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26. — De l'eau !
Suzette, toute secouée par cet entrain, courut à la cuisine.
— Madame, voilà de l'eau, dit-elle, en rentrant tout essoufflée.
— Quelle est cette eau ?
— De l'eau propre.
— De l'eau propre ? ah ! vraiment ? Tu es bien sûre de sa propreté ? Ne sais-tu pas que cette eau propre peut être pleine d'impuretés, de bêtes malfaisantes : que la fièvre typhoïde* Fièvre typhoïde. Maladie que caractérise une grande inflammation intérieure., le choléra* Choléra. Maladie épidémique et le plus souvent mortelle, caractérisée par des vomissements et des crampes., bien d'autres maladies peuvent y attendre que nous les absorbions* Absorber. Introduire dans le corps par les ouvertures du nez ou de la bouche., n'ayant pas su les détruire ? Songe, qu'en ce moment il s'agit de laver une plaie à vif* Plaie à vif. Qui laisse voir la chair., qui n’a été que trop infectée* Infecté. Communiquer une mauvaise odeur ; gâter, corrompre.. Va faire bouillir cette eau pour détruire tous les germes malsains qui s'y trouveraient. Pendant ce temps je cours prendre chez moi de l'acide phénique* Acide phénique. Liquide désinfectant que l’on tire de la houille., un excellent caustique* Caustique. Qui désorganise les chairs ou membranes comme une brûlure. désinfectant qu'il faut toujours avoir dans son armoire.
Goutte d'eau vue au microscope. Ne buvez jamais d'eau sans qu'elle soit filtrée et, dans les temps d'épidémie, sans l'avoir fait bouillir.Elle reparut bientôt avec un petit flacon dont elle versa deux gouttes dans un grand verre d'eau.
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Et désinfectons, désinfectons le pauvre nez !
François poussait des soupirs de soulagement :
— Ah ! disait-il, je ne m'exposerai plus à de pareils accidents ; je sais un moyen.
— Quel moyen, Monsieur ?
— C'est d'employer du fil de fer, au lieu de ficelle, pour manœuvrer le cliquet.
— Encore le cliquet ! Voulez-vous bien vous rendormir tout de suite ! lui dit sa sœur.
Questionnaire.
- — Qu'apporta Suzette ?
- — Quelle remarque fit Mme Valon sur la difficulté d'obtenir de l'eau pure ?
- — Quelle nécessité y a-t-il de traiter les blessures par l'eau pure ?
- — Comment détruit-on les germes dangereux de l'eau?
- — Qu'est-ce que l'acide phénique ?
- — Comment Mme Valon soigna-t-elle François ?
- — Quel moyen ce dernier avait-il découvert pour éviter le retour de l'accident qui le retenait au lit ?
DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Sciences naturelles.
- — Qu'est-ce que l'eau ?
- — Où est le grand réservoir des eaux ?
- — Ce que sont et à quoi servent les nuages ?
- — Origine des sources, des rivières, des ruisseaux.
- — Qu'est-ce qui se développe dans l'eau exposée à l'air ?
- — Ce qu'on y voit avec un instrument grossissant.
- — Ce qui peut la corrompre, la rendre dangereuse.
- — Comment l'eau transmet-elle les maladies ?
L'eau est le liquide le plus universellement répandu ; sous le nom de mer, l'eau couvre les trois quarts de la surface du globe.
La mer est le grand réservoir des eaux ; il s'en élève continuellement des vapeurs qui s'amassent dans l'air en masses considérables appelées nuages. Sous l'influence du froid des hautes régions de l'atmosphère, les vapeurs des nuages se condensent en gouttelettes dont la chute produit le phénomène de la pluie.
La pluie pénètre à l'intérieur du sol ; elle s'accumule sur les roches ou sur les couches terreuses impénétrables à l'eau, et, suivant la pente du terrain, elle coule et jaillit en sources limpides. La réunion de plusieurs sources forme un ruisseau, et celle de plusieurs ruisseaux, une rivière.
Dans l'eau exposée à l'air, il tombe une foule de germes de plantes et d'œufs d'animaux infiniment petits ; les uns et les autres se développent dans le liquide avec une rapidité surprenante, et si, après quelques jours, on l'examine avec un verre grossissant, l'œil y distingue tout un monde animé circulant à travers des plantes microscopiques (1) (1) Microscopique se dit des choses si petites qu'on ne peut les voir qu'au moyen d'un instrument grossissant appelé microscope. .
La cause la plus fréquente de la corruption des eaux des
rivières, des sources et des puits, est l'infiltration de liquides provenant
de déjections animales, tels que ceux ayant traversé des fumiers et des
fosses d'aisances. Il en résulte que ces eaux, où se sont développés les
germes de maladies épidémiques, donnent lieu à de véritables
empoisonnements. Il est donc toujours prudent et utile de prendre
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les précautions nécessaires pour s'approvisionner
d'une eau de bonne qualité.
Industrie.
- — LES FILTRES.
- — Comment l'eau se purifie-t-elle naturellement ?
- — Où la puise-t-on souillée ou infectée ?
- — Avec quel appareil peut-on la rendre limpide et saine ?
- — Propriétés du charbon et du sable.
- — Description d'un filtre.
- — Le papier Joseph.
Presque toujours les eaux se purifient naturellement ou traversant les couches de terre et de sable, mais quand la source est trop voisine de la surface, il n'en est plus ainsi, et il faut aviser à un moyen mécanique de la débarrasser de ses impuretés. On a imaginé à cet effet un appareil connu sous le nom de filtre.
Un filtre est un appareil formé d'une caisse métallique dans laquelle on dispose alternativement des lits de charbon pulvérisé et de sable. En traversant ces matières, l'eau se débarrasse de ses impuretés et apparaît limpide à la sortie du robinet adapté à la partie inférieure.
Il existe des filtres composés d'un vase de terre cuite vernissée au milieu duquel on scelle une pierre poreuse, placée de biais, qui le divise en deux compartiments. Dans le compartiment supérieur, on verse l'eau à épurer ; elle arrive dans l'autre après avoir passé lentement au travers de la pierre dont il a été question, et dans un état de limpidité qui ne laisse rien à désirer.
Le papier Joseph est un papier épais qu'on roule en cornet et dans lequel on verse le liquide à clarifier. Il filtre au travers de l'appareil et coute en gouttelettes, à la partie inférieure, dans un vase disposé à cet effet.
Hygiène.
- — Qu'entend-on par épidémie ?
- — Citez des épidémies et parlez de leurs suites affreuses.
- — Où se trouvent souvent les germes de ces maladies ?
- — Comment les détruire dans l'eau ?
- — Parlez des désinfectants et de la manière de s'en servir.
On entend par épidémies des maladies qui se propagent par le contact avec les malades ou par l'infection de l'air et des eaux. Telles sont celles qui sont connues sous le nom de fièvres typhoïdes, rougeole, fièvre scarlatine, choléra. Elles déciment les populations et portent le deuil dans les familles.
Comme nous l'avons déjà fait connaître, les germes des épidémies existent principalement dans les eaux ; il est alors prudent de ne boire que de l’eau bouillie et conservée en vase clos, car l'ébullition détruit tous les organismes. On ne peut prévenir la contagion de certaines maladies, la rougeole par exemple, qu'en évitant tous rapports avec ceux qui en sont atteints, et en ne laissant sortir ces derniers qu'après la période durant laquelle ils peuvent communiquer le mal.
La vapeur du soufre et l'acide phénique sont les principaux désinfectants. Le premier fait périr les germes dans les vêtements, les étoffes et jusque dans la peau des personnes atteintes ; l'autre détruit les miasmes qui infectent une salle. On emploie le soufre en le faisant brûler sur un fourneau dans une chambre hermétiquement fermée, où sont disposés les objets sur lesquels il faut opérer. L'acide phénique étendu d'eau, dans la proportion de dix à douze fois son volume, est répandu sur le carrelage ou le parquet.
Géographie.
- — Qu'appelle-t-on eaux thermales et eaux minérales ?
- — Où sont, en France, les principales sources de ces eaux ?
Les eaux minérales sont des eaux qui jaillissent à la surface
du sol après avoir dissous, dans les couches de terrain qu'elles ont
parcourues, des substances minérales connues pour être efficaces contre
certaines
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affections, telles que les rhumatismes,
l'anémie, le mal de gorge, etc.
Si elles sortent de la terre à une température de beaucoup supérieure à celle de l'atmosphère, on les dit thermales. Quelques-unes atteignent 40, 50, et même 90 degrés.
Il existe des sources d'eaux thermales et d'eaux simplement minérales à Plombières, à Bussang, à Vichy, à Contrexéville, au mont Dore, à la Bourboule, à Royat, à Uriage, à Chaudesaigues, à Aix en Provence, à Bourbonne-les-Bains, à Bagnères, à Barèges, à Aulus, à Enghien près de Paris, à Saint-Galmier, etc.
