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98. — Barthélemy Thimonier.
A table, au déjeuner, on parla de cet exploit, car une
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robe, faite en si peu de temps, et de nos propres mains, ou
à peu près, cela peut compter pour un exploit !
Puis, le mécanicien Louis étant là, Suzette voulut connaître le mécanisme de la couseuse. Un moment Louis resta songeur.
Le Palais de Justice, à Lyon, et le coteau de Fourvières.— Connais-tu le nom de Thimonier ? demanda-t-il ensuite.
— Thimonier ?...
— Eh bien ! retiens ce nom ; répands-le surtout parmi les femmes. C'est le nom
encore à peu près inconnu de l'inventeur de la machine à coudre, un pauvre ouvrier
de génie, presque aussi malheureux que Denis
Papin. Barthélemy Thimonier,
fils d'un teinturier de Lyon, cette ville si riche en
hommes illustres, parmi
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lesquels le grand ouvrier Jacquard, était un tailleur
d'Amplepuis, dans le
Lyonnais.
Un jour, l'idée de la couture mécanique*Couture méchanique. Faite au moyen d'une machine. le saisit et ne le quitta plus qu'après exécution...
L'œuvre, très laborieuse, enfin accomplie, il se dit : Voilà certainement une bonne et belle trouvaille pour l'industrie du vêtement et du linge ; et voilà aussi du pain pour mes nombreux enfants !
Le besoin de ce pain pressait ; le tailleur était pauvre. Il parla de son invention, la montra. On se moqua d'elle et de lui.
Il pensa alors qu'on n'est pas prophète dans son pays et qu'il devait aller à Paris, où il y a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre.
— Bon ! mais l'argent pour prendre la diligence ? de Lyon à Paris on compte cent vingt lieues.
Eh bien ! il les fera à pied, ces cent vingt lieues, sa machine sur le dos. Seulement il faut manger en route. Et comment ?... Tiens, parbleu, en montrant sa machine !.. Qui, mais si elle n'intéresse pas plus les aubergistes de la route que les gens d'Amplepuis ?
Les inventeurs sont industrieux. Thimonier se fabrique des marionnettes, un polichinelle, un commissaire, un arlequin*Arlequin. Personnage de comédie dont le vêtement est formé de pièces de diverses couleurs., un paillasse, une Colombine*Columbine. Personnage de comédie : la femme de Polichinelle.. Puis il loge dans une caisse ces messieurs et cette dame en compagnie de son invention. Il embrasse sa femme et ses enfants, leur laisse ses dernières pièces de monnaie qui leur permettront d'attendre son retour. Et le voilà parti !
Il marche. Les villages succèdent aux villages, les villes aux villes. Il s'arrête ici et là ; quand l'estomac crie, il ouvre sa caisse, tire sa couseuse, l'explique en la manœuvrant :
Questionnaire.
- — De quelle chose parla-t-on au déjeuner ?
- — Que voulut connaitre Suzette ?
- — Qu'était Thimonier ?
- — De qui était-il fils et où exerçait-il la profession de tailleur ?
- — Quelle idée lui vint à l'esprit ?
- — Que se dit-il après avoir réalisé sa découverte ?
- — Comment sa découverte fut-elle accueillie dans sa petite ville ?
- — Où forma-t-il le projet de se rendre ?
- — Quelle difficulté présentait le voyage ?
- — Que fabriqua-t-il pour so procurer des ressources pendant la route ?
- — Racontez comment il partit, et ce qu'il faisait dans les localités où il s'arrêtait.
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DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Morale.
- — Quand dit-on qu'un enfant met de la persévérance dans ses travaux ?
- — Quels sont les avantages de la persévérance ?
- — Donnez des exemples choisis dans la vie de l'école ; — dans celle de grands inventeurs : — dans celle de Christophe Colomb, de Jacques Amyot, de Brémontier.
Persévérer, c'est continuer à faire une chose bonne et utile jusqu'à ce qu'elle soit achevée, et cela sans nous laisser décourager par les obstacles et les circonstances. Une jeune fille montre de la persévérance dans ses travaux lorsque, après avoir pris la résolution de les accomplir, elle se met à la tâche avec une ardeur que rien ne suspend ou n'interrompt, quelles que soient les difficultés qu'elle rencontre.
« La persévérance produit de grandes choses, moins encore parce « La persévérance produit de grandes choses, moins encore parce
« qu'elle ajoute le temps au temps, que parce qu'elle défend à la « qu'elle ajoute le temps au temps, que parce qu'elle défend à la
« pensée de s'égarer, et refoule sur une même idée toutes les forces « pensée de s'égarer, et refoule sur une même idée toutes les forces
« de l'esprit. Seule elle procure aux talents la gloire et aux vertus « de l'esprit. Seule elle procure aux talents la gloire et aux vertus
« leur couronne : ce n'est pas à celui qui a commencé, mais à celui « leur couronne : ce n'est pas à celui qui a commencé, mais à celui
« qui a persévéré jusqu'à la fin, qu'est réservé le succès. » — Araignée,
disait un poète danois célèbre, c'est toi qui m'enseignes la persévérance ;
au lieu de te décourager, lorsque ta toile se déchire, tu recommences
toujours sur nouveaux frais ; et c'est ainsi qu'il faut être pour atteindre
le but auquel on aspire.
Quelles sont les premières dans les divisions de l'école ? quelles sont les élèves qui réussissent le mieux aux concours ? est-ce celles qui ont l'esprit le plus vif, la mémoire la plus fidèle ? — Non, mais bien les jeunes filles qui poursuivent, courageusement et sans interruption ni défaillance, les études commencées.
Souvenons-nous de Bernard Palissy, l'inventeur des poteries émaillées, qui dut travailler plus de trente ans avant de découvrir le secret des artistes italiens ; — de Fulton, dont nous avons récemment raconté l'histoire émouvante ; — du czar Pierre le Grand qui, pour s'initier aux industries des nations civilisées, s'astreignit aux travaux les plus fatigants et qui resta trois ans à Saardam, en Hollande, comme ouvrier charpentier, afin d'apprendre l'art de construire les navires.
Christophe Colomb (1440-1505), persuadé qu'il existait un nouveau monde au delà de l', sollicita, pendant plus de vingt ans, les moyens d'équiper les navires qui lui permettraient de faire le voyage nécessaire. Il obtint enfin quelques bâtiments et découvrit ainsi l'Amérique. Après quatre voyages successifs, il fut abandonné de ses protecteurs Ferdinand II et Isabelle, et mourut dans la misère.
Jacques Amyot (1513-1593), pauvre enfant sans ressources, dévoré de l'amour de la science, travaillait pendant le jour comme domestique dans un collège de Paris, et consacrait la plus grande partie de la nuit à l'étude. Tant de courage fut récompensé ; il devint précepteur des fils de Henri II, grand aumônier de France et évêque d'Auxerre.
Brémontier, célèbre ingénieur, frappé des désastres que causait la marche en avant des dunes de Gascogne, entreprit de les arrêter par des plantations. Il dut chercher longtemps la plante propre à atteindre ce résultat, faire de nombreux essais, puis vaincre, avec les préjugés des paysans ignorants des Landes, les embûches de ses ennemis : rien ne le découragea. Grâce à lui, les dunes de Gascogne sont fixées et ne recouvrent plus la plaine de leurs sables stériles ; mieux encore, l'État possède près de cent mille hectares de forêts créées par le procédé du savant ingenieur (1738-1809).
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Géographie.
Lyon (350,000 hab. ) est situé au confluent de la et du , à 512 kilomètres de Paris ; c'est la seconde ville de France, et elle comprend, outre l'ancien Lyon fondé au premier siècle de l'ère chrétienne, les faubourgs de la Croix-Rousse, de Vaise, de la Guillotière et des Brotteaux.
Cette ville a des rues et des places magnifiques ; parmi ses édifices, nous citerons l'Hôtel de ville, la Bourse, le Palais de Justice, l'Hôtel Dieu, le palais des Beaux-Arts ou palais Saint-Pierre, la cathédrale, la vieille église d'Ainay et celle de Fourvières construite sur l'emplacement de l'ancien forum, l'hospice de l'Antiquaille, le Grand-Théâtre et des ponts remarquables sur le Rhône et la Saône.
L'industrie de la soie, importée par les Italiens au dixième siècle, a élevé cette ville à la haute position qu'elle occupe dans l'industrie française ; on y compte 70,000 métiers et environ 140,000 ouvriers dont un certain nombre travaillent ou demeurent dans la banlieue. Les usines métallurgiques, les fonderies de cuivre, de bronze, les teintureries, les chapelleries, les brasseries, les bijouteries en faux, donnent lieu à un chiffre d'affaires considérable.
Le commerce de Lyon porte principalement sur la soie, dont il importe 180 à 200 millions pour les besoins des manufactures et dont il exporte 250 millions, en produits manufacturés, surtout en Angleterre et en Amérique. Il comprend encore les vins et les eaux de-vie, les lainages, les cotonnades, les draperies, la houille, les marrons, les articles de charcuterie, d'épicerie, de droguerie. (Pour le tracé de la carte, consulter un bon atlas.)
Industrie.
- — Qu'est-ce qu'un tailleur ?
- — Que confectionne-t-il ?
- — Quelles étoffes emploie-t-il, selon les saisons, pour les genres divers de vêtements ?
- — Qui, dans la famille, peut remplacer le tailleur pour les petits garçons, et comment la chose réussira-t-elle ?
On appelle tailleur d'habits celui qui confectionne des habits, et principalement des habits d'homme, tels que paletots, redingotes, habits, gilets, pantalons, vestes, pardessus, manteaux, etc.
Les étoffes qu'il emploie sont :
Pour les vêtements d'hiver, les gros draps, les draps moutonnés ; pour ceux d'été, les draps légers, le reps, l'orléans, le satin, le cachemire, la toile même.
Les façons des tailleurs coûtent fort cher, et elles constituent pour le ménage une charge souvent très lourde. Une mère de famille adroite et économe peut sensiblement alléger ces frais en dirigeant une ouvrière dans les travaux de réparation des vêtements déjà portés, et en taillant elle-même, sur de bons patrons, les habits de ses enfants qu'elle coudra au moyen d'une machine. Peut-être les premiers essais laisseront-ils à désirer, mais bientôt elle acquerra l'habileté nécessaire.
Économie domestique.
- — A combien peut revenir la journée d'une couturière travaillant à l'aiguille (salaire, nourriture, éclairage, etc.) ?
- — Si la mère de famille avait appris la coupe et la couture, et qu'elle possédât une machine à coudre, combien économiserait-elle si elle se dispensait d'employer une couturière trente-quatre jours par an ?
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MODÈLE DU COMPTE A ÉTABLIR.MODÈLE DU COMPTE A ÉTABLIR.
Dépense quotidienne.Dépense quotidienne.
Salaire de la journée.........Salaire de la journée.........
Nourriture, trois repas..........Nourriture, trois repas..........
Éclairage..............Éclairage..............
Chauffage.... ..Chauffage.... ..
————
TOTAL.......TOTAL.......
Dépense annuelle : 34 journées = X 34 =Dépense annuelle : 34 journées = X 34 =
L'économie réalisée par la mère de famille sera égale à ce dernier produit, moins les frais d'éclairage qui seront de .... X 34 = ... c'est-à-dire à ..... — ..... = ...
