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35. — Le chien Castor.
Voici que le jour tombait.
Sur le fond clair du couchant se dressaient, par places, les silhouettes* Silhouette. Dessin réduit au trait fait autour de l'ombre d'un corps. tordues de vieux saules, d'ormes tronqués*Tronqué. Se dit d'un arbre dont on a coupé les branches., derniers vestiges* Vestiges. Faibles marques qui rappellent ce qui fut dans un lieu. des bois qui, au dernier siècle, couvraient encore ces plaines.
Suzette marchait vers les buissons qui coupaient l'horizon de leur ligne noire, pendant que son père et Jacques battaient les champs d'un autre côté.
De temps à autre, le vent apportait un lointain appel de leurs voix. La recherche durait depuis le matin.
La jeune fille, dont l'argile des sillons alourdissait de plus en plus les pieds très las, se laissa tomber, à deux cents pas des arbres.
Là, après quelques minutes, les yeux voilés, elle aperçut, comme dans un rêve, une forme sombre venir à elle, et bientôt crut distinguer des jappements sourds. Elle murmura :
— Le chien...
Oui, oui, c'était le chien, c'était Castor qui, arrivé près d'elle, se mit à lui lécher les mains. Alors, avec le même murmure de voix ; elle dit :
— Et François !
A ce nom, Castor partit d'un trait
vers le fourré* Fourré. Partie d'un bois où se trouve un
assemblage épais d'arbrisseaux et de broussailles..
Saules et ormes. Ces arbres croissent de préférence dans les lieux
humides.
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Aussitôt Suzette, sortant de son rêve et de sa faiblesse, se redressa avec
toute sa connaissance et sa volonté revenues. A la lisière du bois, le chien
l'appelait d'un aboiement ému.
Elle courait : plus de doute ! François était la. Mais vivant ou mort? Derrière le guide, elle s'engagea dans les broussailles et après une cinquantaine de pas se trouva en face d'un corps inerte au pied d'un orme :
— François !
Elle se baissa, le secoua plusieurs fois ; il paraissait dormir. Enfin, à ce mouvement et aux aboiements de Castor, il ouvrit les yeux.
Questionnaire.
- — Quel aspect la campagne présentait-elle au soleil couchant ?
- — Où se trouvaient alors les membres de la famille qui étaient à la recherche de François ?
- — Qu'entendait-on de temps en temps ?
- — Qu'advint-il à Suzette ?
- — Que crut-elle voir et entendre ?
- — Qui arriva auprès d'elle ?
- — Comment découvrit-elle François ?
- — Où et en quel état le trouva-t-elle ?
DÉVELOPPEMENT DES SUJETS PROPOSÉS POUR EXERCICES.
Morale.
- — AMOUR FRATERNEL.
- — Quels motifs doivent nous porter à aimer nos frères et sœurs ?
- — Quels actes témoignent qu’on les aime ?
- — Quels égards les plus jeunes enfants doivent-ils aux aînés ?
Je ne connais pas d'obligation plus naturelle que de s'aimer et de vivre unis entre frères et sœurs. N'est-on pas les enfants du même père et de la même mère? N'est-ce pas sous le même toit qu'on a commencé sa vie, qu'on a reçu les mêmes caresses, les mêmes soins? On y a vécu comme les rejetons sous l'ombre protectrice de l'arbre paternel.
On montre qu'on aime ses frères et sœurs par des égards réciproques, une obligeance que rien n'arrête, par des prévenances aimables, enfin par l'empressement à les secourir dans le danger.
Les plus jeunes frères et sœurs doivent montrer de la déférence pour leurs aînés et les regarder comme leurs protecteurs naturels après le père et la mère. C'est pour eux un devoir de leur obéir lorsque les parents leur confient la direction d'un travail ou la surveillance de la maison. A leur tour, les aînés rendront de bons offices à leurs frères et sœurs, sans toutefois s'en prévaloir ni les rappeler sans nécessité.
Français.
- — Acceptions diverses des mots ; Ligne, pied, œil, ombre, lisière, connaissance.
Ligne : 1° Trait simple sans largeur ni profondeur. — 2° Caractères d'imprimerie ou d'écriture, personnes, objets rangés sur la même direction. — 3° Fil de crin ou de chanvre au bout duquel on attache un hameçon. — 4° L'équateur, — 5° Suite des descendants d'une même famille.
Pied. — (Consulter un dictionnaire et disposer comme précédemment.)
Géographie et Temps.
- — Qu'entend-on par : jour, heure, minute,
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seconde ; — semaine, mois, trimestre, semestre, saison, année, année bissextile, siècle, solstice, équinoxe, anniversaire ?
On entend par jour l'espace de temps que la terre met à effectuer un tour complet sur elle-même. L'heure est la vingt-quatrième partie d'un jour ; la minute, la soixantième partie d'une heure, et la seconde, la soixantième partie d'une minute.
On appelle semaine une unité de temps formée de sept jours consécutifs ; elle commence le dimanche. Le mois est un espace de 28, 29, 30 ou 31 jours. Un trimestre comprend trois mois ; un semestre, six mois. Une saison est une des quatre grandes divisions de l'année ; chacune dure trois mois. L’année, espace de temps que la terre met à exécuter sa révolution autour du soleil, renferme 365 jours et 6 heures. Les années bissextiles ont 366 jours ; elles reviennent tous les quatre ans. Un espace de cent ans s'appelle siècle.
Les solstices sont les deux époques de l'année où, à midi, le soleil est le plus ou le moins élevé sur l’horizon. Ils se produisent le 21 juin et le 21 décembre. Au 21 mars et au 21 septembre, la durée des jours et celle des nuits sont égales, d'où le nom d'équinoxes qui est donné à ces époques. Un anniversaire est l'époque qui rappelle le souvenir d'un événement arrivé à pareil jour, une ou plusieurs années auparavant.
Sciences naturelles.
- — Quel aspect présente, au printemps, chacun de ces arbres ?
- — Où les plante-t-on ordinairement ?
- — Comment est le bois du saule ?
- — Comment est le bois de l'orme ?
- — Quel est l'usage qu'on en fait ?
- — Remarque sur le nombre des graines de l'orme.
— SAULES ET ORMES.
SAULE. — Le saule est un arbre qui croît ordinairement dans les terrains humides et le long des cours d'eau. Il a un tronc solide, à écorce rugueuse, et il pousse de longues branches flexibles au feuillage léger. On tire parti du saule en coupant les rameaux dont on fait des fagots, et en renouvelant cette opération tous les trois ou quatre ans. Le bois du tronc est blanc et tendre, et on ne peut l'employer que pour le chauffage.
ORME. — L'orme est un bel arbre qui se couvre au printemps d'une multitude de fleurs verdâtres dont chaque pétale enveloppe une graine. Ces fleurs se dessèchent rapidement, tombent et font place à un feuillage vert sombre.
L'orme vient de préférence dans les terres fraîches et profondes ; il atteint alors des dimensions considérables ; on le plante fréquemment sur le bord des routes, qu'il ombrage dans la belle aison. On coupe ses rameaux comme ceux du saule et pour le même usage. Quant à son bois, dur et résistant, il est employé par les charrons pour la confection des roues et des moyeux. Peu d'arbres ont autant de graines ; on les compte par centaines de mille sur un même sujet ; chacune est entourée d'une membrane légère qui permet aux vents de la transporter à de grandes distances.
