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40. — A l'œuvre.
— Hardi ! dormons-nous ? vite du mortier !... Hé ! là-bas, de l'eau sur la chaux pour l'éteindre*Éteindre de la chaux. La délayer en y versant de l'eau. !
Le maître maçon, un gaillard trapu, à la voix forte, donnait ses ordres à l'équipe*Equipe. Compagnie d'ouvriers réunis pour un même travail..
La maison s'élevait, le Crédit foncier ayant prêté trois mille cinq cents francs sur les terres.
On rebâtissait suivant un plan nouveau ; Jacques et Suzette
avaient voulu, contre l'humidité, l'exhaussement*Exhausser. Elever en hauteur. sur quelques marches, l'exposition au
midi, l'aérage*Aérage. Renouvellement de l’air d'un
lieu. par des fenêtres opposées, enfin des prises d'air aussi hautes et
aussi larges que possible, l'air et la lumière
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constituant les premières conditions de la
santé. D'un léger rétrécissement de la cuisine et des chambres, on avait tiré la
place d'une petite salle qui devait être plus tard le centre délicat de la maison,
le lieu où on lit et cause.
Mais aussi on gagnait soi-même son argent. Aux heures de liberté que laissaient le travail des champs et celui de l'école, tout le monde se mettait au service du maçon. François, surtout, s'en donnait là comme quatre.
Pendant ce temps, Suzette faisait la cuisine chez Ludivine pour la nourriture des travailleurs.
Enfin le toit se couronna, d'un « mai », une branche de verdure ; le nouveau nid familial était achevé, et l'on s'y installa, aussitôt les plâtres séchés. Ah ! le mobilier n'était pas encombrant. Dans un coin, un vieux pétrin retiré de l'écurie où il servait, à serrer l'avoine. Maintenant passé au brou*Brou. L'enveloppe verte des noix. de noix et à la cire, il figurait un coffre à linge. Quelques bonnes voliges de hêtre clouées sur deux tréteaux servaient de table ; des planches, étagées*Etager. Disposer les rayons les uns au-dessus des autres. contre les murs et garnies de lambrequins de papier bleu découpé à jour, formaient, selon l'emploi de leurs rayons, un dressoir à vaisselle et une bibliothèque.
La seule dépense un peu grosse fut celle d'une pièce de vingt francs, qu'on
échangea, dans une vente, pour un gros bahut tant soit peu bancal*Bancal. Qui' n'est pas d'aplomb sur ses pieds. et
disloqué*Disloqué. A moitié brisé.. Mais ses
Les corps de métiers qui concourent à la construction d'une maison
sont principalement : 1° le menuisier ; 2° le serrurier ; 3" le maçon; 4° le
couvreur.
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moulures et quelques fioritures*Fioritures. Ornements de peu d'importance. qu'une
couche de couleur jaune clair, ne parvenait pas à dissimuler entièrement,
rappelaient à Suzette celui
d'autrefois, le bahut de famille envolé en fumée.
Et voici qu'une fois lessivé de son jaune, guéri de sa boiterie par les bons soins de Jacques et de François, bien rassis sur ses gonds, tout brillant d'encaustique* Encaustique. Mélange de cire et d'essence de térébenthine., caressé artistement de la brosse et de la flanelle, ce fut un bahut de noyer façonné de la bonne manière, et qui semblait venu là pour donner le ton et l'exemple au mobilier futur.
Les lits étaient de fer ; la literie, de la balle d'avoine*Balle d'avoine. Pellicule des grains d'avoine. . Et qu'on dormait bien là-dessus ! Quelques chaises, quelques escabeaux composaient le reste de l'ameublement. Mais de la propreté, il s'en voyait là autant que dans un palais.
Dans la hutte reconstruite, nos Robinsons étaient entrés enfin, avec la joie que procurent le plus rude des labeurs accompli, la victoire remportée sur l'inertie*Inertie. Manque d'activité, d'énergie. des choses, et le souvenir même des malheurs passés, qui souvent fait une partie du bonheur présent.
Questionnaire.
- — En quels termes le maître maçon excitait-il ses ouvriers au travail ?
- — Comment le fermier s'était-il procuré les fonds nécessaires à la reconstruction de sa maison ?
- — Quel plan avait-on adopté ? Donnez quelques détails à cet égard.
- — Quand et comment aidait-on les maçons ?
- — A quoi s'occupait Suzette ?
- — Parlez du nouveau mobilier.
- — À quel usage avait-on affecté une somme de 20 francs ?
- — Comment remit-on à neuf le vieux meuble ?
- — Qu'est-ce qui composait le reste de l'ameublement ?
- — Dans quels sentiments était-on entré dans la maison nouvelle ?
DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Composition.
- — Si votre mère, vous disait : « Ma fille, je désire que tu aies une chambre tapissée, meublée et ornée selon tes goûts, » quelles indications lui donneriez-vous ?
Tu m'as dit hier, ma chère maman, que ton désir est que j'aie une chambre tapissée, meublée et ornée selon mes goûts ; je ne saurais t'exprimer combien je suis heureuse de ce témoignage de ton affection, et avec quel plaisir je te soumets les propositions que tu m'as demandées. J'ai réfléchi, j'ai examiné, j'ai recueilli tous mes souvenirs avant d'arrêter mon choix ; puissé-je avoir réussi, c'est-à-dire te prouver que je n'ai oublié ni notre situation de fortune, ni mon âge, ni mon sexe !
(Continuer ainsi en suivant l'ordre indiqué par l'énoncé du sujet.)
Calcul.
- — Votre choix fait, établissez ce que coûterait chacun des objets que vous vous proposez d'acquérir, car il ne faut rien acheter sans s'être bien rendu compte de la dépense.
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MODÈLE. — 15 rouleaux de papier, pose comprise, à 3 fr. 80. . . . .57fr »
Un lit de fer émaillé, blanc et bleu. . . . . . . . . 65 »
Sommier recouvert de toile rayée. . . . . . . . . . 32 50
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Sciences naturelles.
- — Qu'est-ce que les pierres ?
- — D'où elles sont tirées.
- — Diverses sortes de pierres en usage dans le pays.
- — A quoi servent les pierres de chacune des sortes indiquées ?
- — Qu'est-ce que la chaux ?
- — Quel en est l'usage ?
- — Qu'est-ce que le plâtre ?
- — Nom de la pierre qui donne le plâtre.
- — A quels usages emploie-t-on le plâtre ?
- — Ne sert-il pas en agriculture ?
LES PIERRES. — On entend par pierres des corps durs et solides qu'on emploie dans la construction des édifices. Elles sont ordinairement tirées de grandes excavations appelées carrières, où on les trouve disposées en bancs épais, formés à une époque très éloignée par les dépôts de la mer ou par les matières fondues qui se sont épanchées à la surface du sol. On trouve dans la première sorte de pierres des coquillages, des animaux pétrifiés et des débris de plantes.
Parmi les diverses sortes de pierres, on distingue les pierres calcaires propres à faire de la chaux ; le granit, qui présente un empâtement de petits grains de diverses couleurs ; le marbre, matière très dure susceptible de prendre un beau poli qui met en relief de riches teintes ; le grès, formé de petits grains de silice agglomérés ; la craie, blanche, friable et qui contient de gros rognons de silex ; le gypse, pierre blanche dont on fabrique le plâtre. Il y a encore les pierres volcaniques, qui ont pour origine les laves vomies par les volcans ; elles sont dures, souvent poreuses et de couleur noire ou brun foncé. Tels sont les basaltes, les gneiss, les trachytes.
Les pierres calcaires, les granits, le grès, le gypse, la craie, les pierres volcaniques servent aux constructions ordinaires ; le marbre est employé pour les monuments, les statues et divers ornements.
La chaux n'est pas autre chose que de la pierre calcaire qui a été soumise, dans des fours, à une haute température ; elle jouit de la propriété de former pâte avec de l'eau. Dans cet état, on l'emploie à la confection des mortiers.
Le plâtre est du gypse qu'on a soumis à une haute température dans des fours, et qu'on a ensuite réduit en poudre. Délayé dans de l'eau, il durcit rapidement ; aussi convient-il pour joindre les pierres des murailles et enduire les diverses parties d'un bâtiment. Au printemps, on le répand, à l'état naturel sur les prairies artificielles pour en augmenter le produit.
Économie domestique.
- — Que faut-il pour établir un lit de jeune fille ?
- — Comment fait-on un lit ?
- — Où doit dire pincé le fil ?
- — Inconvénients des alcôves, des rideaux.
- — Que prescrit l'hygiène avant qu'on fasse le lit ?
- — Est-il sain de coucher sur la plume ?
- — Pour quel motif ?
- — Que peut coûter un lit ?
- — Établissez le compte détaillé, pièce par pièce.
Pour établir un lit de jeune fille, la pièce la plus importante est le meuble qui est en bois ou en fer ; puis viennent le sommier ou la paillasse, les matelas, des draps, un traversin, un oreiller, une couverture de laine, une autre de coton, un édredon pour la saison d'hiver, enfin une courtepointe qui recouvre le tout. Souvent on y ajoute un lit de plume et on le garnit de rideaux légers.
Pour faire un lit où l'on a passé la nuit, on enlève et dépose
successivement sur un tableau ou deux chaises, l'oreiller, le traversin, les
couvertures, les draps, les matelas et le lit de plume ; s'il y a une
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paillasse, on en remue le contenu en
passant la main par les ouvertures pratiquées à cet effet, et on lui donne
une forme légèrement bombée au milieu. Après que les diverses pièces du lit
ont été exposées quelque temps à l'air, on les replace dans l'ordre
habituel, en engageant les draps et les couvertures sous les matelas et sous
le traversin qui en est entouré ; enfin on arrange la courtepointe sur le
tout, et on place l'édredon en dernier lieu. Remarquons que la courtepointe
est toujours enlevée lorsqu'on prépare le lit pour le coucher.
Les lits doivent être placés de préférence au milieu de la chambre, le dos du meuble étant appuyé contre le mur : le plus souvent, on les installe dans un angle de la pièce pour la facilité de la circulation. Il est malsain de les renfermer dans des alcôves closes par des rideaux, parce que l'air s'y renouvelle difficilement.
Avant de faire le lit, il est nécessaire de renouveler l'air de la pièce en laissant les fenêtres grandes ouvertes et, comme nous l'avons dit, en exposant au dehors les draps, matelas et couvertures.
Les lits de plume conservent la chaleur du corps et absorbent les miasmes qui s'en exhalent ; il est donc anti-hygiénique de les placer immédiatement sous le drap inférieur.
Coût d'un lit. (L'établir en suivant la disposition précédemment indiquée dans le devis d'achat d'une chambre de jeune fille.)
