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105. — Jeunes travailleuses.
Après le repas et la récréation, on monta au premier étage, aux ateliers. Il y en avait sept : un pour chacune des professions enseignées : couture et confection, lingerie, blanchissage et repassage, broderie sur étoffe et d'ameublement, fleurs, corsets, modes.
Suzette suivit Mlle Villette dans celui de la broderie : quinze
métiers, quelques-uns avec leurs broderies déjà commencées, broderies de soies
nuancées* Nuancé. Qui présente dos couleurs disposées
de manière qu'il y ait une diminution insensible d'une couleur à l'autre.
, de fil d'or
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et d'argent, et de perles. D'autres, tendus d'une bande
d'étoffe, n'avaient encore que leur dessin indiqué par un trait. Il s'agissait
maintenant de colorier ce dessin par la broderie à l'aiguille ou au crochet.
Les doigts s'y mirent, doigts experts* Expert. Fort habitué à s'acquitter d'un travail des mains ou de l'esprit., agiles, soigneux, ou gauches et incertains. Mlle Villette corrigeait, conseillait, donnait un coup de main.
La directrice entra et, après un regard donné à cet atelier, emmena Suzette vers les autres.
Broderie sur éloffe au plumetis. Dans ce genre de broderie on représente en relief, avec du coton ou de la soie, des fleurs, des feuilles, des figures, des lettres.On parcourut rapidement ceux des corsetières, des modistes chiffonnant des nœuds, bouillonnant des ruches, transformant de raides carcasses de laiton* Laiton. Cuivre rendu jaune pur un alliage d'étain. , en coiffures coquettes et gracieuses ; puis l'atelier des repasseuses, tout agité, retentissant des coups de fer.
Et les fleuristes : une compagnie de fleurs et de jeunes filles. Une rose thé sortait d'un verre d'eau et, devant elle, une brunette la copiait, froissait joliment la mousseline en pétales.
On copiait ainsi des géraniums, des asphodèles*Asphodèle. Plante à racines charnues et nourrissantes., une grappe de glycine.
La directrice complimenta surtout l'auteur de cette glycine, merveilleuse de naturel et de fraîcheur.
— Achevez-la, dit-elle, nous la garderons pour l'exposition.
Et se tournant vers Suzette :
— Nous exposons les meilleurs travaux ici, et même aux expositions de la Ville de Paris. En voici qui y ont déjà figuré.
Dans une vitrine à côté elle montra de belles robes, ornées de broderies et de
perles ; d'élégants chapeaux ; des
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Instruments servant à la fabrication des fleurs artificielles. 1.
Ciseaux. — 2. Porte-bobines du fil qui sert à fixer les pétales autour du
cœur de la fleur. — 3. Outil-boule pour préparer sur une pelote les pétales
de roses. — 4. Outil-boule spécial pour les jacinthes. — 5. Pince dont
l'extrémité effilée sert à prendre la pâte pour coller les pétales et
l'autre bout pour saisir la fleur. 1. Boulage d'un pétale de rose. —2.
Patrons de différentes grandeurs d'une même fleur. Fabrication des fleurs
artificielles : 3. Montage d'une fleur. 4. Fleur complètement achevée.
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fleurs, des bouquets qu'on eût dits frais cueillis au
jardin.
Cinq heures et demie sonnèrent ; les classes étaient Formes variées de chapeaux non montés. — Nœud en soie, tout prêt à être posé par la modiste, finies. Suzette prit congé et s'en alla avec Mlle Villette, qui lui dit :
— Il y a d'autres professions féminines que notre établissement, encore jeune,
enseignera peu à peu : la peinture sur porcelaine, sur soie, sur ivoire, qui sont
des métiers artistiques ; la tapisserie à l'aiguille, fort délicate aussi ; la
passementerie.
Glycines. Jolies plantes grimpantes à fleurs bleues en
grappes.
Nombre de travailleuses distinguées en vivent, et cet enseignement est
donné dans d'autres écoles profes-
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sionnelles. Les amis de nos écoles, la femme
supérieure qui fonda la première pour les jeunes filles, Mme Élisa Lemonnier, ont voulu élever le rôle de
la femme et mettre en honneur, en le perfectionnant, le travail manuel. L'avenir
leur devra beaucoup.
Les deux dames rentrèrent ; Mme Richard les attendait, et retint à diner Mlle Villette :
— Il faut, lui dit-elle, que vous nous appreniez à manger vos olives et le reste des bonnes choses de ce panier.
Questionnaire.
- — Combien y avait-il d'ateliers au premier étage de l'école professionnelle ?
- — Qu'est-ce que Suzette remarqua dans l'atelier de broderie ?
- — Qu'y faisait Mlle Villette ?
- — Que vit-on dans l'atelier des modistes ?
- — Comment était celui des repasseuses ?
- — Que raconterez-vous de celui des fleuristes ?
- — Quels instruments servent à la fabrication des fleurs artificielles ?
- — Que se passa-t-il près d'une élève qui confectionnait une glycine ?
- — Que voyait-on dans les vitrines d'exposition de l'école ?
- — Qu'apprit Mlle Villette à Suzette sur les autres professions féminines enseignées dans l'établissement ?
- — Qu'est-ce que Mlle Elisa Lemonnier ? — Quels avantages présentent les écoles professionnelles ?
- — Où dina Mlle Villette et comment fut-elle invitée ?
DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Français.
- — Définir : une broderie, les confections, le crochet, le laiton, une rose thé, l'ivoire, la passementerie ; ce que c'est que chiffonner des nœuds.
Une broderie est un travail à l'aiguille sur quelque étoffe pour y faire des dessins ou des ouvrages en relief avec des fils d'or ou de soie, et même de coton.
On entend par confections des vêtements d'homme ou de femme fabriqués à l'avance et non sur mesure.
Le crochet est une sorte de broderie que l'on fait avec du fil et une espèce d'aiguille qui a un petit manche et dont la pointe est recourbée.
Le laiton est un alliage formé de 64 parties de cuivre, de 33 de zinc et d'une d'étain ; il est d'une belle couleur jaune et sert à la confection d'outils, d'ornements et de bijoux.
Une rose thé est une rose dont la couleur est d'un rose jaunâtre très clair : c'est une des plus élégantes variétés de cette fleur.
L'ivoire est le nom qu'on donne à la matière des dents d'éléphant, d'hippopotame et de morse, lorsque celles-ci ont été détachées de la mâchoire de l'animal pour être mises en œuvre.
La passementerie est l'art de fabriquer des tissus plats et un peu larges, de fils d'or, de soie, de laine qu'on met en guise d'ornements sur des habits ou sur des meubles.
Chiffonner un nœud, c'est le confectionner capricieusement et sous inspiration du moment.
Industrie.
- — Comment exécute-t-on une broderie : 1° sur une bande de mousseline ; — 2° sur canevas ?
- — Qu'entend-on par fleurs artificielles ?
- — A quels usages sont-elles employées ?
(Les élèves répondront sur les deux premières questions après qu'elles
auront eu sous les yeux une bande de mousseline brodée et un
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canevas monté sur lequel le travail est commencé.
Elles décriront ces travaux en indiquant avec ordre la suite des
opérations.)
On entend par fleurs artificielles certains ouvrages qui imitent à s'y tromper des fleurs ou des plantes à fleurs, et qui servent à faire des bouquets, à orner les coiffures de femme, à décorer les appartements.
Histoire naturelle.
- — LA ROSE.
- — Dire quelques mots du rosier, de la tige, des rameaux, des boutons ; parler ensuile de la fleur avec son calice, ses pétales, ses étamines, ses graines.
- — Principales espèces de roses ; ce qui les distingue.
- — Localités renommées pour la culture des roses.
La rose est la fleur d'un arbuste nommé rosier dont la tige et les rameaux portent des épines dangereuses. Au printemps, les rameaux se couvrent de feuilles dentelées, et bientôt apparaissent des boutons de forme ovale allongée, entourès des sépales qui formeront le calice lorsque la fleur aura atteint son développement complet.
Celle-ci, dont la couleur varie du rouge pâle au rouge violet, et dont certaines variétés sont blanches ou jaunes, présente un grand nombre de pétales ou feuilles, au centre desquelles apparaissent des étamines jaune d'or ; pétales et étamines exhalent une odeur délicieuse. Lorsque la fleur est flétrie, les pétales tombent et il apparaît une sorte de fruit verdâtre qui, à l'automne, prend une belle couleur rouge ; l'intérieur en est rempli de graines munies de piquants extrêmement déliés.
Les variétés de roses dépassent deux mille. La plus connue, dite rose de Provins, apportée de Syrie, dans cette dernière ville, au temps des croisades, est cultivée pour ses pétales avec lesquels on prépare le miel rosat ; on en fait aussi un sirop et une conserve. La rose à cent feuilles et la rose de Damas sont cultivées dans le midi de la France et aux environs de Paris ; elles servent à la fabrication de l'eau de roses l'essence de roses. On connait encore les roses thé, les roses mousseuses, la rose du Bengale, la rose grimpante à fleurs blanches, etc., etc.
Les localités les plus renommées pour la culture des roses sont, aux environs de Paris, Grisy-Suisnes et Brie-Comte-Robert ; puis viennent Provins, Lyon, Metz, Cannes, Hyères, Grasse, Nice.
