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113. — Le retour.
— La voici ! la voici ! crièrent Charlot et François. Suivis de M. Dumay, ils coururent à la porte de la cour, où arrivait la carriole que menait Jacques, assis auprès de sa sœur.
— Bonjour ! bonjour !
— Ma fille !
— Papa !
Légère comme un oiseau, la Parisienne sauta à terre, se jeta dans les bras qu'on lui tendait.
— Ah ! la bonne mine !
— Et la tante va bien ?
— Et l'explorateur ?
— Et l'Exposition ?
Tout en répondant à droite et à gauche, elle atteignit la porte ouverte de la maison :
— Ah !!!...
Voilà les bottes, le chaudron, la grosse soupière, le gros chat gris, les épluchures, les escarbilles ! tout cela était de retour, là, à terre, pêle-mêle !
Et la poussière s'étalait partout comme en pays conquis. Là-haut, au beau milieu de la maîtresse poutre, une araignée, au bout de son fil, gigotait gaiement de ses huit pattes avec l'air de se moquer des gens et du balai.
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Suzette sourit. On a beau se dire : Il va m'en coûter un fameux coup de torchon ! on n'est pas fâchée de constater son utilité en ce monde et l'importance dé la place qu'on tient au foyer.
Oui, sans vous, petite ménagère, rien ne va plus ici. Reparaissez, et, par la vertu de votre baguette, tout redeviendra propre et délicat !
La voici ! la voici !... Ma fille !Les bottes, le chaudron n'ont qu'à se bien tenir, hein ? dit en riant doucement M. Dumay, qui lisait sur le visage de sa fille. Ce sont ces vilains garçons qui ont remis les choses en cet état par leur refus de...
—D'empiéter*Empiéter. Exercer des droits qu'on n'a pas. sur les droits de notre sœur, dit François en riant aussi.
A ce moment, on entendit dans la rue des voix joyeuses et le bruit d'une ribambelle de pieds. Les fillettes sortaient de l'école ; c'était l'instant d'aller embrasser Mme Valon.
Suzette y courut, et resta bien
trois quarts d'heure avec cette bonne et intelligente amie. Elle lui parla de
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son beau voyage, en personne qui, selon les recommandations,
avait ouvert les yeux et les oreilles. Ses lettres, d'ailleurs, l'avaient déjà
prouvé. Mme Valon le lui
dit.
Retournée à la ferme, elle y trouva un autre salut de bienvenue amicale. Sylvain était là depuis une minute. Il profitait, dit-il, d'une course au Catelet pour faire, en passant, une visite à ses amis et prendre des nouvelles de son camarade l'explorateur.
Il tenait une corbeille de paille reliée d'écorce de ronce qui semblait lui embarrasser beaucoup les mains. Enfin il dit assez timidement :
—Je me suis amusé à la tresser. Si elle pouvait vous faire plaisir, mademoiselle Suzette, vous y serreriez des œufs, des fruits.
Suzette la regardait.
— Elle est très jolie, dit-elle ; je vous remercie. Mais, dites-moi, n'est-ce pas ainsi avec de la paille et de l'écorce qu'on tresse les ruches d'abeilles ?
Oui, et je saurais bien tresser aussi des ruches. Elle battit des mains :
— Ah ! dit-elle, aux jours de loisir, n'est-ce pas ? vous enseignerez cela à François, qui a les doigts agiles. Savez-vous que je vais avoir des abeilles ?
Elle parla de sa visite au Jardin d'acclimatation et de la bonne fâcherie du vieux monsieur. Sylvain hochait joyeusement la tête, se frottait doucement les mains. Le récit achevé, et le temps pressant, il prit congé en disant qu'il reviendrait bientôt.
Questionnaire.
- — Comment Charlot et François annoncèrent-ils l'arrivée de Suzette ?
- — Reproduisez le dialogue entre la jeune fille et son père.
- — Quel aspect présentait la chambre ?
- — Pourquoi cela ne faisait-il pas honneur aux frères de Suzette ?
- — Que se dit-elle gaiement ?
- — Que dit M. Dumay en riant ?
- — Qu'entendit-on en ce moment dans la rue ?
- — Où alla Suzette ?
- — Que dit-elle à Mme Valon ?
- — Qui trouva-t-elle à son retour et quel était l'objet du voyage du jeune homme ?
- — Que tenait-il à la main et comment l'offrit-il ?
- — Que dit Suzette et quel renseignement demandat-elle ?
- — Qu'ajouta Sylvain et que lui répondit-on ?
- — De quoi parla Suzette à cette occasion ?
DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Morale.
- — Quelle différence y a-t-il entre une amie et une camarade ?
- — Que doit-on rechercher dans la société d'une amie ?
- — Que faut-il faire pour conserver son estime et son affection ?
- — Quel avantage résulte d'une amitié qui existe dans ces conditions ?
- — Est-il possible d'avoir beaucoup d'amies, et pourquoi ?
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Une amie est une jeune fille avec laquelle on est unie par une affection réciproque fondée sur l'estime et comportant une confiance entière. C'est comme une sœur pour qui nous n'avons pas de secrets, auprès de laquelle nous cherchons un appui dans les circonstances difficiles, une consolation dans les chagrins, et avec qui nous sommes heureuse de partager nos bonheurs. La mort seule peut rompre les liens d'une véritable amitié.
Une camarade est une jeune personne qui partage nos travaux parce qu'elle se trouve dans la même situation que nous. Telles sont les écolières, les ouvrières d'un atelier. Entre camarades, on a des égards, des attentions, on se rend volontiers service ; mais il n'existe pas d'intimité proprement dite, c'est-à-dire de liaison etroite. On doit rechercher, dans la société d'une amie, la vertu qui constitue la beauté du sentiment qui nous unit à elle, la sincérité, le dévouement et le bon exemple. Pour conserver l'affection d'une amie véritable, il faut mériter son estime en pratiquant les vertus que nous venons d'indiquer et prouver que nos sentiments sont désintéressés. L'amie par intérêt n'est pas une amie reelle.
Une véritable amitié met tout en commun : la fortune, les qualités de l'esprit, les sentiments du cœur ; elle se manifeste par un continuel échange de bons offices ; l'amie devient pour nous comme notre conscience visible ; pour elle, rien de plus naturel que de se dévouer de s'intéresser aux nôtres, de nous ménager d'agréables surprises, d'adoucir nos peines, de soutenir nos espérances.
Les qualités que réclame la véritable amitié sont très difficiles à pratiquer : c'est pourquoi les amies sincères se rencontrent si rarement ; nous ne saurions donc trop les apprécier lorsque nous avons le bonheur d'en avoir.
Industrie.
- — LA HOUILLE.
- — Qu'est-ce que des escarbilles (1) ?
- — D'où provient la houille ?
- — Donnez un aperçu de la formation de la houille.
- — Où se trouvent en France des dépôts de houille ?
- — Comment est une mine de houille ?
- — Montrez combien est pénible le travail des mineurs.
- — A quels dangers sont-ils exposés ?
- — Comment prévient-on les explosions de gaz dans les houillères ?
La houille est un combustible minéral qui provient d'immenses tourbières où les végétaux accumulés ont subi d'abord une sorte de fermentation qui n'a laissé que le carbone, et c'est sous la pression des couches de terrain qui ont recouvert ces matériaux, et par l'action de la chaleur terrestre, que la tourbe s'est transformée en une matière bitumineuse laquelle développe, en brûlant, une chaleur considérable. La houille contient 72 à 99 p. 100 de carbone ; elle se divise en houille grasse à longue flamme, et en houille maigre ou anthracite à courte flamme.
Les principaux dépôts ou mines de houille de la France sont celles du bassin de l'Escaut, à Anzin et vers Valenciennes, — celles de l'Artois, à Lens et Somain, — celles du centre au Creusot, à Blanzy, à Montchanin, — celles du bassin du Cher supérieur, à Commentry. — d'entre la et le , à Saint-Etienne et Rive-de-Gier. — enfin celles des vallées de l' et du , à Alais, la Grand'Combe, Decazeville. Elles produisent de 120 à 130 millions de tonnes de combustible.
Une mine de houille se compose d'un ou de plusieurs puits qui
descendent jusqu'aux couches à exploiter, et de galeries en
nombre (1) On entend par escarbilles des
fragments de houille incomplètement brûlés qui se mlent aux cendres d'un
poèle ou d'un foyer.
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considérable. Ce sont de longs, étroits et obscurs
corridors creusés dans le charbon, et qu'on remplit de pierres à mesure
qu'ils ne servent plus.
Quelques-unes de ces galeries sont basses, mal aérées ; le mineur y travaille souvent couché sur le dos et de côté, frappant de sa pioche la couche de combustible, éclairé par une petite lampe fumeuse, et souffrant de l'extrème chaleur que l'on ressent toujours dans les profondeurs du sol. Parfois, il se dégage de la houille un gaz analogue au gaz d'éclairage ; s'il se trouve en contact avec une flamme, il prend feu et une explosion terrible se produit, renversant ou bouleversant la galerie et brûlant les mineurs.
On prévient cet affreux danger en munissant les ouvriers de lampes entourées d'une toile métallique qui ne laisse point passer la flamme, parce qu'elle la refroidit au contact des mailles du tissu de fils d'acier.
Économie domestique.
- — Comment peut-on employer la houille dans le ménage ?
- — Quels avantages présente-t-elle sur le bois et la tourbe ?
- — Quels en sont les inconvénients ?
La houille est employée dans le ménage, soit pour alimenter le feu des cheminées et des poèles, soit pour la cuisson des aliments dans des fourneaux de fonte, communément appelés cuisinières. Elle donne beaucoup plus de chaleur que le bois et surtout que la tourbe ; enfin, elle coûte sensiblement moins cher que le premier de ces combustibles. Toutefois, son usage présente certains inconvénients : elle dégage des vapeurs sulfureuses et bitumineuses malsaines à respirer, et elle salit les appartements, tant la fumée qu'elle produit est noire et épaisse.
- Comment récure-t-on les diverses pièces de la batterie de cuisine et principalement celles de cuivre ?
Les ustensiles en fer se récurent avec du grès et de l'eau seulement, en frottant avec un chiffon ou avec une petite lame de bois blanc. Ceux de fer-blanc ne pourraient souffrir le récurage au grès ; on doit se contenter de les mettre quelque temps dans de l'eau bouillante additionnée de beaucoup de cendre et de les frotter avec une torche de paille ou un chiffon. On conseille de tremper les objets de fer et de fer-blanc sujets à la rouille dans une eau de chaux vive, un peu épaisse, et de les laisser sécher. On les essuie ensuite et ils sont aussi brillants que s'ils sortaient de la main de l'ouvrier.
Les ustensiles en étain se nettoient parfaitement avec du blanc d'Espagne et de l'eau, et on les finit avec un chiffon sec.
Pour les casseroles et chaudrons de cuivre, on se sert de grès ou de sablon, mêlé à un demi-quart en volume de farine ; on frotte avec un chiffon en ajoutant de l'eau, ou encore avec la main, ce qui rend l'ouvrage plus parfait. On lave et l'on fait sécher. Les chandeliers et autres ustensiles se nettoient de préférence avec de l'eau de cuivre. On verse un peu de cette eau sur un chiffon de laine et on en frotte le cuivre, dont on a enlevé les matières grasses ; quand il est bien éclairci, on achève au moyen du tripoli sec en frottant avec un chiffon.
