Table of Contents
Page: 469
134. — Plaisirs des champs.
— Habitants des villes, venez un peu aux champs faire connaissance avec la bonne
nature, savourer la pureté de l'air, la fracheur des œufs, la saveur cré-
Page: 470
meuse du lait, tel que la vache nourricière le donne, sans
bicarbonate de soude* Bicarbonate de soude. Espèce de sel
(en forme de cristaux) avec lequel on lessive le linge. , sans mélange
d'acide* Acide. Liquide ou gaz qui rougit la teinture
bleue du tournesol. ni d'eau ; venez cueillir les fraises du bois joli
et les fleurettes du gazon ! disait Louis.
Et sa jeune femme, avec qui il se promenait autour de la ferme, ajoutait :
— Plus tard, à la vieillesse, nous reviendrons ici, près de Suzette, finir nos jours dans cette paix, cette simplicité des champs : nous y vivrons comme Philémon et Baucis,
« Heureux de ne devoir à pas un domestique « Heureux de ne devoir à pas un domestique
« Le plaisir ou le gré des soins qu'ils se rendaient. » « Le plaisir ou le gré des soins qu'ils se rendaient. »
Je vois l'emplacement de notre maisonnette future : là, au bord de ce pré où elle attrapera le premier sourire du soleil levant. Elle sera couverte en chaume, car les orpins* Orpins, sédum. Plantes qui croissent sur les toits et les murs., les sédums* Orpins, sédum. Plantes qui croissent sur les toits et les murs., les mousses, les joubarbes* Joubarbe. Plante parasite. aiment les toits de chaume ; ils les couvrent de leurs floraisons joyeuses et colorées !
Mais Louis n'accepte pas le toit de chaume, Soude. Varech. La soude et le varech sont des herbes propres aux rivages de la mer ; on en extrait de la soude en les brûlant dans des fosses pratiquées à cet effet. — Les varechs constituent en outre un excellent engrais végétal. qui, dit-il, brûle assez souvent. Il préfère l'ardoise, moins poétique, sans doute, mais réfractaire* Réfractaire. Qui s'oppose à quelque chose. à l'incendie. Et d'ailleurs, vue de loin, à travers la verdure, l'ardoise brille avec des reflets d'acier, pas du tout désagréables à l'œil.
On discute le mérite des deux toits.
— Mais, dit derrière eux une voix connue, et la gaie tuile rouge ? Elle ne s'enflamme guère plus que l'ardoise, et le temps la brode, de place en place, de mousses menues, veloutées. Mettez-vous donc d'accord sur la tuile rouge !
Page: 471
C'était Suzette qui leur parlait ainsi en riant. Et l'on s'entendit presque tout de suite sur la question du toit des vieux ans. Il est vrai que, d'ici là, on avait le temps de changer d'idée.
Suzette venait chercher sa cousine, car on avait, pour ce matin-là, fait de grands projets. Il ne s'agissait de rien moins que d'un tournoi* Tournoi. Combat simulé dans une fête ; ici, sorte de concours, d'épreuve. culinaire entre Paris et Fragicourt :
Mme Louis allait faire une crème renversée, et Suzette répondrait par une tarte aux prunes de reine-Claude. Les messieurs donneraient ensuite le prix.
La villageoise n'était pas trop ignorante en pàtisserie, et même, ce qui est rare au jourd'hui, en boulangerie. De temps en temps, pour les grands régals, elle faisait le pain, un pain léger à croûte bien dorée, et savoureux, de la bonne saveur naturelle du froment.
— Commençons par la crème, dit Suzette par politesse, tout en dépliant deux blancs tabliers que l'une et l'autre s'attachèrent.
Questionnaire.
- — Si les habitants des villes venaient à la campagne, qu'y trouveraient-ils ?
- — Qui se promenait autour de la ferme de Fragicourt ?
- — Quel projet faisait la jeune femme de Louis ?
- — Comment était la maison de ses rêves d'avenir ? — Qu'est-ce que Louis n'acceptait pas et que préférait-il ?
- — Que dit Suzette ?
- — Pourquoi Suzette venait-elle chercher sa cousine ?
- — Que devait faire chacune d'elles ?
- — Qui décernerait le prix ?
- — Quels talents possédait la jeune fermière ?
- — Que savait-elle préparer pour les grands régals ?
- — Que proposa-t-elle ?
Page: 472
DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Composition.
- — Reproduisez, en l'abrégeant, l'histoire de Philémon et de Baucis mise en vers par La Fontaine.
(Il sera nécessaire de lire aux élèves ce morceau de poésie ; une seule fois paraît suffisante, étant donné le caractère simple du récit.)
Sciences naturelles.
- — LES SOLS.
- — Qu'est-ce que l'argile le sable, la craie, la marne, l'humus ?
- — Qu'appelle-t-on sol arable ?
- — Quels sont les avantages et les inconvénients des sols où domine, soit l'argile, soit la craie, soit le sable ?
L'argile est une terre grasse, douce au toucher, tenace et presque imperméable ; elle se fend et se contracte par la sécheresse ; soumise à l'action prolongée d'une chaleur violente, elle durcit et prend une belle couleur rouge, comme on peut le voir pour les briques et les tuiles.
Le sable est une agglomération de grains très fins de grès pulvérisé ; ses molécules n'ont qu'une faible adhérence et il se laisse facilement pénétrer par l'eau.
La craie est une substance calcaire formée au fond de la mer et qui renferme une quantité prodigieuse de petites coquilles d'animaux. C'est une pierre blanche, ordinairement de faible consistance, facile à travailler et qui se convertit en chaux sous l'action d'un feu ardent. Lorsqu'on verse dessus un acide, du vinaigre, par exemple, elle bouillonne et il se formé à sa surface des bulles qui dégagent de l'acide carbonique.
La marne est une terre calcaire mèlée d'argile dont on se sert pour amender les terrains trop argileux ou trop sableux.
L'humus est une substance brune ou noirâtre qui provient de la décomposition des matières animales et végétales : c est l'amendement par excellence de tous les terrains.
Le sol arable est la couche de terre que l'on cultive pour en retirer les produits nécessaires à l'alimentation et à l'industrie.
Les sols argileux sont difficiles à travailler par la sécheresse comme par l'humidité et l'eau y séjourne durant la saison des pluies pour peu que cette saison se prolonge ; mais ils ont l'avantage de conserver l'eau qu'ils absorbent à la longue et de favoriser ainsi la végétation des céréales et des fourrages dans bien des cas.
Les sols sableux ne présentent aucune difficulté à la culture ; mais ils sont secs et ne retiennent pas les engrais ; aussi leurs produits couvrent à peine les frais d'exploitation.
Les terrains calcaires gardent mal l'eau et décomposent trop rapidement les engrais ; ils ne redoutent pas les années humides, tandis qu'ils souffrent de la sécheresse.
Industrie.
- — Qu'est-ce que des tuiles, des briques ?
- — Décrire sommairement les procédés de fabrication des briques, tuiles, tuyaux.
Les tuiles sont des espèces de carreaux rectangulaires de peu d'épaisseur, faits d'argile pétrie, séchée et cuite au four, dont on se sert pour couvrir les maisons et le sommet des murs de clôture.
Les briques sont des pierres artificielles de même matière que les tuiles, avec cette différence qu'elles sont moitié moins larges et trois fois pus épaisses.
Pour confectionner les tuiles et les briques, on choisit de l'argile de
bonne qualité qu'on débarrasse des corps étrangers et qu'on pétrit afin de
la rendre plus liante. On en forme une pâte molle qui est moulée en forme de
briques ou de tuiles. Placées sous des hangars,
Page: 473
après avoir séché quelques
heures au grand air sur des plates-formes, elles achèvent de s'y débarrasser
de l'eau qu'elles contiennent. On les entasse ensuite dans de grands fours
qu'on chauffe à grand feu ; lorsqu'elles y ont subi quelques jours de
cuisson, elles sont terminées et propres aux usages divers de l'industrie du
bâtiment. La fabrication des tuyaux s'opère à peu de chose près de la même
façon.
Économie domestique.
- — Quand dit-on que le lait est falsifié ?
- — Quels dangers présente l'usage du lait falsifié, pour les enfants surtout ?
- — Comment reconnait-on que le lait n'est pas pur, — que des œufs ne sont pas frais, — qu'un poisson est avancé ?
Le lait est falsifié lorsqu’on l'écrème, qu'on y mêle de l'eau et que, pour rétablir sa consistance, comme pour faire disparaître la teinte bleue qu'il a prise, on y ajoute du sucre de canne, de la glucose, de la farine, des infusions de riz, d'orge, de son, etc. Ainsi altéré, il est d'une saveur désagréable et d'une digestion difficile ; ayant perdu en outre la plupart de ses qualités nutritives, il constitue un aliment peu favorable aux jeunes enfants.
On reconnait que le lait n'est pas pur à son odeur fade, à sa couleur bleuâtre, à son manque de consistance. Quant aux œufs pondus déjà depuis longtemps, l'évaporation de l'eau qui y est contenue forme un vide à l'une des extrémités, ce qui est facile à constater lorsqu'on les examine en les plaçant entre l'œil et une source de lumière. Dans ces mêmes œufs, le jaune descend à la partie inférieure, et quand on les secoue, on perçoit très bien un ballottement intérieur, ce qui ne se remarque jamais lorsqu'ils sont de date récente.
Quand le poisson n'est pas frais, le tissu des chairs est lâche et les ouies pâles ; il dégage, de plus, une odeur nauséabonde et ammoniacale qui se fait particulièrement sentir dans celui qui provient de la mer.
