Suzette: a Digital Edition

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16. — Hésitations.

Que c'était beau sur la place ! les rangées de tentes de toile grise ou blanche, ornées de lambrequins* Lambrequin. Ornement qui pend aux contours d'un objet. de toute couleur flottant au vent ; des drapeaux, du bruit, de la musique !

Et quelle agréable odeur de gaufres ! les spacieuses
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narines de François étaient à une grande fête ; quelques bons morceaux de la pâtisserie dorée passèrent immédiatement par sa bouche, tout aussi affriandée* Affriandé. Attiré par quelque chose d'agréable..

Le plaisir coûta trois sous.

Charlot, lui, tenait la main de sa sœur en même temps que quatre sous donnés par le père pour qu'il les dépensât à son gré. Mais Charlot ne se pressait pas. Il semblait perdu dans ce tohu-bohu* Tohu-bohu. Grande confusion de gens. de magnificences. Et Jacques, qui marchait à côté de M. Dumay, regardait toute cette tentation, mais froidement, en ainé de la famille.

Les yeux de Suzette vaguant à travers les baraques Que c'était beau sur la place !
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aperçurent tout à coup des ribambelles de souliers à cheval sur de longues ficelles très tendues :

« A la chaussure du Juif-Errant! * Juif-Errant. Personnage qu'une légende représente comme devant marcher, errer, jusqu'à la fin du monde. Inusable! »

disait l’enseigne à grosses lettres jaunes sur toile rouge en même temps qu'un homme, du fond de la baraque, criait à tue-tête, un bras en l'air :

— Allons, la chaussure, inusable ! la chaussure du Juif-Errant ! C'est pour rien ! Tout à six francs quatre-vingt-quinze !

Et voilà ! Monsieur Charlot, essayez les souliers du Juif-Errant !

— Oh ! comme ils sont grands ! dit Charlot, après être entré dans une paire presque aussi aisément que dans la baraque.

— Grands ? pas du tout, c'est une idée. Tu mettras du coton au bout — je donnerai le coton par-dessus le marché ; — oui, le coton, les souliers, tout pour six francs quatre-vingt-quinze !

Le marchand, en parlant ainsi, avait l'air ravi de sa générosité et de sa marchandise.

— Ils sont grands, dit tout bas Suzette à son père, mais les pieds de Charlot ne vont pas rapetisser.

— Le voilà chaussé pour le restant de ses jours ! ajouta le marchand.

On était déjà loin avec les souliers qu'on entendait La tonte des moutons. Le produit de cette opération donne la laine qui sert à faire le drap, la flanelle, le mérinos, le cachemire, etc.; les principales fabriques de lainage sont à Tourcoing, Roubaix, Reims et Sedan. Le cotonnier. Cet arbrisseau est cultivé aux Etats-Unis, dans l'Inde, en Egypte et en Algérie ; la bourre qui enveloppe les graines du cotonnier est le coton. Nos principales manufactures de coton sont dans le Nord et dans la Seine-Inférieure.
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encore son boniment* Boniment, Annonce de charlatan. : « Inusable, inusable! la chaussure du Juif-Errant ! »

Maintenant il ne s'agissait plus que de la robe : bleue ? verte ? rouge ? orange ? jaune ? violette ? ou même de toutes ces couleurs à la fois ? Et l'étoffe ? s'il vous plaît : laine ? coton ? ou laine et coton ensemble ? Et le tissu ? cachemire* Cachemire. Tissu de laine très fin., sergé* Sergé. Etoffe de laine croisée., broché*Broché. Tissu dans lequel on a entremêlé des Dis de soie., cheviotte* Cheviotte. Etoffe de laine d'imitation ou de fabrique anglaise., bourrette* Bourrette. Étoffe faite de la soie grossière qui entoure le cocon du ver à soie., mérinos* Mérinos. Étoffe de laine très fine, moins cependant que le cachemire., popeline* Popeline. Étoffe dont la chaîne est de soie et la trame de laine. ?

Mme Valon, consultée la veille, avait opiné pour le sergé, étoffe résistante, souple, moelleuse à l’œil et préférable au cachemire, que l'usage rend luisant ; elle avait conseillé le bleu marine, qui sied aux jeunes et frais visages.

Suzette était très perplexe* Perplexe. Qui ne sait quelle résolution prendre. ; le papa, se fiant à elle, l'avait quittée pour aller à des affaires de graineterie. Immobile au milieu d'une allée, le doigt sur les lèvres, elle songeait.

Questionnaire.

  • — Que voyait-on sur la place où se tenait la foire ?
  • — Quelles choses acheta d'abord François ?
  • — Que faisaient Charlot et Jacques ?
  • — Que regardait Suzette ?
  • — Que criait le marchand ?
  • — Que disait Charlot en essayant la chaussure ?
  • — Que répondait le marchand ?
  • — Comment se conclut enfin l'achat des souliers ?
  • — Quel fut ensuite l'objet des préoccupations de Suzette ?
  • — Quel conseil lui avait donné Mme Valon, la veille du départ ?
  • — Qu'est-ce que le coton, la laine, le cachemire, le calicot, le sergé, le broché, la cheviotte, la bourrette, le mérinos, la popeline ?

DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.

Économie domestique.

  • — Comment appelle-t-on les mets préparés avec de la pâte, du beurre, du sucre et autres assaisonnements ?
  • — Quelles sont les diverses sortes de pâtisseries ?

On entend par pâtisseries des mets préparés au moyen de pâte pétrie avec de beurre, du lait, des œufs, et à laquelle on a ajouté divers assaisonnements dont le sucre est le plus important.

Les principales sortes de pâtisseries sont : 1° les entremets sucrés, tels que gâteaux et croquettes, pots de crème au chocolat ou au café, crème renversée, beignets, pommes au beurre , charlottes ; — 2° les tartes aux abricots, aux cerises, à la purée de pommes, aux prunes, à la frangipane ; — 3° les gâteaux ou galettes de ménage, biscuits de ménage, tôt-fait ou gâteau quatre-quarts, etc., etc.

Hygiène.

  • — Quels inconvénients présente l'abus des pâtisseries pour les enfants?
  • — Comment en doivent-ils manger ?

Les pâtisseries sont moins saines que le pain ; elles se digèrent facilement quand elles ne contiennent pas trop de beurre et de jaunes d'œufs. Mais comme le contraire arrive presque toujours, et que souvent aussi le beurre y est remplacé par des graisses de qualité inférieure, elles causent des indigestions aux enfants qui en abusent. On ne saurait trop les inviter à en user avec discrétion.

Industrie.

  • —LE CUIR.
  • — Comment prépare-t-on le cuir ?

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  • — Quelles peaux tanne-t-on ?
  • — A quels usages applique-t-on : 1° les peaux des bœufs et des vaches ;
  • — 2° des chevaux ;
  • — 3° des veaux, des chevreaux ?
  • — Quelles chaussures fabrique-t-on avec le cuir ?
  • — Quels sont leurs avantages et leurs inconvénients ?

Le cuir est la peau de certains grands animaux rendue imputrescible (non sujette à se pourrir) et propre à divers usages industriels, par une opération appelée tannage.

On prépare le cuir en faisant ramollir les peaux dans une eau courante ; puis on les débarrasse des poils et de tout ce qui peut adhérer à la face intérieure en les raclant avec un couteau d'une forme particulière. Cette opération terminée, on les plonge dans de l'eau de chaux et ensuite dans une eau acidulée qui les fait gonfler.

On dispose alors les peaux dans de grandes fosses cylindriques boisées, couche par couche, avec un lit de tan entre elles. (Le tan est de l'écorce de chêne broyée.) On y verse de l'eau qui dissout une certaine matière contenue dans le tan, laquelle pénètre la substance des peaux et les convertit en cuir après un séjour de 8, 10, 12 et même 14 mois dans les fosses.

Les peaux tannées sont assouplies et lustrées par des ouvriers appelés corroyeurs ; on peut alors les livrer à l'industrie.

On tanne les peaux des bœufs, des vaches, des veaux, des chevaux, des mulets, des ânes, pour en obtenir le cuir, Celles des moutons, des chèvres et d'autres animaux, préparées avec de l'alun, servent à la fabrication des gants et des doublures de chaussures.

Les peaux qui doivent conserver leurs poils sont également traitées par l'alun et le sel.

On emploie le cuir provenant des peaux de gros animaux à la confection des semelles, des malles ; — celles des chevaux servent pour les harnais, tandis que celles des veaux et des chevreaux sont préférées pour les empeignes, les sacs et divers objets légers d'usage commun.

Avec les cuirs et les peaux, on fabrique les chaussures suivantes : souliers, bottes, bottines, brodequins, pantoufles, galoches, etc. Elles protègent les pieds contre les objets durs qu'ils rencontrent sur le sol et les préservent des atteintes de l'humidité, ainsi que de l'influence du froid. Celles qui sont trop étroites ou à talons très élevés blessent le pied, le déforment et en font le siège de douloureuses infirmités.

Calcul.

— Calculer ce qu'une fillette de dix ans peut coûter pendant l'année à ses parents en chaussures de toutes sortes, selon qu'elle est ou non soigneuse. Etablir le compte détaillé.

On disposera ce compte de la manière suivante :

Chaussures d'hiver.

Sabots. . . . paires à. . . . . . . . . .

Galoches. . . . paires à . . . . . . . . . .

Souliers ou bottines . . . . . . . . . .

Raccommodage des galoches . . . . . . . . . .

— des bottines . . . . . . . . . .

Lacets, courroies . . . . . . . . . .

TOTAL . . . . . . . . . .

Chaussures d'été.

. . . . . . . . . .

. . . . . . . . . .

TOTAL. . . . . . . . . . .

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