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85. — Fulton.
Une centaine d'années s'écoulent avant qu'un autre
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homme reprenne l'idée de Denis Papin. Cet homme est l'Américain Fulton. Une centaine d'année s'écoulent avant la résurrection,
dans l'esprit d'un autre homme, de l'idée détruite par les
brutes du Weser.
L'homme, c'est l'Américain Fulton. Le
triomphe de la Révolution française le fait accourir à
Paris comme au pays de lumière et de générosité.
Bonaparte, premier consul, auquel il
offre sa découverte, lui donne quelque espérance, et Fulton fait naviguer sur la un bateau à vapeur en présence de l'Académie des
sciences*— Académie des sciences. Compagnie de savants
choisis qui se réunissent pour s'occuper des sciences.
Mais Bonaparte, devenu empereur, a maintenant bien d'autres soucis en tête que celui d'une admirable et féconde découverte ; c'est la guerre qui l'intéresse : il tourne le dos au véritable génie.
Fulton regagne l'Amérique. A force de courage et de temps, — car ses expériences l'ont ruiné, — il réussit à construire un nouveau bateau et le lance sur l'Hudson*. Fleuve du N.-E. des Etats-Unis qui se jette dans l'Océan à New York..
La foule est là, assemblée, regardant. Il marche... Et au lieu d'applaudissements et d'acclamations, ce sont des ricanements, des huées, des bordées de sifflets qui accueillent ce merveilleux résultat. Le pauvre grand homme accomplit seul le trajet de New-York à Albany.
Cependant, à son retour d'Albany, un téméraire se trouve qui ose affronter les rires et la nouveauté. Il tend pour son passage 6 dollars (30 francs). Fulton garde un moment dans sa main ces pièces d'argent ; ses yeux se mouillent :
Voilà, dit-il doucement, le premier salaire de tant d'efforts et de tant de souffrances !
Cette fois, les bateliers du étant loin, la découverte fut respectée et même acceptée. C'est d'Amérique qu'elle nous est revenue.
A cette heure, la vapeur parcourt le monde, relie les nations, les mène à la grande fraternité des intérêts et des sentiments ; le rève des deux grands hommes s'accomplit.
Questionnaire.
- — Combien s'est-il écoulé d'années avant que l'idée de Papin fût de nouveau réalisée ?
- — Racontez ce que vous savez de Fulton et de son expérience sur la .
- — Pourquoi Bonaparte n'encouragea-t-il pas Fulton ?
- — Que fit l'inventeur après être retourné en Amérique ?
- — Racontez l'expérience qu'il tenta sur l'Hudson.
- — Que fit un homme moins timide que les autres ?
- — Quel accueil reçut enfin la découverte de Fulton ?
- — Quels services rend aujourd'hui la navigation à vapeur ?
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DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Histoire.
- — BONAPARTE.
- — Dire où il naquit, fit ses études et débuta dans la carrière militaire.
- — Services qu'il rendit au siège de Toulon.
- — Raconter comment il combattit une insurrection royaliste.
- — Donner un aperçu de la campagne d'Italie et de l'expédition d'Égypte.
- — Son ambition quand il fut empereur.
Bonaparte Napoléon naquit le 15 août 1769, à Ajaccio, de Charles Bonaparte et de Letizia Ramolino, à l'époque de la réunion de la Corse à la France. Après avoir été quelques mois au collège d'Autun, il entra, comme élève du roi, à l'école préparatoire de Brienne (1779) et, en 1784, à l'École militaire. L'année suivante, promu au grade de lieutenant au régiment de La Fère, il tint garnison à Auxonne et à Valence.
Nommé, le 8 mars 1793, capitaine au 4° régiment d'artillerie, il obtenait, au mois de septembre suivant, le commandement de l'artillerie destinée au siège de Toulon, ville livrée aux Anglais par un émigré. Il s'y distingua tellement que, le jour de la prise de la ville (20 déc. 1793), il reçut le titre de général de brigade.
Suspendu de ses fonctions, puis réformé à cause de ses relations avec le frère de Robespierre, il fut cependant choisi par le Directoire pour combattre l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire (5 oct. 1795).
Le 2 mars 1796, après avoir épousé Joséphine de la Tascherie, veuve du général de Beauharnais, il fut mis à la tête de l'armée d'Italie ; il s'y couvrit de gloire dans les immortelles batailles de Montenotte, Castiglione, Arcole, Rivoli, qui eurent pour résultat d'expulser les Autrichiens de la péninsule.
Afin d'atteindre les Anglais dans leurs colonies de l'Hindoustan, le Directoire confia à Bonaparte le commandement d'une armée destinée à faire la conquête de l'Egypte. Il partit le 19 mai 1798 et, après avoir brisé la puissance des mamelouks, il devint le maître de cette riche contrée. Il l'abandonna à la suite des fâcheuses nouvelles qu'il reçut de France, et arriva à Paris le 15 octobre 1799. Après le coup d'Etat du 18 brumaire, il fut nommé premier consul le 24 décembre ; cinq ans plus tard, le 2 décembre 1804, il était empereur et dominait l'Europe par l'ascendant de ses victoires et de son génie.
L'ambition le perdit et, finalement, il quitta la France pour toujours, en 1815, la laissant envahie par les armées de l'Europe coalisée, ruinée, démembrée, après avoir sacrifié inutilement la vie de plus de deux millions de soldats dans des guerres continuelles. Il mourut le 5 mai 1821, à l'ile de Sainte-Hélene, prisonnier des Anglais.
Géographie.
- — LES ÉTATS-UNIS.
- — Bornes, population, ressources naturelles de la grande république américaine.
- — Ses fleuves, ses lacs principaux.
- — Grandes villes de cette contrée avec leur population.
- — Qu'y firent les Français avant 1789 ?
Les États-Unis de l'Amérique du Nord s'étendent sur un territoire presque aussi vaste que la vieille Europe. Au nord, ils ont pour bornes la Nouvelle-Bretagne et le Canada ; à l'est, l'océan Atlantique; au sud, le golfe et l'Etat du Mexique ; à l'ouest, l'océan Pacifique. La population, qui atteignait à peine 5 ou 6 millions d'habitants, il y a un siècle, dépasse aujourd'hui 60 millions, dont 6 à 7 millions de nègres.
Le sol y est d'une fertilité prodigieuse et produit en abondance le blé, le maïs, le coton, le tabac, le vin, le bois ; il nourrit des troupes innombrables d'animaux domestiques, et ses mines de houille, de fer, d'or, d'argent, de cuivre, de pétrole sont les plus riches que l'on connaisse.
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Des fleuves considérables arrosent ce magnifique territoire : nous nommerons l'Hudson, le Delaware, la Susquehannah, l'immense Mississippi, qui reçoit le Missouri, l'Ohio, l'Arkansas. N'oublions pas les lacs qui s'étendent au nord et qui sont connus sous les noms de Supérieur, Michigan, Huron, Erie, Ontario. C'est entre ces deux derniers que se trouve la fameuse cataracte du Niagara.
Des villes nombreuses y ont été fondées et elles s'accroissent avec une rapidité inconcevable : ce sont, la plupart, des centres industriels et commerciaux très importants. Parmi elles, il faut citer : New-York (1, 200,000 hab.), Philadelphie (900,000) Boston (320,000) Pittsburg (200,000), Saint-Louis (600,000), Chicago (500,000), la Nouvelle-Orléans (200,000), San-Francisco (150,000), Baltimore (300,000) et la capitale Washington (100,000).
En 1773, la côte orientale des Etats-Unis était une des plus florissantes colonies anglaises ; frappés d'impôts iniques les colons se révoltèrent ; en 1776, ils proclamèrent leur indépendance à Philadelphie et confièrent le soin de la défendre à l'illustre général Washington. Ce dernier soutint la guerre contre les Anglais avec une rare énergie et une admirable persévérance ; mais il aurait succombé si une armée et une flotte françaises ne fussent accourues à son aide en 1778. Dès lors, la cause des Etats-Unis était gagnée, et le traité de Versailles (3 sept. 1783) consacra leur indépendance.
Industrie.
- — Qu'entend-on par inventeur ?
- — Comment un peuple éclairé doit-il accueillir une invention ?
- — L'invention d'une machine est-elle une cause de ruine ?
- — Exemples qui démontrent le contraire.
- — Quels services rendent les machines en général ?
L'inventeur est celui qui, par la force de son esprit, trouve quelque chose de nouveau, d'ingénieux dans les arts manuels et dans les sciences. Tels sont : Montgolfier, l'inventeur des ballons ; les frères Chappe, du premier télégraphe ; Fulton, du bateau à vapeur.
Un peuple doit accueillir les inventeurs avec cette curiosité intelligente qui pénêtre les choses pour avoir l'exacte notion de ce qu'elles sont. Puis, si l'on juge l'invention utile et pratique, il convient de l'adopter.
L'invention des machines n'est point une cause de ruine, car elles permettent de fabriquer à meilleur compte et de travailler avec moins de fatigue ; la production a donc lieu dans des conditions plus favorables et elle augmente de façon à assurer du travail à ceux qui, au premier abord, se trouvaient supplantés par elle. Les machines ont donné l'aisance à la classe laborieuse et la fortune aux industriels comme aux commerçants.
L'Angleterre est le pays du monde qui possède le plus de machines : c'est aussi le plus riche ; la Turquie en a fort peu, et le peuple y croupit dans la misère et l'ignorance.
Bénissons donc les machines qui diminuent, relèvent le travail de l'homme et lui donnent une plus haute valeur, tout en augmentant le bien-être général par le bas prix de leurs produits.
