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65. — Vivent les explorateurs !
— Tous leurs devoirs, oui, Mademoiselle ; la femme arabe n'est pas la compagne de son mari, mais son esclave ; elle a les sentiments de l'esclave ; pas de liberté, pas de dignité* Dignité. Gravité noble qui commande le respect. ; elle fait partie des biens de son seigneur et maître avec le bétail.
— Nous avons bien fait de rester en France, dit en plaisantant Suzette à son père.
Est-ce que dans notre colonie africaine il y a un grand nombre de ces Arabes nomades ? demanda Jacques.
— Oui, un grand nombre ; mais les colons français
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commencent à s'établir jusque sur la
lisière du désert. Et le désert sera vaincu, se retirera peu à peu devant l'homme
civilisé, faisant jaillir les puits artésiens, apportant avec lui les graines, les
outils, le travail, l'audace* Audace. Excessive hardiesse.
qui doivent un jour vivifier*Vivifier. Ramener la
vie, la fertilité. ces immenses espaces de désolation. Il ya déjà
d'ailleurs des Arabes agriculteurs, ceux du Tell, région
montagneuse qui sépare l'Algérie proprement dite du grand
Sahara. Ceux-là sont des Arabes supérieurs , pleins de
dédain pour leurs frères, les pasteurs nomades. Ecoutez une de leurs poésies :
« O malpropres buveurs de lait caillé, toujours en marche comme les sauterelles !
ô destructeurs et pillards ! si nos marchés se fermaient devant vous, vous
mourriez de faim. Nous, nous avons de l'orge, du blé, du miel, du
Les sauterelles dévorent les feuilles et les liges des plantes.
L'olivier est un arbre des pays chauds ; il croit dans le midi de la
France. L'olive, écrasée au pressoir par une
meule, donne l'huile d'olive, la meilleure de toutes.
bois, de l'eau, des bains, des draps, des cotonnades, du sucre, du café,
des parfums, du fer, de l'acier, et tout en abondance. Nous sommes heureux. Campés
à la tête des sources d'eau vive, nous y vivons tran-
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quilles, sans être obligés de courir chaque jour après
chacun de nos besoins. »
— Voilà parler en braves travailleurs, dit M. Dumay. L'oïdium est un tout petit champignon qui s'attache aux vignes et les fait mourir ; on arrive à le faire disparaitre par le soufrage. — La vignette montre une grappe de raisin en bon état et une grappe de raisin attaquée par l'oïdium. Le phylloxera, au contraire, est un insecte ; il produit sur la vigne les mêmes effets désastreux que l'oïdium. La vignette montre cet insecte grossi soixante fois ; il s'attaque aussi bien aux feuilles qu'aux racines, qu'il dessèche, ainsi que le montre la vignette de gauche. Le sulfure de carbone a pu seul, jusqu'à présent, combattre sérieusement le phylloxera. Mais nos terres à nous, — il se tourna vers ses enfants: ces terres où un jour nous parlâmes d'aller, — que sont-elles, monsieur le voyageur ?
Des terres de bénédiction, Monsieur ! un ciel toujours bleu, des plantations d'orangers, de citronniers, d'oliviers ; des potagers splendides, de luxuriants*Luxuriant. Abondant à l'excès. vergers, des plaines de céréales, enfin le grenier d'où les vieux Romains tiraient le meilleur de leur subsistance.
Une exploitation de vignes en Algérie. Ayez soin que le vin en bouteilles soit toujours bien bouché ; sans cette précaution, l'air pourrait entrer peu à peu dans la bouteille et quand on déboucherait celle-ci, au lieu d'excellent vin, on trouverait du vinaigre.Et où nous finirons bien aussi par puiser largement ! interrompit Jacques, qui écoutait avec passion. Déjà
la terre algérienne, cette terre française, nous envoie son vin ; nous y avons
planté la vigne depuis
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que l'oïdium d'abord, ensuite le
phylloxera, ces deux malfaiteurs, ont tari les sources de notre vin de
France, comme pour nous enlever notre esprit et notre
force. Et jusqu'à ce que ces sources coulent de nouveau,
l'Algérie vendange pour nous du vin qui s'améliore
d'année en année. Elle deviendra notre cellier*Cellier.
Lieu au rez-de-chaussée où l'on serre le vin et d'autres provisions., et
aussi notre jardin, et il nous faut faire de tout ce continent africain un jardin
sans pareil ! Vivent les hommes qui ouvrent la route à ce grand avenir, les
explorateurs, pionniers* Pionnier. Travailleur qui ouvre
les chemins. de la civilisation, Caillié, Livingstone,
Stanley, Brazza, Soleillet, dont
j'avais déjà lu les noms !
Questionnaire.
- — Quelle est la situation de la femme arabe dans la famille ?
- — Ou trouve-t-on beaucoup d'Arabes nomades ?
- — Que font les colons en Algèrie ?
- — Que sont les Arabes de la région du Tell ?
- — Que dit, des nomades, une de leurs poésies ?
- — Quelle réflexion fit M. Dumay ?
- — Que dit Pascal de la terre d'Algérie ?
- — Quelles maladies ravagent les vignes de France ?
- — Que savez-vous de la culture de la vigne en Algérie ?
- — Que deviendra ce beau pays ?
- — Quels explorateurs nous ont fait connaître le continent africain ?
DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Sciences naturelles.
- — L'OLIVIER.
- — Décrire un olivier ; des olives.
- — Récolte de ces fruits.
- — Quelle région de France produit l'olivier ?
L'olivier est un arbre du tronc duquel s'élancent nombre de rameaux portant un feuillage vert grisâtre qui a toujours été considéré comme l'emblème de la paix. Il vit fort longtemps et ne peut croître que dans les contrées où la température de l'hiver reste douce et régulière, comme la Provence, l'Espagne, l'Italie, la Grèce, l'Asie Mineure, la Syrie.
Le fruit de cet arbre est de forme oblongue et il devient de cou leur vert sombre quand il mûrit ; il est charnu et renferme un noyau très dur ; les fleurs, blanches et petites, ont la forme de clochettes et sont réunies en grappes.
Les olives se récoltent à la fin de l'automne ; on cueille ces fruits à la main ou on les abat au moyen de gaules. On en tire une huile excellente pour la table.
On cueille aussi les olives avant leur complète maturité pour les confire dans le sel ; il s'en fait ainsi une grande consommation.
L'olivier prospère en France sur le littoral de la Méditerranée ; Marseille est le centre du commerce de l'huile d'olive.
- SAUTERELLES.
- — Décrire cet animal.
- — Que savez-vous de la sauterelle en France ?
- — Que savez-vous de la sauterelle dans l'Afrique septentrionale ?
- — Comment combat-on ses invnsions dans ce pays ?
La sauterelle ou locuste est un insecte ailé,
incapable de marcher, qui s'avance en sautant à l'aide de ses deux pattes
postérieures beau coup plus longues que les deux autres. Le mâle produit un
bruit aigu
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et monotone, connu sous le nom de chant de la
sauterelle, en frottant l'une contre l'autre ses ailes supérieures ou
élytres.
Les sauterelles sont répandues dans toutes les parties du monde ; on en possède plusieurs espèces en France ; la plus connue est la grande sauterelle verte à laquelle on donne à tort le nom de cigale. Elles vivent dans les prairies, dans les champs, sur les arbres et dévo rent les feuilles des végétaux.
Les criquets sont très bien conformés pour sauter et pour voler ; leur chant est plus varié que celui des sauterelles et provient du frot tement des cuisses de l'animal contre les élytres. Ils sont connus dans toutes les parties du monde, mais dans les pays chauds, et notamment en Algérie, ils se multiplient si prodigieusement qu'ils deviennent un véritable fléau. On les voit arriver en troupes innombrables qui forment dans l'air de véritables nuages ; ils s'abattent sur les champs, les bois, les prairies et, en quelques heures, sur une étendue de plusieurs kilomètres, toute végétation a disparu; tout a été détruit, seié, haché, dévoré. Quand le désastre est accompli, le terrible essaim s'enlève et repart pour de nouvelles dévastations.
Ces dangereux insectes ont souvent désolé l'Europe par leurs invasions.
On les repousse par la flamme, la fumée, en opposant des toiles à leur passage ; mais ces moyens sont presque toujours insuffisants contre la multitude de ces animaux.
Industrie.
- — FABRICATION DE L'HUILE D'OLIVE.
— On écrase les olives sous des meules verticales après les avoir renfermées dans des sacs de sparterie. L'huile ainsi obtenue est très douce, verdâtre et de qualité supérieure. A la deuxième opération, les noyaux sont broyés, et l'on obtient alors de l'huile de deuxième qualité ; sur le résidu, on verse de l'eau bouillante et l'on extrait de nouveau une dernière qua lité d'huile ; celle-ci n'est plus bonne que pour les usages industriels ou pour les lampes. Ce qui reste après cette opération est employé à la fabrication du savon.
- PUITS ARTESIENS.
- — Où descendent les eaux des terrains supérieurs ?
- — Qu'arrive-t-il lorsque ces eaux rencontrent des couches imperméables ?
- — Si l'on perce un trou jusqu'à ces couches, que voit-on ?
- — Qu'est-ce qu'un puits artésien ?
- — Donnez des détails sur l'un d'eux.
- — Quelle partie de la France a donné son nom à ces puits ?
Les eaux pluviales qui tombent à la surface du sol descendent dans l'intérieur de la terre jusqu'à ce qu'elles rencontrent une couche im perméable, et elles s'y accumulent en lacs souterrains ou bien coulent en suivant la pente du terrain. Si l'on fore avec une sonde un trou jusqu'à la rencontre de cette couche, l'eau jaillit si l'ouverture est à un niveau inférieur à celui du point où commencent à s'arrêter les infiltrations.
Un puits artésien est un trou très étroit foré à la sonde, d'où l'eau s'élève et sort sous forme de jets ou de ruisseaux abondants. Celui qu'on a établi à Paris sur la place de Grenelle a 543 mètres de pro fondeur et donne à la minute 3,000 litres d’eau à 27° de chaleur. Celui qu'on a creusé dans la même ville, sur les hauteurs de Passy, fournit jusqu'à 17 millions de litres par jour.
Les anciens Egyptiens et les Chinois savaient forer des puits artésiens ; en France, l'ancienne province d'Artois en possède depuis long temps un grand nombre; telle est l'origine de la dénomination sous laquelle on les connaît aujourd'hui.
