Suzette: a Digital Edition

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144. — Trois ans après.

Deux fillettes, un bambin, rieurs et bruyants, précèdent la famille.

Derrière eux, Louis et Madeleine, Jacques et Cécile vont gaiement. Ils sont suivis de Charlot, de Marthe, de Mme Richard donnant le bras à M. Cartier, et de M. Dumay, qui tient par la main une petite fille de dixhuit mois, Marguerite.

Marguerite, aux joues rondes, aux yeux clairs, rayon-
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nants d'esprit et de bonté, est la chérie du vieillard, qui l'appelle Suzette II.

Auprès d'elle, sa mère et Sylvain ; puis M. et Mme Valon avec leurs enfants, et un grand garçon de bonne mine, le nez en trompette, M. François, maintenant mécanicien distingué.

Toute la famille s'est réunie pour ce beau jour de septembre: c'est l'anniversaire du double mariage de Suzette et de Jacques, et c'est aussi l'anniversaire de naissance du père.

Il a voulu rassembler tous les Dumay. Et ils sont venus se ranger autour du chef de la famille. Seul Pascal manque.

Pascal accomplit à cette heure le voyage d'exploration que, par un coup de mémoire anticipée, il était venu raconter jadis. Il a suivi l'expédition de Brazza et compte, au printemps prochain, faire une visite à ses vieilles connaissances, les Touaregs, le , etc.

Sa mère donne de ses nouvelles, tout en montant la petite côte au haut de laquelle on va déjeuner sur l'herbe. Le déjeuner est arrivé le premier.

C'est Ludivine qui, là-haut, garde les plats, les bouteilles, — la pauvre Ludivine décrépite*Décrépite. Usé, cassé comme un vieillard., misérable, ruinée par monsieur son fils, et qui vit maintenant des petites commissions qu'on lui donne dans les deux fermes. Avec ses secrets, c'est tout ce qui lui reste. Le père Benoît, plus heureux qu'elle, est mort.

La caravane familiale passe le long des champs. Complaisamment M. Dumay en montre de joyeux, gras et choyés : ceux-ci sont de Fragicourt, ceux-là de BoisMaillard, les perles du pays !

Mais sa petite fille Marguerite le ramène à une autre question. Elle veut arriver la première à ces buissons, là-bas.

Obéissant, il la met sur son dos.

— Et vite, vite, grand-père !

Il presse le pas et si bien qu'il prend la tête. Bientôt, au haut de la colline, les deux silhouettes, la grande et la petite, se dessinent sur le fond clair du ciel.
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Comme si elle avait conscience du radieux tableau qu'elle offre en ce moment à tous les regards, Marguerite pousse un triomphant cri de joie.

Son visage, ses beaux et bons yeux d'enfant aimé, sain et charmant, jettent un rayonnement de vie qui pénètre tous les cœurs.

Sylvain, attendri, prend la main de sa femme. Il montre au loin la ferme, nichée dans la verdure.

Et Suzette presse cette main. Elle a compris :

C'est ici, en ce même endroit, qu'un jour, le pauvre garçon solitaire, abandonné, avait rèvé le foyer, la famille, la communauté de tendresse, de peines et de joies qui sont le meilleur de cette vie.

Et maintenant, il les avait !

Questionnaire.

  • — Quels petits personnages précédaient la famille ?
  • — Qui venait derrière dans cette promenade ?
  • — Faites le portrait de Marguerite.
  • — Qui se trouvait auprès de la charmante enfant ?
  • — A quelle occasion se réunissaient la famille et les amis ?
  • — Qui manquait seul, et pourquoi ?
  • — Que devait-on faire au sommet de la colline ?
  • — Quel était le rôle de Ludivine dans cette réunion, et comment lu retrouvait-on ?
  • — Que montrait M. Dumay à ses hôtes ?
  • — Que lui demanda Marguerite ?
  • — Comment apparurent-ils tous deux au sommet de la colline ?
  • — Quel aspect joveux présentait le visage de l'enfant ?
  • — Que fit Sylvain ?
  • — Que lui rappelait-ce lieu ?
  • — Qu'avait-il maintenant ?
FIN DE SUZETTE.
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