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59. — M. Pascal parle arabe.
— Le grand explorateur Livingstone a vu ce que j'ai vu. Il n'a pas crié, il n'a pas appelé les gendarmes par la bonne raison qu'il n'y en a pas dans ce pays-là. Livingstone a donné sa vie surtout pour affranchir les pauvres noirs de l'esclavage, et l'Angleterre, sa patrie, a interdit les marchés d'esclaves à Zanzibar. Malheureusement, les Arabes voleurs et acheteurs de noirs sont fous de ce commerce.
— Mais pourquoi, demanda François tout au récit, pourquoi faut-il des esclaves aux Arabes ?
— Parce que les Arabes ont, pour la plupart, du plomb dans les coudes, qu'ils sont très fainéants et très fiers de leur fainéantise. Ils méprisent surtout l'agriculture et les agriculteurs. « Nos pères, disent ils avec orgueil, n'ont jamais touché la terre ; nous ferons comme eux ! Que des esclaves sèment et récoltent pour notre bouche ! »
Il prit haleine un moment ; Jacques lui versa un verre de bière :
— Vous êtes très intéressant à entendre, lui dit-il ; mais, s'il vous plait, comment faisiez-vous à Zanzibar pour ne pas perdre un mot des discours des marchands d'esclaves? je l'ai demandé tout bas à votre camarade, qui ne m'a pas répondu.
Pascal se tourna vers le camarade :
— Il n'a pas répondu ? il a donc oublié Mohammed ? Mohammed, notre interprète*Interprète. Celui qui traduit en notre langue les paroles d'un étranger., qui ne nous a jamais quittés, et qui savait non seulement l'arabe, mais aussi tous les dialectes*Dialecte. Langage particulier d'une ville, d'une province. de l'Afrique ! Parbleu ! Sylvain, n'avions-nous pas un interprète ?
— Ah ! oui, répondit Sylvain, nous avions un interprète.
— Et puis, reprit Pascal, quand on
a vécu en Algérie, comme nous, on a toujours dans la poche
assez d'arabe
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pour se tirer d'affaire : Allah ! salamalec,
macach, gourbi, douar, kouskoussou, kif-kif...
Monsieur, demanda Suzette, qu'avez-vous encore vu à Zanzibar et ailleurs ?
— Oh ! tant de choses, Mademoiselle, qu'il vous faudrait une semaine ou deux de loisir pour les entendre.
— Choisissez, je vous prie, dans la quantité. Le dessus du panier est toujours bon à prendre. Nous vous écoutons.
— Nous vous écoutons, dirent les autres.
Questionnaire.
- — Qu'est-ce qu'a fait Livingstone en Afrique ?
- — Pour quelle raison les Arabes capturent-ils des esclaves ?
- — Que disent-ils pour justifier leurs actes ?
- — Que dit Jacques à Sylvain relativement aux langues de l'Afrique ?
- — Quelle réponse imagina Pascal ?
- — Que pensez-vous de cette réponse ?
- — Quel échantillon donna-t-il de sa connaissance de l'arabe ?
- — Que lui demanda Suzette et que répondit-il ?
DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Morale.
- — TRAVAIL ET PERSÉVÉRANCE.
- — Racontez l'histoire de Livingstone.
- — Pourquoi éprouvez-vous du respect et de l'admiration pour ce grand homme ?
- — Quel Français l'a imité au Gabon ?
Le grand explorateur Livingstone (1813-1873) naquit en Écosse, d'une pauvre famille d'ouvriers tisseurs. Dès son enfance, il fut assujetti au rude travail d'une filature ; mais, animé du désir de s'instruire, il profitait de toutes les occasions et de tous ses loisirs pour étendre ses connaissances et compléter les études commencées à l'école primaire. C'est ainsi que, tout en travaillant à la fabrique, il parvint au grade de docteur en théologie, et qu'il put obtenir un emploi de missionnaire dans les établissements de l'Afrique méridionale.
Il partit avec sa famille et se voua à évangéliser les misérables peuplades de la Cafrerie ; peu à peu il pénétra dans l'intérieur du continent et, le premier, le traversa de l'est à l'ouest, de Quilimané à Saint-Paul de Loanda. Puis il se dirigea vers le nord et découvrit, pour ainsi dire, un monde nouveau dans la région du et celle des grands lacs.
Tous ses efforts tendirent à éclairer des lumières du christianisme les populations où il séjourna, et à combattre le trafic des esclaves. Il a enrichi la géographie de notions étendues sur des régions jus qu'alors inconnues ; il mourut sur les rives du lac , à la suite des fatigues excessives qu'il lui avait fallu supporter dans ses dernières explorations.
L'Angleterre a rendu hommage au dévouement de Livingstone en donnant à ses restes une sépulture dans la basilique de Westminster, parmi les monuments funèbres des rois et des grands hommes.
Le Français de Brazza a pénétré de la même manière dans la région équatoriale de l'Afrique baignée par l' et appelée le Gabon. Il y a conquis, par l'ascendant d'une volonté honnête, humaine et persévérante, une telle influence qu'il a doté sa patrie d'une colonie de grand avenir.
Français.
- — Qu'est-ce qu'une langue ?
- — En quoi est-il avanta-
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geux de connaitre une ou plusieurs langues étrangères ? - — Qu'est-ce qu'une langue vivante ?
- — Qu'est-ce qu'une langue morte ?
- — Quelles sont les deux langues les plus répandues dans le monde civilisé ?
On appelle langue l'ensemble des mots dont les habitants d'une grande contrée se servent pour exprimer leurs idées. Chaque nation a une langue particulière, qu'il est très avantageux de connaître, si l'on doit voyager dans le pays qu'elle occupe ou y entretenir des relations d'affaires. On n'a pas besoin alors de l'aide dispendieuse d'un interprète.
Celui qui parcourt les contrées étrangères sans on avoir étudié préalablement les langues, est tel qu'un sourd-muet ; on ne saurait donc trop encourager la jeunesse à s'exercer à l'étude des langues. En Angleterre, en Allemagne, en Russie, en Hongrie, en Belgique, en Hollande, en Suisse, etc., il n'est pas de personne quelque peu aisée qui ne connaisse au moins deux langues.
Les deux langues vivantes les plus répandues dans le monde civilisé sont l'anglais, pour les usages du commerce, et le français pour la diplomatie, la science et la littérature. L'allemand prend chaque jour une extension plus considérable par suite de la facilité avec laquelle émigrent les hommes de race germanique.
Le grec, le latin, sont des langues mortes, c'est-à-dire des langues que l'on ne parle plus.
Géographie.
- — Dessiner la côte d'Afrique appelée côte du Gabon.
- — Tracer le cours de l', et du qui borne la région soumise au protectorat de la France, au sud et à l'est.
(Le tracé de cette carte n'occupera pas moins d'une demi-feuille de cahier ; on n'y omettra pas Franceville, Brazzaville et, vis-à-vis cette dernière, Stanley-Pool.)
