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122. — Après le départ.
Jacques partit au printemps pour Cherbourg. C'était l'acheminement vers les colonies.
Mais à la séparation, les cœurs furent fermes, les larmes se continrent : le sentiment du devoir est la plus grande des forces. On s'étreignit* S'étreindre. Se serrer dans les bras les uns des autres. longuement : Et au revoir le fils ! au revoir le frère !
Maintenant il fallait remplacer le soldat à la charrue.
M. François, grand garçon de mine joviale, pas trop laid, malgré son nez toujours en trompette, et de santé robuste, était le remplaçant désigné. Dès le lendemain, à l'alouette, le père lui dit :
— François, attelle la charrue.
— La neuve, papa ?
M. Dumay eut un soubresaut :
- La neuve ! y penses-tu ? la neuve entre tes mains, pour commencer ? La vieille, s'il vous plait ?
— Bien, papa.
Maître François sortit la vieille, puis les deux chevaux, le Pommelé et la Rousse, les attela. Ce fut fait en un tour de main. Suzette admira son agilité, et lui passa au cou, en bandoulière, un bissac de toile.
— Voilà ! dit-elle ; le bon laboureur a bon appétit ; tu trouveras là dedans un croûton frais, deux œufs durs et une poire pour ton déjeuner. Va, mon François, et travaille gentiment.
Le père, le fils et l'attelage s'en allèrent.
La charrue roulait sur le gravier de la rue en grinçant avec un cliquetis de ferraille, et François, tirant sur le cordeau, criait de toute sa voix : Hue ! hue ! en garçon qui n'est pas fâché d'attirer l'attention des voisins.
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Questionnaire.
- — Où Jacques alla-t-il rejoindre son régiment ?
- — Comment eut lieu la séparation ?
- — Quel était le remplaçant de Jacques à la charrue ?
- — Faites le portrait de François.
- — Quel dialogue eut lieu le matin entre François et son père ?
- — Que fit alors le jeune garçon ?
- — Que lui passa Suzette et que dit-elle ?
- — Comment eut lieu le départ pour le champ à labourer ?
DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Géographie.
(Il faudra marquer d'abord par des points Dunkerque, Calais, le cap Gris-Nez, l'embouchure de la Somme, celle de la Seine, la baie de Carentan au S.-E. de la presqu'ile de Cotentin ; ce qui permettra de tracer aisément le littoral. Figurer ensuite le parcours de la Somme, de la Seine, de la Marne, de l'Yonne, de l'Eure, de l'Orne, de la Vire; il sera alors facile de déterminer la position exacte des villes.)
Sciences naturelles.
- — LE CHEVAL.
- — Donner une idée de ce bel animal au point de vue de la forme, de la taille, du caractère, de ses aptitudes à servir l'homme.
- — Services qu'il nous rend.
- — Comment on doit le traiter, le nourrir.
- — Réflexions sur la brutalité de certains charretiers.
« Le cheval est, de tous les animaux, celui qui, avec une grande « Le cheval est, de tous les animaux, celui qui, avec une grande
« taille, a le plus de proportion et d'elégance dans les parties de
son« taille, a le plus de proportion et d'elégance dans les parties de
son
« corps ; la régularité de sa tête lui donne un air de légèreté qui
est« corps ; la régularité de sa tête lui donne un air de légèreté qui
est
« bien soutenu par la beauté de son encolure. Il semble vouloir se « bien soutenu par la beauté de son encolure. Il semble vouloir se
« mettre au-dessus de son état de quadrupède en élevant la tête ;
dans« mettre au-dessus de son état de quadrupède en élevant la tête ;
dans
« cette noble attitude, il regarde l'homme face à face ; ses yeux
sont« cette noble attitude, il regarde l'homme face à face ; ses yeux
sont
« vifs ; ses oreilles bien faites et d'une juste grandeur ; sa
crinière« vifs ; ses oreilles bien faites et d'une juste grandeur ; sa
crinière
« accompagne bien sa tête, orne son cou et lui donne un air de force« accompagne bien sa tête, orne son cou et lui donne un air de force
« et de fierté ; sa queue est formée de crins épais et longs qui
semblent« et de fierté ; sa queue est formée de crins épais et longs qui
semblent
« sortir de la croupe.« sortir de la croupe.
« Ce fier et fougueux animal partage avec l'homme les fatigues de « Ce fier et fougueux animal partage avec l'homme les fatigues de
« la guerre et la gloire des combats ; à la chasse, à la course, il
brille,« la guerre et la gloire des combats ; à la chasse, à la course, il
brille,
« il étincelle ; mais, docile autant que courageux, il sait réprimer
ses« il étincelle ; mais, docile autant que courageux, il sait réprimer
ses
« mouvements ; non seulement il fléchit sous la main qui le guide,« mouvements ; non seulement il fléchit sous la main qui le guide,
« mais il semble consulter ses désirs ; il se livre sans réserve, ne
se« mais il semble consulter ses désirs ; il se livre sans réserve, ne
se
« refuse à rien, sert de toutes ses forces, s'excède, et même meurt « refuse à rien, sert de toutes ses forces, s'excède, et même meurt
« pour mieux obéir. » (D'après BUFFON.)« pour mieux obéir. » (D'après BUFFON.)
Cet animal parait avoir été originaire de l'Asie, et sa domestication remonte aux temps les plus reculés. Il nous rend aujourd'hui mille services pour le transport des marchandises et des personnes, et ceux-ci sont trop connus pour qu'il soit nécessaire de les énumèrer.
Quand le cheval est bien traité, il a pour son maître un attachement et une fidélité inaltérables ; mais il ressent vivement l'injustice et se venge des mauvais traitements ; on a donc toutes raisons pour agir à son égard avec douceur et patience. Les charretiers qui le frappent sans motifs, comme cela se voit trop fréquemment, non seulement commettent un acte de lâche brutalité, mais compromettent leurs intérêts, car un cheval traité de la sorte ne rend pas tous les services qu'on serait fondé à attendre de lui.
On nourrit le cheval avec de l'avoine, du foin, de la paille principalement ; il aime à manger à des heures régulières et néanmoins supporte patiemment la faim lorsque les circonstances l'exigent.
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Hygiène.
- — Comment faut-il régler ses repas ?
- — Inconvénients de manger à toute heure.
- — Comment doit-on satisfaire son appetit ?
- — Quelles boissons conviennent le mieux aux jeunes filles ?
- — Qu'appelle-t-on enfants difficiles ?
- — Quelles sont les fâcheuses suites de ce travers ?
Les heures du repas ne doivent être ni trop rapprochées ni trop éloignées. Le temps nécessaire à la digestion des aliments varie de deux à cinq heures (1) ; c'est, en général, après ce dernier terme que l'appétit renait ; pour les grandes personnes, l'intervalle le plus convenable à observer entre les repas est de six heures, ce qui porterait à trois nos repas journaliers.
Les vieillards et les enfants mangent moins, mais plus souvent.
L'essentiel, à cet égard, est que les repas petits et fréquents, rares et copieux, se répêtent journellement avec régularité, que l'habitude ramène la faim aux mêmes heures afin que nos besoins soient satisfaits quand ils se font sentir.
Si l'on mange à toute heure, la digestion du repas précédent peut n'être pas achevée, elle se poursuit dès lors avec difficulté, et des maux d'estomac très douloureux, qui déterminent quelquefois de graves maladies, en sont presque toujours le résultat.
Manger de peu et peu à la fois est la règle universelle ; tous les animaux la suivent, excepté l'homme. Rien n’est plus sage que de se faire une mesure et de s'arrêter dés que l'appetit est satisfait.
Les boissons qui conviennent le mieux aux jeunes filles sont l'eau pure, le vin largement étendu d'eau, la bière legère, le cidre ; les boissons alcooliques ont des effets nuisibles sur la constitution, surtout dans le jeune âge, et les enfants n’en doivent user qu'en des circonstances exceptionnelles. L'usage du café noir et du thé leur est quelquefois préjudiciable et rarement nécessaire : le mieux est donc de s'en abstenir.
On appelle enfants difficiles ceux qui montrent de la répugnance pour un grand nombre d'aliments, et en géneral pour ceux qui conviennent le mieux à leur age. C'est un travers regrettable, dont la santé souffre toujours, et que les parents doivent combattre avec persévérance en même temps qu'avec prudence ; il trouble d'ailleurs l'ordre et le service des repas et impose aux mères un surcroit de travail dont elles se passeraient volontiers, étant donnée la multitude de leurs occupations.
