Suzette: a Digital Edition

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41. — Veillons au grain*Veiller au grain. Faire attention à ce qui doit ou peut survenir..

Et les terres ? C'est maintenant qu'elles doivent rendre ce qu'emporta le feu ! c'est maintenant qu'il faut les ensemencer, les soigner, les pomponner de la herse et de la charrue !

Jacques eut, par l'école d'agriculture, tous les renseignements qu'il fallut. Un de ses professeurs offrit même de lui prêter une petite somme d'argent. On y joignit tout ce qu'il en restait ici. On savait que c'était argent bien placé. Et si, par aventure*Par aventure. Par extraordinaire., le papa, encore timide, s'effrayait un peu des largesses de son fils avec la terre :

Herse. Les dents dont cet instrument d'agriculture est garni servent à arracher les racines, à rompre les mottes de terre et à en recouvrir les grains que l'on vient du semer.

— Papa, répondait-il, autrefois, on ne la gâtait pas tant, mais aussi elle ne donnait guère que du pain bis. Maintenant c'est du pain blanc qu'elle fournit ; et croyez
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vous qu'elle le livre contre des pierres ? Oui, elle doit manger, et du bon, pour que nous-mêmes nous mangions du meilleur.

A François et à Charlot, il dénonçait le chiendent, la camomille, l'ortie, le chardon, la fumeterre comme de terribles ennemis :

Charrue.

— Et ayez soin, quand vous les rencontrerez chez 1. Chiendent. — 2. Camomille. Le chiendent et la camomille servent à faire des tisanes et des infusions ; les racines du chiendent servent, en outre, à la fabrication des brosses et des balais. 1. Coquelicots. — 2. Lacerons. Une infusion de pétales de coquelicots donne une tisane calmante et adoucissante. nous, de les arracher, d'en faire deux parts ; la première sera composée de  ce qui peut servir de nourriture au bétail, comme par exemple les coquelicots, les lacerons, dont les lapins se font de bons râbles*Râble. Dos du lapin et du lièvre, des épaules à la queue.. La seconde, vous l'amasserez, vous la laisserez pourrir au bout du champ pour l'y répandre ensuite en fumier.

Cabane à lapins.

Ah ! s'il n'y avait que des plantes ennemies, bien visibles et facilement arrachables !


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Mais un matin de jeudi que Charlot, chargé de la chasse aux lacerons pour le déjeuner de messieurs les lapins, s'asseyait sur son sac, à peu près plein, pour casser une croûte, il fut frappé d'un spectacle nouveau :

Un des champs paternels, un grand champ de betteraves, s'étendait à ses pieds. Les betteraves commençaient à prendre tournure. Les feuilles déjà grandes luisaient comme satin au soleil. C'était riant au possible.

La betterave. Racine qui sert de nourriture aux bestiaux et dont l'industrie extrait du sucre et de l'alcool.

Mais sur près de deux rangées, et en outre çà et là, par places, elles ne brillaient pas du tout ; elles étaient fanées, comme mortes.

Il s'approcha, les tâta ; tout vint sans effort, tige, collet et racine. La racine était creusée à l'intérieur.

Charlot, qui ne plaisantait pas avec sa surveillance, courut à cinq cents pas du champ, où Jacques, en compagnie de Suzette, était à planter des pommes de terre, et les amena tous deux.

Questionnaire.

  • — Qu'est-ce qu'il était alors nécessaire d'exiger des terres ?
  • — Qui vint en aide à Jacques et de quelle manière ?
  • — Que répondait-il à son père inquiet des dépenses faites pour améliorer les terres ?
  • — Que signalait Jacques à ses deux jeunes frères ?
  • — Que leur prescrivait-il à l'égard des mauvaises herbes ?
  • — Que faisait Charlot, dans les champs, un certain jeudi ?
  • — Qu'est-ce qui s'étendait devant lui ?
  • — Que remarqua-t-il dans le champ de betteraves ?
  • — Comment s'y prit-il pour découvrir la cause du mal ?
  • — Qui s'empressa-t-il d'avertir ?

DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.

Sciences naturelles.

  • — Quelles plantes inutiles croissent naturellement dans les champs ?
  • — Quelles sont celles qui sont les plus communes dans le canton ?
  • — Décrivez chacune d'elles.
  • — Parlez du préjudice qu'elles causent par leur multiplication.
  • — Quels sont les moyens de les détruire ?

Les plantes inutiles qui croissent naturellement dans les champs sont : le chiendent, l'ortie, le chardon, la camomille, la moutarde sauvage, la mercuriale, l'ivraie, la fumeterre, etc.

Dans notre canton, on remarque...

(Ici se place la description de chaque plante dont il faudra présenter aux élèves une image exacte ou mieux un spécimen cueilli le jour
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même ou tiré de l'herbier du musée scolaire. Viendra ensuite l'indication des moyens les plus efficaces pour les détruire.)

  • LA POMME DE TERRE.
  • — Décrire la plante.
  • — Parler de la manière de la cultiver, des terrains qu'elle affectionne, des principales espèces de cette plante.
  • — Raconter comment Parmentier la fit adopter comme plante alimentaire.

On classe le végétal qui produit la pomme de terre parmi les plantes herbacées. Sa tige atteint une hauteur de 0m,40 à 0m,60 ; elle porte des feuilles cotonneuses en dessous et d'un vert foncé à la partie supérieure. Les fleurs, réunies en touffes, sont blanches, violettes ou roses, et les fruits forment des baies sphériques verdâtres, grosses comme des noix au minimum.

Au pied de la plante et dans l'intérieur du sol, apparaissent des renflements de la tige souterraine, sous la forme de tubercules pleins de fécule qui fournissent un aliment précieux.

On cultive la pomme de terre de préférence dans les terrains calcaires ou sablonneux. Aux premiers jours d'avril, on creuse des trous dans un champ préalablement fumé et labouré, et l'on jette dans chacun une petite pomme de terre ou un fragment d'un gros tubercule muni d'un œilleton. La plante croît et fleurit ; on bine le terrain plusieurs fois ; enfin on butte les pieds et, finalement, quand, au mois de septembre, les tiges fanent, on arrache les pomme de terre.

Les principales espèces de pomme de terre sont :

La pomme de terre marjolin, peu productive, mais très précoce ;

La jaune longue de Hollande ou quarantaine, un peu plus tardive, mais d'un meilleur rapport ;

La pomme de terre saucisse ou Canada, rouge, plate et d'excellente qualité ;

La pomme de terre Chardin, grosse, jaune, avec des yeux profonds ;

La pomme de terre Champien>, blanche, ronde, dont les tubercules sont d'excellente qualité.

La pomme de terre, importée en Angleterre en 1568, passa de là en Hollande et en France ; mais elle ne fut cultivée dans notre pays que comme un fruit rare et précieux. Ce fut à la suite de la grande famine de 1771 que, l'académie de Besançon ayant proposé pour sujet de concours « la recherche de substances pouvant atténuer les calamités de la disette » , Parmentier (natif de Montdidier) se mit à étudier la pomme de terre. En 1779, il prouva qu'elle renferme tous les principes d'un aliment substantiel et sain. Sa démonstration cependant ne convainquit personne et rencontra les plus étranges préjugés. Il ne perdit pas courage, acheta près de Versailles la concession d'un vaste terrain sablonneux et y planta des pommes de terre. Peu à peu, grâce à la protection éclairée de Louis XVI, on apprécia le précieux tubercule, on en mangea sur les tables des riches, et bientôt la culture s'en étendit rapidement.

Économie domestique.

  • — Qu'entend-on par tisane ?
  • — Comment fait-on de la tisane au chiendent ?
  • — Quelles en sont les propriétés ?
  • — Comment prépare-t-on une infusion de camomille ?
  • — Dans quelles indispositions boit-on l'infusion de camomille ?
  • — Connaissez-vous d'autres infusions ?
  • — A quelles indispositions remédient-elles ?

La tisane est une préparation dans laquelle on a fait bouillir ou infuser diverses plantes, ou bien de l'orge, de la réglisse, afin d'en composer une boisson calmante ou adoucissante à l'usage des malades.

Parmi les tisanes, nous citerons la décoction de chiendent, qu'on prépare en faisant bouillir doucement les racines de cette plante pen-
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dant une ou deux heures, de manière à réduire le liquide d'un tiers environ. Elle est très rafraîchissante.

Une infusion consiste à verser de l'eau bouillante sur une substance végétale pour en extraire certains principes actifs. On traite surtout de cette manière les feuilles et les fleurs de la violette, du sureau, du tilleul, des ronces, etc., dans la proportion d'une forte pincée> de cinq doigts par litre d'eau.

L'infusion de camomille calme les maux d'estomac, celle de tilleul provoque la sueur, celle de objectName type="ingrédient" subtype="végétal" key="feuille de ronce">feuilles de ronces est efficace contre les maux de gorge.

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