmes une valeur réelle et bien déterminée, et sous un petit volume, elles représentent une somme considérable, Elles sont connues et acceptées de tous et, pour cette raison, constituent un moyen commode d'échange ; sans les monnaies, le commerce seraît tres difficile.

On fabrique les monnaies avec l'or l'argent, le cuivre, le nickel. Aux deux premiers métaux, on allie une faible quantité de cuivre, 1/10 ou 825/1000, pour augmenter leur dureté et retarder d'autant l'usure des pièces.

On frappe les pièces dans les hôtels des monnaies, et l'on obtient chacune des rondelles en découpant de minces plaques de métal à l'emporte-pièce. Il ne reste plus qu'à les presser entre des coins pour
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qu'elles reçoivent, sur leurs deux faces, les empreintes déterminées par la loi.

Une des faces représente soit la figure du souverain, soit une figure emblématique ; sur l'autre sont indiquées la valeur de la pièce et l'année où elle a été frappée.

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