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102. — Un Américain.
— Voici les grands boulevards, la Madeleine, copiée sur la Maison carrée de Nîmes, dit Mlle Villette; puis, La Maison carrée, à Nîmes, temple romain de l'époque d'Auguste, parfaitement conservé. dans le faubourg Saint-Honoré, le palais de l'Elysée, résidence du président de la République.
Comme on y arrivait, l'omnibus s'arrêta net : tous les voyageurs se penchèrent. Une voiture découverte, où se trouvait un monsieur, sortait du palais ; les sentinelles présentaient les armes.
— Le président ! le président !
C'était, en effet, le président.
— Mais il a l'air aussi simple que papa ! dit Suzette,
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comme l'omnibus suivait la voiture filant devant le
Ministère de l'Intérieur*Ministère de l'intérieur. Celui
qui veille à l'exécution des lois et à la bonne administration de la
France..
Une voix répondit :
— Pourquoi, Mademoiselle, un président de république ne serait-il pas simple, je vous prie ? Le voudriez-vous avec des yeux insolents et avec un grand plumet à son chapeau ? Nos présidents des Etats-Unis depuis Washington*Washington (1732 1799). Général et premier président de la république des Etats-Unis. se sont montrés simples aussi, comme votre papa, et comme moi.
L'Américain, un homme à figure barbue, joviale, qui parlait ainsi, avec une brusquerie agréable, était assis à côté de Suzette.
Mlle Villette, assise de l'autre côté, se pencha, regarda l'étranger, et lui trouvant honnête mine, continua la conversation, qui en vint vite aux écoles :
— Ah ! ah ! les écoles, oui, nous nous en occupons, Mademoiselle ! Dans le seul Etat de New-York, dont je suis, — et la république américaine compte quarante-neuf États — nous dépensons par an plus de soixante millions ; nous en dépenserons bientôt cent pour elles, toutes gratuites. Car nous savons que les écoles seules font les nations fortes et les peuples libres, comme l'ignorance fait les esclaves. Aussi, nous, Américains, nous léguons*Léguer. Donner une chose par testament. volontiers, en mourant, une partie de nos biens aux écoles qui nous ont rendus capables de mener notre vie et nos affaires.
Il tira un journal de sa poche, et frappant dessus :
— Voilà pourtant un Français qui, s'adressant aux paysans, ose écrire que « la France dépense trop pour ses écoles » ! Mais où donc veut-il qu'elle place mieux son argent ?
On arrivait à l'avenue*Avenue. Large allée bordée d'arbres. de Wagram qui débouche sur l'Arc de triomphe. L'Américain se leva, et, après un léger salut de la tête, descendit.
Questionnaire.
- — Qu'est-ce que la Madeleine ; — le palais de l'Elysée ?
- — Quelle personne sortait du palais au passage de l'omnibus ?
- — Quelle réflexion échappa à Suzette ?
- — Que dit un Américain voisin de la jeune fille ?
- — Quels détails donna-t-il sur les écoles des Etats-Unis ?
- — Pourquoi les citoyens des Etats-Unis attachent-ils autant d'importance aux écoles ?
- — Que font certains d'entre eux en mourant ?
- — Quelle remarque fit l'Américain au sujet d'un article du journai qu'il lisait ?
- — Où s'arrèta l'omnibus ?
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DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Morale.
- — LES ÉCOLES.
- — Ce qu'est une école.
- — Qui la crée ?
- — Qui fait bâtir l'édifice où on l'installe ?
- — De quoi se compose le mobilier d'une école ?
- — Utilité des écoles.
- — Combien y a-t-il de sortes d'écoles primaires ?
- — Qui les dirige ?
- — Qui les surveille et constate les progrès des élèves ?
Une école est un établissement où l'on enseigne, avec la lecture et l'écriture, les éléments des lettres, des sciences et des arts.
On applique quelquefois ce nom au local où l'école est établie.
Les écoles sont créées par l'État, qui nomme et paye les instituteurs et les institutrices chargés de les diriger. Les communes font bâtir le local où l'on installe ces établissements ; elles pourvoient à l'achat du mobilier nécessaire à la salle de classe et du matériel d'enscignement, comme les cartes, les tableaux d'histoire naturelle, les modèles de dessin.
Le mobilier d'une école se compose de tables avec siège, pour les élèves, d'un bureau pour la maîtresse, d'un poèle, d'encriers et de tableaux noirs.
Les écoles rendent de grands services, car les parents n'ont ni le temps ni souvent les connaissances nécessaires pour instruire leurs enfants, et dans ces établissements des fonctionnaires choisis par l'Etat donnent à la jeunesse l'éducation qui développe chez tous les facultés de l'âme, de l'esprit et du corps.
Il y a trois sortes d'écoles primaires :
Les écoles maternelles, pour les enfants de deux ans révolus à six ans ;
Les écoles primaires, pour les enfants de six à treize ans ;
Les écoles primaires supérieures, pour les enfants plus agès et munis de leur certificat d'études.
Les écoles maternelles sont confiées à des femmes qui prennent le titre de directrices d'écoles maternelles ; — les écoles primaires, à des instituteurs et à des institutrices qui ont droit au titre de directeur ou de directrice, si l'établissement à la tête duquel ils sont placés compte plusieurs classes ; — les écoles primaires supérieures ont un directeur et des professeurs munis au moins du brevet supérieur.
Dans chaque arrondissement, un inspecteur est chargé de surveiller les écoles et de constater les progrès des élèves ; il a pour collaberateurs des notables qui, sous le nom de délégués, s'enquièrent des besoins des établissements d'instruction et les signalent à l'autorité supérieure.
Instruction civique.
- — Quel est le titre du chef du gouvernement en France ?
- — Qui nomme le président de la République ?
- — Quels sont : la durée de ses fonctions, — son traitement annuel ?
- — En quoi consistent ses fonctions ?
- — Où réside-t-il ?
- — Quel était le titre du chef du gouvernement français en 1804, — en 1847 ?
Le chef du gouvernement français a le titre de président de la République ; il est élu par les sénateurs et les députes réunis à Versailles en Assembiée nationale ; la durée de ses fonctions est de sept ans, et il jouit d'un traitement de 1,200,000 francs.
Le président de la République fait exécuter les lois votées par les
Chambres, avec, le concours de ministres responsables dont il a le
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choix. Il a le droit de faire grâce ; il dispose de la
force armée ; il nomme à tous les emplois civils et militaires ; il peut,
sur l'avis conforme du Sénat, dissoudre la Chambre des députés avant
l'expiration de son mandat. C'est lui encore qui préside aux solennités
nationales et reçoit les ambassadeurs des puissances étrangères.
Le président de la République réside à Paris, au palais de l'Elysée.
En 1864, le chef du gouvernement français était un empereur ; avant 1847, c'était un roi.
Histoire.
- — Qui a fondé Nîmes ?
- — Qui l'a embellie ?
- — Qu'étaient-ce que les Romains ?
- — Que vous rappelle Wagram ?
- — Pourquoi élève-t-on des ares de triomphe et des colonnes sur les places publiques des grandes villes ?
- — Citez les ares de triomphe et tes colonnes historiques qu'on remarque à Paris.
- — Connaissez-vous des villes de France où les Romains ont bâti des arcs de triomphe ou des portes triomphales ?
Nîmes a été fondée aux temps les plus anciens de la Gaule par la tribu de Volces dont elle devint la capitale ; elle reçut une colonie de Marseille, et, vers l'an 120 avant J.-C., elle était soumise aux Romains. L'empereur Auguste y envoya une colonie de vétérans ; elle prit alors un rapide développement et atteignit une splendeur dont témoignent les magnifiques monuments qui sont encore debout.
Les Romains étaient un peuple du centre de l'Italie qui subjugua d'abord cette contrée, puis toutes les nations établies sur les rivages de la . Leur domination formait un immense empire de plus de 120 millions d'habitants.
Wagram, petit village de la basse Autriche, est célèbre par la victoire que Napoléon ler remporta sur les Autrichiens, les 5 et 6 juillet 1809, et par laquelle il les rejeta en Bohême.
On élève des arcs de triomphe et des colonnes de pierre ou de bronze sur les places publiques pour perpétuer le souvenir de conquêtes et de victoires. On remarque à Paris l'arc de triomphe de l'Etoile, élevé à la mémoire des immortelles campagnes de Napoléon Ier ; les portes Saint-Denis et Saint-Martin, qui rappellent les conquêtes de Louis XIV ; la colonne Vendôme, édifiée en souvenir de la campagne de 1305, et dont les plaques de bronze qui la revêtent ont été tirées des canons pris à Ulm et à Austerlitz ; la colonne de la place du Châtelet, la colonne de Juillet.
Les Romains édifièrent des arcs de triomphe ou des portes triomphales dans la plupart des grandes villes. Il en existe encore dans les villes de Saintes, Autun, Nîmes, Besançon, Orange.
