Suzette: a Digital Edition

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61. — Un baobab.

— Après des jours et des jours, nous entrâmes enfin en terre moins ennemie, non loin du fleuve . Et là nous attendait une découverte bien touchante, celle du monument funèbre d'une femme aussi célèbre par son courage que par son nom.

Ce monument était un baobab, arbre merveilleux qui atteint vingt à trente mètres de circonférence, quoique sa taille ne dépasse guère sept mètres.

Sur le tronc, et à hauteur d'homme, était gravé le nom de
Mme LIVINGSTONE.
Mme LIVINGSTONE.

La femme du grand explorateur l'avait accompagné jusque-là, à travers toutes les fatigues, tous les périls. — Par beau courage, par dévouement à l'humanité comme lui ! dit Suzette avec admiration.

— Oui, et elle était morte à cette place. Livingstone la mit en terre au pied de ce baobab qui portera loin dans le temps le nom de cette noble femme, car un baobab peut vivre six mille ans.


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Il y eut un instant de silence ; puis l'explorateur reprit :

— Toujours secoués entre les deux bosses de nos chameaux, nous allions atteindre un village africain. Nous étions moulus* Moulu. Sentir des douleurs par tout le corps par suite de fatigue. , maigris de dix ou douze kilos ; te souviens-tu de ma mine d'affamé, Sylvain ?

— Oui, Pascal, répondit Sylvain, qui écoutait avec autant d'attention que les autres.

— Enfin nous voilà en vue de huttes de bambous groupées au fond d'une verte vallée bordée de champs de manioc* Manioc. Arbrisseau dont la racine donne le tapioca. , de sorgho, de blé.

C'est dans ce pays que nous changeâmes de caravane. Celle-là allait à Tombouctou. Vous plaît-il que je vous y mène ?

— Nous vous en prions, Monsieur, dit Suzette. J'ai lu que c'est une grande et magnifique ville située aux confins du Soudan* Soudan. Région très chaude de l'Afrique au S. du désert de . , toute pleine de monuments, et d'ivoire, et de poudre d'or.

Questionnaire.

  • — Quelle découverte firent nos explorateurs dans la région du ?
  • — En quoi consistait le monument funèbre de Mme Livingstone ?
  • — Que savez-vous de cette femme dévouée ?
  • — Que fit son mari lorsqu'elle fut morte ?
  • — Que raconta Pascal des épreuves du voyage ?
  • — Où finirent-ils par arriver ?
  • — Quelle direction prirent-ils dès lors ?
  • — Qu'avait lu Suzette relativement à Tombouctou ?

DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.

Morale.

  • — Qu'entendez-vous par un explorateur ?
  • — Quel but se propose-t-il lorsqu'il entreprend un voyage ?
  • — Quelles difficultés, quels dangers présentent les explorations ?
  • — Que faut-il pour y réussir ?
  • — Quels services rendent les explorateurs ?
  • — Que pensez-vous de Mme Livingstone ?

On entend par explorateur un homme instruit et courageux qui parcourt les régions les moins connues et les moins civilisées du globe, afin d'en faire connaître les peuples, les produits, le sol et les curiosités de toute sorte.

Il se propose un but à la fois humanitaire et intéressé, car tous ses efforts tendent à initier ces peuples aux bienfaits de la civilisation et à provoquer des échanges au commun profit des acheteurs et des vendeurs.

Les entreprises de ce genre offrent non seulement de grandes difficultés pour le parcours de contrées dépourvues de voies de communication, où les forêts, les marécages, les montagnes offrent mille obstacles, mais elles présentent encore de redoutables dangers en raison de l'insalubrité du climat et de la barbarie des habitants qui menacent à chaque instant la vie de l'explorateur.


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Pour réussir dans les entreprises de ce genre, il faut joindre, à une santé de fer, une énergie, un courage que rien n'effraye, une persévérance invincible, beaucoup de prudence et de savoir, enfin des ressources pécuniaires considérables, pour l'achat des objets d'échange principalement.

C'est aux explorateurs que l'on doit la fondation des plus florissantes colonies ; l'histoire naturelle, la médecine, la géographie, l'histoire ont été enrichies par eux d'une foule de connaissances utiles et variées; ils ont établi des relations entre des peuples déshérités et les grandes nations qui dominent le globe.

Mme Livingstone, en secondant son mari dans sa double tâche de missionnaire et d'explorateur, a montré non seulement une grande tendresse conjugale, mais un courage et un dévouement qui méritent tous nos hommages.

Une Française, Mme d'Ujfalvy, et deux Anglaises, Mmes Blount et Baker, l'ont récemment imitée. Une Autrichienne, Mme Ida Pfeiffer, a fait davantage ; elle a entrepris seule plusieurs voyages dans les régions les moins connues de l'Afrique, de l'Asie et de l'Océanie.

Sciences naturelles.

  • — LE BAOBAB.
  • — Décrire cet arbre colossal ; parler de l'age des plus gros de ces arbres.
  • — Où les trouve-t-on ?
  • — Détails sur le sapin de la Californie.

Le baobab est peut-être le plus gros des arbres ; sa tige, qui n'a guère que 7 à 8 mètres de hauteur, mesure de 30 à 40 mètres de circonférence chez les sujets les plus vieux, auxquels on attribue près de six mille ans. Ce gigantesque végétal porte de longues branches horizontales qui lui donnent, au loin, l'aspect d'un dôme de verdure ; il ne croît qu'en Afrique.

Certains sapins de la Californie et des districts orientaux de l'Amérique anglaise atteignent des dimensions encore plus étonnantes. Il en existe qui mesurent jusqu'à 140 mètres de hauteur sur 30 à 40 mètres de tour. En Australie, on voit des eucalyptus de 160 à 170 mètres de hauteur. Ces merveilles de la végétation datent au moins de cinquante siècles ; on l'a constaté en comptant les couches des troncs d'arbres abattus.

  • LE MANIOC.
  • — Qu'est-ce que le manioc ?
  • — Comment fait-on perdre à la plante ses propriétés vénéneuses ?
  • — A quoi sert-elle ?

Le manioc, arbrisseau des contrées les plus chaudes de l'Amérique, a une racine volumineuse contenant, avec un principe vénéneux qui se détruit par le feu ou la fermentation, une grande quantité de fécule. Cette racine, râpée, pressée et séchée, donne la farine de manioc, qui est un aliment de grande valeur nutritive.

Le tapioca est cette même fécule séchée sur des plaques chaudes, cuite et agglutinée en grumeaux irréguliers. Elle remplace le pain pour les potages et elle entre de plus en plus dans la consommation ordinaire.

  • LE SORGHO.
  • — Décrire cette plante.
  • — Pourquoi la cultive-t-on ?
  • — Quelle partie de cette plante utilisons-nous pour le bétail ?

Le sorgho, originaire de la Chine, est une graminée dont une des variétés produit le millet. On le cultive dans le centre et dans le midi de la France pour ses feuilles qui donnent un fourrage estimé. Quelques peuplades d'Afrique fabriquent une espèce de bière avec le grain du sorgho.

Géographie.

  • — Dessiner la côte d'Afrique de l'embouchure du à notre colonie du Gabon.
  • — Figurer le cours du et celui du .
  • — Indiquer l'emplacement de Tombouctou.

(Se reporter à l'atlas en usage dans l'école.)

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