Suzette: a Digital Edition

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128. — Les Trois Agaces.

Elle le suivit en l'appelant, rouvrit cette porte, fouilla les alentours et revint désolée à la maison.


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Pourtant il n'est pas à cent lieues, monsieur François. Caché derrière le rucher, il attend que sa sœur soit rentrée. Alors, gagnant la haie, il escalade le vieux sureau qui la termine et saute.

Le voilà à terre, nez à nez avec une autre « ombre d'homme qui vaut cent femmes ». Celle là est en petite casquette sur l'oreille, blouse bleue toute neuve et cravate groseille ; c'est M. Vincent, tel que l'a dépeint Suzette.

D'un air faraud*Faraud. Fier de ses habits., il fume une cigarette ;

— Eh bien ? demande-t-il.

— Peuh !... répond M. François, je n'ai pas voulu en prendre de force.

M. Vincent sourit et dit :

— J'ai trente sous ; je régalerai ! tu me rendras ça quand tu pourras. Viens !

Il montre à l'horizon un petit village, et, un peu en avant du village, le cabaret des « Trois Agaces », une maison rouge entourée d'arbres verts.

C'est celle de sa tante Arzélie, qui a de la bière et des liqueurs comme on n'en boit pas dans tout le canton, des bocaux de cerises longs comme le bras, des bouteilles où nagent de petites paillettes d'or. Oui, on boit même de l'or chez la tante Arzélie Et quand on manque d'argent, elle fait crédit à ses neveux, et aux amis !

François résiste, jetant des regards du côté de sa propre maison, où il y a, non pas de ces bocaux de cerises et de ces bouteilles aux paillettes d'or, mais un cœur qui se désole, des yeux qui sans doute en ce moment pleurent sur lui.

— Non, dit-il, attendons que j'aie de l'argent.

M. Vincent se moque de lui : Oh ! oh ! le poltron ! Voilà bien un Dumay comme tous les autres ! Puis tirant de sa poche un paquet de cigarettes, il lui en offre une.

Doucement on la prend, on la regarde, enfin on Tige de houblon. La bière, boisson fermentée, est faite avec du grain de blé, d'orge et du houblon. Les peuples du Nord font de la blère leur boisson habituelle.
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l'allume. La fumée bleuâtre, poussée par le vent, file du côté des « Trois Agaces », et les deux ombres d'hommes finissent par suivre ensemble la fumée des cigarettes.

Le souper du soir attendit longtemps François.

Charlot était allé le guetter aux quatre points cardinaux. Pour distraire le chagrin de sa sœur, il proposa ensuite de lui lire quelques pages d'un livre pris le matin à la bibliothèque de l'école.

— Oui, lis, dit Suzette.

Il ouvrit le livre au hasard et lut :

Questionnaire.

  • — Où s'était caché François et que fit-il ?
  • — Parlez du triste individu qu'il attendait.
  • — Que se dirent-ils ?
  • — Qu'est-ce que Vincent montra à François ?
  • — Quel était le commerce de la tante Arzélie ?
  • — Pourquoi faisait-elle souvent crédit aux buveurs ?
  • — Pourquoi François résistait-il à l'invitation de Vincent ?
  • — Comment ce dernier vint-il à bout des hésitations de Francois ?
  • — Comment les deux ombres d'hommes se dirigèrent-elles vers l'auberge ?
  • — Pourquoi Suzette était-elle chagrine quand l'heure du souper fut venue ?
  • — Que lui proposa Charlot ?

DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.

Morale.

  • — LES MAUVAISES COMPAGNIES.
  • — Que dit un proverbe connu sur les fréquentations ?
  • — Que signifient ces mots ?
  • — Quels enfants et quelles gens une jeune fille se gardera-t-elle de fréquenter ?
  • — De qui fera-t-elle sa société habituelle ?

Un proverbe connu : « Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es », indique ce qu'il peut résulter des fréquentations. Si nous voyons habituellement des personnes honnêtes et vertueuses, nous nous formerons à leur modèle, tandis qu'en fréquentant des gens vicieux, on court grand risque de le devenir. Si, par certaines nécessités, nous sommes forcés d'avoir des rapports avec eux, il faut savoir regarder sans voir et entendre sans écouter, car il est difficile de résister à l'épreuve des mauvais exemples. Le vice d'abord effarouche, mais insensiblement on se familiarise avec lui ; la vertu est délaissée, les bons principes s'altèrent, et l'on ne s'en aperçoit que lorsqu'il n'est plus temps d'y remédier. L'oreille se blase, le cœur perd sa pudeur ; on finit par aimer ce qui repoussait, et des paroles on arrive aux actes qui achèvent de corrompre.

Une jeune fille se gardera de fréquenter les enfants de son âge chez lesquelles elle ne voit ni goûts sérieux, ni discrétion, ni amour du travail et de la propreté. Elle s'éloignera des grandes personnes dont les propos blessent la délicatesse et la pudeur. Elle fera sa société habituelle de celles de ses compagnes en qui elle remarquera une tenue modeste, une grande réserve dans les paroles, de la franchise, une gaieté qui ne s'épanche jamais mieux qu'au grand jour, des habitudes d'ordre et de soin. Toute fille négligente est a l'avance désignée pour le vice ; l'absence des occasions seule l'empêche de commettre le mal.

Industrie.

  • — BIÈRE ET HOUBLON.
  • — Avec quel grain obtient-on la bière ?
  • — Donnez une idée de la fabrication de cette boisson.

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  • — Qu'est le houblon ?
  • — A quoi sert-il dans la préparation de la bière ?
  • — Donnez une définition de la bière.
  • — Dans quels départements boit-on la bière de préférence ?

La bière est une infusion d'orge germée et de fleur de houblon qu'on soumet très légèrement à l'action du feu et à laquelle on fait subir la fermentation, sorte de décomposition donnant naissance à de l'alcool.

Pour fabriquer la bière, on fait germer les grains d'orge dans une pièce humide et chauffée ; ces grains, soumis à l'action légère du feu, se dessèchent et on les moud grossièrement, ce qui donne une farine appelée malt. On verse de l'eau tiède sur le malt, puis on y ajoute de l'eau de plus en plus chaude, de manière que le tout finisse par acquérir une température de 75 à 80°. Pendant ce temps, on remue bien la masse de temps à autre, et à la fin on la laisse reposer pendant quelques heures.

On tire le liquide obtenu auquel on a ajouté l'infusion de houblon avant de le faire bouillir ; dès qu'il est refroidi à 22°, on y ajoute de la levureLa levure est de l'écume de bière qu'on emploie comme levain. et l'on maintient la même température. Quand la fermentation provoquée par la levure est presque terminée, on tire la bière dans des tonneaux où la liqueur s'éclaircit au fur et à mesure que la fermentation s'achève.

L'infusion de houblon donne à la bière une saveur amère aromatique.

On boit de préférence la bière dans les départements où le raisin ne peut mûrir et où l'on ne récolte pas beaucoup de pommes à cidre, comme le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, l'Aisne.

Économie domestique.

  • — Calcul des dépenses annuelles d'un fumeur.


Tabac... 0 fr. 10X 305 =
Tabac... 0 fr. 10X 305 =
Pipes ou papier à cigarettes...... 0 fr. 60X 12 =
Pipes ou papier à cigarettes...... 0 fr. 60X 12 =
Blague à tabac... =0 fr. 65
Blague à tabac... =0 fr. 65
Boissons, rafraichissements....... 0 fr. 75X 5 ? =
Boissons, rafraichissements....... 0 fr. 75X 5 ? =
Total...
Total...

  • Que pourrait-on acheter pour le ménage ou payer avec cette somme ?

Avec cette somme, on pourrait acheter..... (s'inspirer du cours des denrées, des fruits, du cidre, du vin dans la localite, — du prix de la toile, du drap, des chaussures, des coiffures, — du prix de location d'un jardin, d'un verger, etc., etc.)

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