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69. — Le neveu.
S'arrêtant enfin, les bras croisés, devant Pascal :
— Elle s'appelle madame Richard, ta mère !
— Oui, Monsieur... vous la connaissez ?
— Tu ne sais pas que tu es ici à Fragicourt ?...
— A Fragicourt !... son pays !
— Et que cette montre a appartenu à ma mère, à qui je l'ai vue pendant toute ma jeunesse ? Ce chiffre, tiens, là, sur la cuvette, M. D., Marthe Dumay...
— Ah !!
A la suite de Pascal, Jacques, Suzette, François, Charlot firent entendre un autre Ah !! de surprise.
M. Dumay reprit :
— Oui, ce galopin-là est mon neveu !... Je ne m'en fais pas compliment. Quel âge as-tu ?.. et ton vrai âge, s'il te plait !
Quatorze ans, mon oncle, vous l'aviez dit.
— Mais tu as un frère, alors !
— Qui, un frère de dix-huit ans et une sœur de douze.
— Eh bien ! je ne connaissais que l'existence de ton (1) Les
monts-de-piété sont des bureaux où l'on prête de l'argent contre le dépôt
d'objets mobiliers : linge, literie, meubles, bijoux, etc.
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frère et la tienne ; j'ignorais celle de ta sœur, que ta
mère n'a pas pris la peine de m'apprendre !
Il se remettait à son ressentiment*Ressentiment. Souvenir qu'on garde des injures, avec désir de s'en venger. et parlait avec mauvaise humeur. Suzette le tira à part :
Allons, papa, embrassez-le, ce fils de votre sœur.
Pour ça, non ! c'est un galopin.
—Cher père, embrassez-le ! Regardez, il a les yeux mouillés de larmes. Et puis il ressemble à François.
Alors M. Dumay fit le tour de la pièce, lentement, et s'arrêtant enfin, ouvrit ses bras au pauvre explorateur tout déconfit*Déconfit. Réduit à ne plus savoir que dire., qui s'y jeta et, ensuite, embrassa ses cousins et sa cousine.
— Mais entends bien ! reprit oncle, tu es mon prisonnier jusqu'à ce que ta mère, qui doit être dans un terrible souci par ta fuite, vienne te chercher. Demain, car ce soir il est trop tard, demain, de bonne heure, on ira au Catelet télégraphier*Télégraphier. Faire parvenir un avis par le télégraphe. de tes nouvelles. Maintenant, les enfants, qu'on prépare dans ma chambre le coucher de ces deux messieurs. Je ne tiens pas à ce qu'ils decampent.
Et ces deux messieurs, assez réjouis de voir si bien finir leur mésaventure, échangèrent des amitiés avec toute la famille, puis chacun s'en alla dormir.
Questionnaire.
- — Reproduisez le dialogue entre M. Dumay et Pascal.
- — Quel degré de parenté existait-il entre eux ?
- — Quelles questions furent adresssées à Pascal sur sa famille et quels renseignements donna-t-il ?
- — Quelle chose Suzette demanda-t-elle à son père ?
- — Que fit ce dernier et quel avis donna-t-il à son neveu ?
- — Que se proposa-t-on de faire le lendemain matin ?
- — Comment finit la journée ?
DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Morale.
- — Que pensez-vous de l'escapade de Pascal ?
- — Quels motifs auraient dû l'empêcher de la commetre ?
Pascal, l'esprit rempli du souvenir de ses lectures de voyages, ne songea sans doute ni à la peine qu'il causerait a sa mère en s'enfuyant de la maison paternelle, ni aux difficultés d'argent et de parcours qui devaient inévitablement mettre fin à son escapade, car il n'est pas possible d'appeler entreprise une aventure qui témoignait d'aussi peu de réflexion.
On peut donc comprendre sa faute, mais non l'excuser totalement. S'il eût
été un garçon réfléchi, s'il avait eu le bon esprit de discerner dans ses
lectures le but scientifique des voyages des explorateurs et se rendre
compte de tout ce qui est nécessaire pour les mener à bonne fin, il aurait
certainement hésité avant de prendre la route
d'Anvers.
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Enfin, si la pensée du chagrin de sa mère, déjà si
éprouvée par la perte de son mari, fût venue à son imagination d'etourdi,
nul doute qu'il eût remis son départ à un moment plus opportun, car
Pascal aimait vraiment
cette mère qui, tout récemment, lui avait donné, par la montre de la
grand'maman, un nouveau témoignage d'affection et de confiance.
Composition.
- — Supposez que Suzette écrit à sa tante de Paris — après l'aveu de Pascal, — qu'elle sollicite le pardon du coupable, et rédigez la lettre.
Cette lettre sera un résumé des faits et des incidents qui ont marqué la soirée de l'arrivée des deux enfants à la ferme. Elle se terminera par l'assurance du repentir de Pascal, et par une cordiale invitation de venir voir sa famille de Fragicourt, qui ne lui rendra le fugitif qu'à cette condition.
Les élèves pourront disposer la lettre de ta manière suivante :
Fragicourt, le 2 janvier 1878.
Ma chère tante,
(Voir, pour le modèle de l'adresse à mettre sur la lettre en question, page 70 du COURS DE COMPOSITION FRANÇAISE, par E. LAPORTE (Degré élémentaire et moyen, Partie de l'élève.)
Hygiène.
- — DU SOMMEIL — Qu'entend-on par sommeil ?
- — Pourquoi est-il nécessaire ?
- — A qui l'est-il davantage, et pourquoi ?
- — Durée du sommeil des enfants, des adolescents, des adultes.
- — Heures du coucher et du lever.
- — Influence fâcheuse des veillées prolongées sur la santé.
- — Quels graves inconvénients y a-t-il à lire au lit pendant la nuit ?
Le sommeil est un état do repos causé par l'assoupissement naturel de nos sens ; la nécessité s'en fait sentir ordinairement à la fin du travail de la journée, et on y satisfait durant la nuit. Alors les fonctions de la vie s'accomplissent avec plus de calme que dans l'état de veille ; les nerfs se reposent ; le sang se répartit également dans toutes les parties du corps, et, quand on reprend la notion de soi-même au matin, tout notre, être, frais et dispos, peut se livrer de nouveaù à ses occupations quotidiennes.
Ces quelques explications démontrent combien le sommeil est nécessaire pour le fonctionnement régulier des organes du corps ; il l'est également, si ce n'est plus, à l'esprit, surtout chez les enfants qui fréquentent l'école et chez les personnes qui s'adonnent aux travaux de l'intelligence.
« La nuit doit être dévolue au sommeil, dit M. Lévy ;« La nuit doit être dévolue au sommeil, dit M. Lévy ;
« dormir le jour et veiller la nuit, ou bien prolonger outre mesure
les« dormir le jour et veiller la nuit, ou bien prolonger outre mesure
les
« veillées, c'est intervertir la marche naturelle de nos organes ; il
n'est point de « veillées, c'est intervertir la marche naturelle de nos organes ; il
n'est point de
« cause plus assurée d'étiolement, d'affaiblissement et de trouble dans « cause plus assurée d'étiolement, d'affaiblissement et de trouble dans
« les organes de nutrition.« les organes de nutrition.
« Les gens faibles dorment plus que les gens robustes; mais les per-« Les gens faibles dorment plus que les gens robustes; mais les per-
« sonnes fortes qui ont une propension au sommeil doivent s'en dé-« sonnes fortes qui ont une propension au sommeil doivent s'en dé-
« fendre comme d'une cause qui prédispose aux congestions cérébrales.
» « fendre comme d'une cause qui prédispose aux congestions cérébrales.
»
Aux diffèrents âges, la durée du sommeil doit être : chez les adolescents, 8 à 10 heures ; chez les aduites, 6 à 8 ; la plupart des vieillards ont assez de 6 heures. Il ne faut pas, pour les enfants, prolonger la veillée au delà de 9 heures du soir ; ils doivent se lever, en été, à 6 heures du matin ; en hiver, à 7 heures.
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Quelques personnes contractent la fâcheuse habitude de lire lorsqu'elles sont couchées ; elles fatiguent ainsi leurs yeux et s'exposent à perdre la vue ; de plus, le flambeau qu'elles gardent allumé dans le voisinage des rideaux est souvent la cause d'incendies. Conclusion : une fois au lit, le plus sage est de dormir.
