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36. — Pauvre petit !
Ah ! quels yeux ! Ce n'étaient plus ceux du vif et gentil enfant. Convulsés* Convulsé. Tel que s'il était atteint de convulsions., hagards*Hagard. Qui marque l'épouvante., ils reconnurent à peine Suzette. Elle lui parlait avec tendresse, et, penchée sur lui, l'embrassait.
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Il écarta en disant ;
— Laissez-moi ; j'ai mis le feu.
— Bon, mon François, mais viens !
— Non, j'attends les gendarmes pour qu'ils m'emmènent.
Elle savait qu'au délire* Délire. Egarement de l'esprit par la maladie il n'y a pas de raison à donner et qu'on le conduit surtout on paraissant se plier à sa fantaisie*Fantaisie. Ce que l'on veut ou désire..
— Mais, reprit-elle, ce sont les gendarmes qui t'attendent, toi, au Câtelet ! Ils sont prévenus...
— Que j'ai mis le feu !
— Oui.
— Bon, allons aux gendarmes !
Elle l'aida à se relever, prit sa main, qui était brûlante de fièvre, et l'entraîna en parlant doucement à ce pauvre cerveau en détresse* Détresse. Grande peine d'esprit..
Le chagrin lui dévorait le cœur : François était retrouvé, mais dans quel état !
En ce moment le vent apporta les appels de voix lointaines. Le chien, reconnaissant les voix, répondit si longuement, si fortement que les appels se rapprochèrent.
Bientôt parurent, chacun de son côté, M. Dumay et le fils aîné.
— Voilà, père ! dit Suzette ; François s'en va au Câtelet trouver les gendarmes.
— Parce que j'ai mis le feu ! ajouta l'enfant.
A ces mots, à cette mine égarée, aussi bien qu'à quelques signes de Suzette, ils comprirent. Et cachant leur émotion, ils répondirent qu'en effet ils cherchaient François pour le mener aux gendarmes.
Et marchons ! Au bout d'une centaine de pas, l'enfant, épuisé par la fièvre et par sa longue course affolée*Affolé. Qui est sans direction. à travers les terres, se laissa porter. Sur le dos de son père, il s'endormit.
On le coucha dans le lit de Vincent, le fils de Ludivine, chez qui Charlot attendait.
Dors, petit malade ; qu'un bon et long sommeil emporte ton mal !
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Questionnaire.
- — Comment étaient les yeux de François ?
- — Que fit Suzette ?
- — Que pensez-vous d'elle ?
- — Que disait le pauvre petit ?
- — Que répondait-elle ?
- — Pourquoi ne le contredisait-elle point ?
- — Que fit-elle enfin ?
- — Qu'entendit-on, qui apparut ?
- — Que dit Suzette à son père ?
- — Comment fit-elle comprendre que François avait le délire ?
- — Qu'arriva-t-il au bout d'une centaine de pas ?
- — Chez qui amena-t-on le malade ?
DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Morale.
- — LE REMORDS.
- — Qu'éprouve-t-on lorsqu'on a commis une méchante ou honteuse action ?
- — Qu'est-ce qui nous la reproche ?
- — Qu'est-ce que la conscience ?
- — Faut-il écouter la conscience, et pourquoi ?
- — Comment s'y prend-on pour n'avoir plus de remords ou pour les adoucir ?
- — Exemple.
Après avoir commis une action blâmable, il semble qu'il s'élève en nous une voix intérieure répétant sans cesse : « Tu as mal agi. » Cette voix est celle de la conscience ; elle produit le remords, sentiment pénible qui nous trouble et nous afflige au souvenir d'une faute que nous avons commise.
La conscience est une lumière intérieure, un avertissement qui nous fait reconnaître ce qui est bien et ce qui est mal. Écoutons sa voix, sa voix qui exprime toujours la vérité morale ; elle nous apprend ce qui est notre devoir ; suivons-la docilement et jamais nous ne connaîtrons les tourments du remords.
Personne n'est parfait, c'est-à-dire exempt de commettre des fautes ; mais si on les regrette sincèrement, si l'on est disposé à ne plus y retomber et enfin si on les répare dans la mesure du possible, le remords disparaît, et il nous semble entendre une voix intérieure s'écriant : « Tu es pardonné ! »
(L'élѐve devra elle-même trouver l'exemple demandé.)
Instruction civique.
- — Copier sur un bon dictionnaire la définition : d'une contravention, d'un délit, d'un crime.
- — Devant qui comparaissent les auteurs : 1° d'une contravention ; — 2° d'un délit ; — 3° d'un crime ?
- — Qu'est-ce que le juge de paix ?
- — Quel magistrat soutient l'accusation devant les tribunaux ?
- — Que font les juges dans une affaire ?
- — Qu'est-ce que la cour d'assises ?
- — Qu'est-ce que les jurés ?
- — Qu'est-ce qu'un avocat ?
- — Qu'est-ce qu'un greffier ?
Une contravention est un manquement, une infraction à un règlement de police. Exemples : injurier quelqu'un en public ; ne pas éclairer pendant la nuit un tas de décombres qu'on a déposés dans la rue ; ne pas écheniller ses arbres. Toute contravention est punie de l'amende ou de 1 à 5 jours de prison.
Un délit, en général, est une violation légѐre de la loi, susceptible cependant d'être punie de cinq jours à cinq ans de prison selon la gravité des faits, ou bien d'une amende. Tels sont : voler des fruits dans un verger, blesser l'animal du voisin, frapper une personne, faire une dénonciation calomnieuse.
Un crime est une infraction grave aux lois. Le coupable peut être puni de la prison avec travail obligatoire, par les travaux forcés dans une de nos colonies, par le bannissement, la perte des droits de citoyen, et quelquefois par la mort sur l'échafaud. L'incendie d'une maison habitée, le vol avec effraction, les blessures graves faites à autrui, la trahison à l'ennemi, le meurtre, sont dos crimes.
Le juge de paix est un magistrat installé au chef-lieu d'un
canton. Il
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est chargé de prononcer sur une foule d'affaires peu
considérables qui divisent les gens, et sur les contestations. Il juge les
contraventions, convoque et préside les conseils de famille, appose ou lève
les scellés et dresse les actes d'adoption. On le nomme ainsi parce qu'il a
mission de concilier les différends qui surgissent dans les affaires entre
particuliers.
Le magistrat qui poursuit les délits et les crimes, on saisit la justice, demande contre les accusés l'application de la loi, en un mot, qui soutient l'accusation, est le procureur de la République.
Les juges des tribunaux institués dans chaque chef-lieu d'arrondissement étudient les affaires portées devant eux et, après avoir entendu le procureur de la République, l'accusé et son avocat (1), ils se prononcent sur la culpabilité de l'accusé ; s'ils le jugent coupable, ils lui infligent la peine indiquée par la loi.
Les cours d'assises sont des tribunaux institués pour juger les crimes. Trois juges y prononcent sur l'application de la peine à infliger à l'accusé lorsque douze citoyens honorables, appelés jurés, ont décidé qu'il est coupable. La réunion des jurés en cour d'assises forme le jury.
Un greffier est un officier ministériel chargé de copier, d'expédier et de conserver les minutes des arrêts, des jugements et des différentes pièces d'une affaire. (Une minute est le premier exemplaire d'un acte émanant d'un juge, d'un notaire, par exemple.)
Histoire naturelle.
- — L'ŒIL.
- — Quel organe est l'œil ?
- — Quelles sont les parties de l'œil, 1° à l'extérieur ; 2° à l'intérieur ?
- — Comment nomme-t-on la membrane colorée de l'œil ?
- — A quel objet servent les sourcils et les cils ?
- — Décrivez les instruments avec lesquels on remédie aux vues faibles ou fatiguées.
L'œil est l'organe de la vue. Extérieurement, il se compose d'un globe rempli d'humeurs plus ou moins liquides, et protégé par les paupières, membranes bordées de poils appelés cils. La partie antérieure de l'œil, désignée sous le nom de cornée, est transparente ; derrière elle, on aperçoit une sorte de cloison, l’iris, colorée diversement selon les personnes, et présentant dans son milieu une ouverture circulaire nommée pupille.
Presque immédiatement en arrière de la pupille, se trouve une lentille transparente, le cristallin, logée dans une petite poche et composée d'une multitude de couches de dureté variable. Le reste de l'œil est rempli d'une substance gélatineuse et diaphane, analogue au blanc d'œuf, qu'entoure une membrane appelée rétine.
L'image des objets se peint sur la rétine, à la surface de laquelle s'épanouit un nerf qui transmet au cerveau les impressions qu'il reçoit par la rétine ; ce qui nous donne la sensation de la vue des objets.
Les sourcils et les cils protègent le globe de l'œil contre les poussières dont l'air est souvent rempli.
On remédie aux vues faibles, mauvaises ou fatiguées, par les lunettes, instruments formés de deux verres convexes ou concaves qui éloignent ou rapprochent les objets que l'on considère, de manière à en donner la vision claire et nette. Ces verres sont enchâssés chacun dans un ovale d'acier que des tiges flexibles de même métal assujettissent à la place convenable.
(1) Un avocat est une personne qui fait profession de défendre les accusés et les causes devant les tribunaux.
