Suzette: a Digital Edition

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108. — Heureuses gens.

On entra. Quelle chaleur !

Une température d'étuve* Étuve. Lieu clos dont on échauffe plus ou moins la température., trente degrés centigrades, constatés par un gros thermomètre*Thermomètre. Instrument pour indiquer les degrés de chaleur ou de froid. pendu au mur. Au milieu de la pièce, sur une table , plusieurs boîtes. La première, fermée, était munie, sur un côté, d'un petit vitrage derrière lequel se voyaient des œufs de poule , mollement couchés sur de l'ouate. La boîte, la couveuse artificielle, maintenait à la température où ils se trouveraient sous le corps de la poule.

Couveuse artificielle.

Les petits sont éclos. En voyez-vous dans la sécheuse, cette cloche, tout à côté, chaufée et douillettement capitonnée*Capitonné. Rembourée, matelassé. de duvet ? Et séchez-vous, petits poussins !

(1) Le sot-l'y-laisse est un morceau placé sous la cuisse, å la naissance de l'aile, dont la chair est très délicate, quoique moins blanche.
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Vous voilà secs, et en disposition de quelque chose, hein ?

Bon ! autre appareil. Là, des appropriées à la petitesse de votre bec d'enfant ; et aussi du gravier pour votre bonne digestion , et de l'eau ; et la plus étrange, la plus curieuse, la plus belle chose de l'endroit, une mère artificielle !

Gaveuse pour engraisser les volailles.

Cette mère est un abri, en forme de deux ailes soulevées, rembourrés de plumes tièdes et douces. Tout y est, sauf le gloussement affectueux de la maman répondant à vos pépiements légers.

Mais les petits sont gens d'estomac plutôt que de sentiment ; ils becquètent, grattent, mangent à plaisir, sans songer aux gloussements absents.

Ils grandissent et échangent bientôt leur duvet jaune pour les plumes de l'adolescence.

Alors, comme ils eussent déserté l'aile maternelle, ils désertent l'aile factice*Factice. Qui imite les choses naturelles., et on les porte au grand air.

Cocorico ! cocorico ! Ah ! se font-ils de la joie et du muscle sur cette jolie pelouse !

Mais, cela fait, on vous reprend les petits messieurs qu'il ne s’agit plus que d'engraisser ; on vous les met en cellule, dans cette tour mobile La rôtissoire mècanique. Ce système de mise à la broche pour les volailles est très usité à Paris et dans les grandes villes ; il fonctionne par la chateur même du foyer ; , dans son mouvement ascensionnel, fait tourner les aubes du moulin a que l'on aperçoit au-dessus de la cheminée, moulin qui communique le mouvement aux broches par un système d'engrenages fixés à l'axe b.
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sur un pivot. La tour se meut. Les cous des captifs s'allongent par une meurtrière*Meurtrière. Ouverture étroite pratiquée dans une muraille fortifiée et par laquelle on tire à couvert sur l'ennemi.. Les uns après les autres ils reçoivent, par un tuyau que dirige un employé, la pâtée cuite, mouillée, salée à point. Il faut s'engraisser ou dire pourquoi !

La gaveuse est le lieu de bénédiction, c'est la grande et tranquille gogaille*Gogaille. Repas joyeux. à l'abri de la fouine, du renard, de la pluie et du soleil.

Enfin, nous sommes gavés ! superbes d'embonpoint ! nous sommes d'admirables pelotes de graisse, et nous sortons de la tour hospitalière !

Et où allons-nous, maintenant, ô mes gras, mes insoucieux amis ?...

A la broche !

Questionnaire.

  • — Parlez de la température de la couveuse.
  • — Que voyait-on au milieu de la pièce ?
  • — Qu'y avait-il dans chaque boîte ?
  • — Comment la couveuse agit-elle sur les œufs ?
  • — Que remarquait-on sous la sécheuse ?
  • — Que voyait-on dans un autre appareil ?
  • — Décrivez la mère artificielle.
  • — Que sont les petits poulets et que font-ils ?
  • — Où les porte-t-on quand ils ont grandi ?
  • — Où vont-ils ?
  • — Pourquoi les met-on en cellule ?
  • — Parlez de la tour mobile et de la singulière manière de nourrir les petits poulets.
  • — Qu'est la gaveuse pour ces jeunes oiseaux ? 
  • — Et qu'advient-il enfin des poulets ?

DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.

Sciences naturelles.

  • LE THERMOMÈTRE.
  • — L'eau, en s'échauffant, augmente-t-elle ou diminue-t-elle de volume ?
  • — Exemples.
  • — En est-il de même pour les autres liquides ?
  • — Si l'on met de l'esprit-de-vin ou du mercure dans un tube, qu'adviendra-t-il quand ces liquides s'échaufferont ? 
  • — Décrire le thermomètre.
  • — Comment est-il gradué ?
  • — Ses usages.

En s'échauffant, l'eau augmente de volume, et il est facile de le constater en plaçant un vase plein devant un feu vif ; peu de temps après que le liquide a subi l'influence de la chaleur, il déborde. C'est une propriété commune à tous los corps qui sont en cet état à la température ordinaire ; par exemple, au mercure et à l'esprit-de-vin. Si l'on en introduisait dans un tube formé à la partie inférieure, laquelle serait soumise à l'action d'un foyer allumé, ces liquides monteraient rapidement dans le tube en question, preuve évidente de leur dilatation sous l'influence de la chaleur.

Cette propriété a été appliquée à la mesure de la température des corps et l'on a imaginé à cet effet un instrument nommé thermomètre . Il se compose d'un tube fin comme un cheveu à l’intérieur, soudé à un réservoir cylindrique de même matière. Le réservoir ainsi qu'une partie de la tige sont remplis de mercure ou d'alcool, et une échelle graduée, tracée sur une règle plate à laquelle le tube est fixé, fait connaître, par l'examen ou le compte des divisions, la dilatation du liquide et, par suite, l'intensité de la chaleur.

Le thermomètre compte 100 divisions égales ou degrés entre la température de la glace et celle de l'eau bouillante. Il sert à mesurer
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la température de l'air, des liquides, du corps des malades, d'une chambre, etc.

  • LA DIGESTION.
  • — Comment introduit-on les aliments dans l'estomac ?
  • — Fonction des dents, de la salive, de la langue.
  • — Que se passe-t-il dans l'estomac ?
  • — La bile. 
  • — Que deviennent les aliments après leur sortie de l'estomac ?

La digestion est une fonction naturelle des animaux qui a pour objet : 1° de transformer la partie nutritive des substances alimentaires en un liquide propre à se mêler au sang pour nourrir le corps ; —  2° de séparer la partie nutritive des aliments d'avec les parties qui ne possèdent pas cette qualité et qui doivent être rejetées.

C'est dans la bouche que se passe le premier acte de la digestion. Les aliments y sont broyés par les dents, opération très importante, parce qu'à mesure qu'ils sont divisés, ils sont humectés de salive, et ce liquide facilite le travail de décomposition dont on va parler. De la bouche, la nourriture, réunie en une masse arrondie, est soulevée par la langue et précipitée dans l'estomac par le canal de l'œsophage.

L'estomac est une grande poche membraneuse dont les parois sécrètent un liquide doué de la propriété de réduire les aliments en une substance semi-liquide à laquelle on donne le nom de chyme.

Le chyme se rend, par l'ouverture du pylore, dans l'intestin grêle où il se mélange avec la bile, matière verdâtre, de saveur amère, que produit le foie, organe situé à côté de l'estomac. Les parois de l'intestin absorbent une partie du nouveau liquide, lequel entre dans la circulation du sang par des vaisseaux très minces débouchant, d'une part, dans l'intestin grêle et, de l'autre, dans une veine voisine du cœur. Ce qui reste ne peut servir à la nutrition et passe dans le gros intestin.

Économie domestique.

  • — Lorsqu'on digère mal, que doit-on prendre ?
  • — Quels soins faut-il donner aux enfants, en cas d'indigestion ?
  • — Quelles sont les causes qui peuvent amener des indigestions ?
  • — Citez les aliments qui sont le plus indiges-tes pour les enfants.

Lorsque la digestion se fait difficilement, on conseille de prendre un exercice modéré, tel que la marche dans la chambre, ou mieux au dehors, s'il se peut. Mais au cas où le malaise persisterait, il faudrait boire une infusion de thé bien chaude ou de camomille ; on provoquerait les vomissements, en chatouillant le gosier avec une plume, si la personne n'éprouvait aucun soulagement. Ensuite, il est nécessaire de coucher le malade et de lui faire prendre l'une des infusions citées précédemment.

Les causes qui peuvent provoquer des indigestions sont nombreuses : l'excès de nourriture, l'absorption de mets lourds à l'estomac, un exercice trop violent avant ou après le repas. Comme ces indispositions ont souvent un caractère dangereux, les parents tiendront à nourrir de préférence les enfants avec une soupe le matin ; vers onze heures, un œuf à la coque, un peu de viande et des légumes ; à trois heures, légère collation faite à la promenade ou à l'air libre, composée de pain et de fromage, de confitures ou de chocolat ; le soir, ils dîneront avec de la soupe, de la viande, un légume, un fruit ou quelque friandise. Des aliments simples et doux, d'une préparation naturelle, assaisonnés d'un peu de sel, des viandes bien cuites, des repas à des heures réglées, constituent pour eux le régime le plus favorable.

Evitons de leur donner des viandes trop cuites et des mets trop épicés, de la chair de porc sans légumes, des aliments très gras, des fruits à demi mûrs ; ils les digéreraient avec difficulté, même dans les meilleures conditions hygiéniques.

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